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«La volonté politique ne suffit pas» Boussoufi Tahar. Ancien directeur des études au Creps de Aïn Turck



«La volonté politique ne suffit pas»                                    Boussoufi Tahar. Ancien directeur des études au Creps de Aïn Turck
Ancien formateur et directeur des études à l'INFS/CJS (ex-Creps) de Aïn Turck, Tahar Boussoufi, avec sa longue expérience dans le domaine, n'y va pas avec le dos de la cuillère pour fustiger les responsables du sport. Ayant aussi occupé les fonctions de DAF à la Fédération de voile durant trois années, chargé de la cellule d'inspection au niveau de la DJS d'Oran de 1993 à 2000, chef de service des sports de 2001à 2011, Boussoufi fut également inspecteur de la jeunesse et des sports.
- Comment appréciez-vous la prestation algérienne aux JO de Londres '
Je considère que l'athlète Makhloufi a sauvé la face, par sa seule volonté et son courage, pour permettre à l'Algérie d'accrocher une médaille d'or après une longue traversée du désert. En toute sincérité, cette médaille ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt puisque le bilan est presque négatif comparativement à ceux des JO de Barcelone 1992, Atlanta 1996 et Sydney 2000.
- Pour vous, en tant que professionnel du sport, où se situent les carences '
La volonté politique existe, mais elle est insuffisante. De nombreux textes et lois ont été promulgués, mais n'ont pas eu d'impact sur le terrain. C'est-à-dire qu'ils n'ont pas été appliqués à la lettre. Mon diagnostic personnel est qu'on a occulté le sport scolaire qui, il faut le rappeler, est l'épine dorsale des sports. Il y a actuellement carence et il faut penser à redynamiser le sport scolaire, notamment dans l'animation des classes, où chaque élève scolarisé a droit à un cours d'EPS encadré par un animateur diplômé.

- Quel est l'état du sport de base '
La Fassu, qui se retrouve avec seulement 1% d'enfants licenciés sur un effectif de 7 millions d'élèves scolarisés, est un véritable chaos pour le sport scolaire qui est pourtant le réservoir de la future élite. Il faut exiger aussi du mouvement associatif, toutes disciplines confondues, d'avoir son école sportive qui doit répondre aux normes de fonctionnalité, conformément aux règles universelles.

- Qu'en est-il des lycées sportifs '
Au niveau national, il n'existe qu'un seul lycée sportif qui est celui de Draria, à Alger. C'est peu, et donc il faut au moins un lycée par région si ce n'est pas à chaque niveau local. Combien d'assises sur le sport, combien de séminaires nationaux, combien de rencontres nationales et régionales ont été tenus, mais le résultat aujourd'hui, en 2012, est là. C'est dommage, car le produit existe, la matière existe et il est temps de donner un coup dans la fourmilière pour sortir de cette léthargie qui n'a que trop duré et bien travailler pour avoir d'autres Morceli, Boulmerka, Benida, Boutamine, Rahoui, Habchaoui, Rahouli, Haddad, Soltani, Allalou, Hamani et tant d'autres qui ont hissé haut le drapeau national à travers le monde.
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