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Lakshmi Mittal, une voracité en acier trempé !



Lakshmi Mittal, une voracité en acier trempé !
Comme l'écrit un confrère, Lakshmi Narayan Mittal, alias Lakshmi Niwas de même nom, «n'a rien à fer» d'El Hadjar et de Florange, de l'Algérie comme de la France ! Et qu'importe s'il fait couler partout des larmes d'acier et crée des drames sociaux dans des bassins d'emploi entiers. Cet hindouiste, marathonien des acquisitions d'aciéries au bord de la faillite, fait des promesses d'investissement à tire larigot alors même qu'il lamine l'emploi sur tous les continents ! Maître mondial incontesté mais contestable des forges, cet homme est un naja indien de la finance mondiale enduit de savon et oint de pommade. Insaisissable, dans tous les sens du terme et quel que soit le contexte et le pays. Il a déjà roulé dans le mélange de ferrite Belges, Français, Américains et bien d'autres partenaires qui ont cru que ses promesses étaient en acier galvanisé. Ce Mittal-là est d'une voracité en acier trempé et d'un cynisme financier en fer forgé... Même sa date de naissance, ya bouguelb, est fausse ! Nos amis les Belges, qui ont cru un jour, de bonne foi, lui fêter dignement son anniversaire, avaient eu l'air fin quand le magnat leur apprit que sa date de naissance, telle que mentionnée dans Wikipedia, était fausse ! Et de leur expliquer qu'en Inde, «toute personne un peu en vue masque sa véritable date de naissance pour ne pas donner prise aux jeteurs de sort.» Les promesses n'engagent finalement que ceux qui veulent bien y croire, avec la foi du charbonnier, disait un certain Charles Pasqua. En Algérie, le cobra du désert du Rajasthan a promis d'investir pour 1,5 milliards de dollars à Bellara (Jijel) dans un nouveau complexe d'acier. Jusqu'ici, du vent. De même a-t-il promis encore de participer à un projet d'exploitation du gisement ferreux de Ghara Djebilet, à la frontière marocaine. Là aussi, une promesse éolienne. Mister Lakshmi, qui a acquis 70% des emblématiques hauts fourneaux d'El Hadjar veut de l'Algérie le beurre, l'argent du beurre, les charmes cachés de la fermière et le sourire du fermier algérien en prime ! Alors même qu'il n'est pas client de la BEA mais de la Société Générale Algérie, il exige de la banque algérienne qu'elle lui octroie un prêt de 14 milliards de dinars, sans garanties de sa part et à ses propres conditions. Et, épices indiennes dans la chorba algérienne, il fait du chantage au dépôt de bilan pour obtenir le financement bancaire. La BEA demande des garanties pour les 9 milliards de dollars représentant le rachat de sa dette auprès de Société Générale Algérie, monsieur refuse de les lui fournir. Il n'a pas non plus mis la main à la poche pour participer à l'augmentation du capital de l'aciérie d'El Hadjar à 150 millions de dollars. Et même si l'usine est la plus modeste d'Arcelor-Mittal en volume de production, il a souhaité racheter les 30 % d'actions détenues par l'Etat. La gloutonnerie industrielle et l'âpreté au gain du maharadjah de l'acier n'ont pas de limites ! Cinquième fortune mondiale en 2011, 86 millions de tonnes par an d'acier, soit deux fois plus que son concurrent direct Nippon Steele, le lascar argenté a raison de vouloir garder El Hadjar (1,3 millions de tonnes/an), sauvé jusqu'ici par une demande algérienne satisfaite à hauteur de 25%. Un site rentable malgré tout, adossé à un marché local dynamique tiré lui-même par les grands projets d'infrastructures lancés depuis douze ans. Certes la productivité des aciéristes algériens est faible, en moyenne de 148 tonnes par an quand les Sud-africains produisent 500 tonnes. Mais les hauts fourneaux d'El Hadjar, dont les laminoirs symbolisaient le mieux le boumediénisme industriel, sont une porte ouverte sur le marché africain. Et voilà que cet homme, qui porte le prénom de la déesse hindoue de la richesse, fait mine de vouloir fermer le site ou, à la rigueur, licencier à tour de bras ou fermer des parties du complexe pour obliger nos sidérurgistes à accepter la dure loi de la flexibilité ou des sacrifices salariaux. C'est du moins ce qu'il a laissé entendre, dans une phrase euphémique contenue dans une lettre en septembre 2012 aux travailleurs d'El Hadjar-Mittal. Ce Churchill de l'acier promet donc des larmes et du sang à nos sidérurgistes qui se sont alors adressé, en désespoir de cause, au prédécesseur d'Abdelmalek Sellal. Et si, finalement, l'Etat algérien refusait le chantage au licenciement, considérait ses promesses d'investissements pour la période 2011-2015 comme des promesses de Gascon ' M. Lakshmi, membre du conseil d'administration de Goldman Sachs, l'impérialiste banque américaine,
spécialisée justement dans les fusions-acquisitions, n'est pas dans une position aussi confortable que le suggérerait son chiffre d'affaires et sa fortune personnelle ' L'acier européen a plongé dans la crise et aucune éclaircie n'est en vue depuis que le géant chinois développe sa propre production. Il a une dette de 17 milliards de dollars, classées dans la catégorie des obligations pourries et des valeurs toxiques. Et, pour mettre un peu plus de curry sur son poulet tandoori, l'action de son groupe a perdu 80% de sa valeur ces cinq dernières années. Alors, il ne faut surtout pas que notre président de la République, notre Premier ministre et toutes les éminences grisent qui arment intellectuellement la décision, se disent que quand les riches maigrissent, les pauvres crèvent de faim. Et comme l'Algérie est riche, qu'elle contribue généreusement à la cagnotte du FMI et finance la dette américaine, ses dirigeants éclairés peuvent se dire en revanche que Lakshmi n'est pas un tigre du Bengale en acier. Et, en moins de temps que lui mettrait pour stopper les hauts fourneaux d'El Hadjar, ils lui reprendraient ses 70%. Face à cette manifestation de souverainisme algérien, là-haut, au royaume des moudjahidine, un certain Houari Boumediene se lisserait la moustache de plaisir ! Et boirait alors un Tchaï ou un Darjeeling, thés d'Inde bénis il y a longtemps par Vishnu et Krishna !
N. K.
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