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La violence veut façonner le football



La violence ressurgie comme par un fait du hasard. Les professionnels de la balle ronde s'interrogent sur ce phénomène qui appartiendrait à une «secte» qui tire les ficelles.Le monde sportif assiste pourtant, de plus en plus, à une accalmie qui redonne l'envie d'aller au stade et de briser ces séparations entre supporters locaux et visiteurs. Un ciel bleu continu de chasser ces nuages chargés d'ingrédients qui fracassaient la bonne entente et la conjugaison des différentes parties à aller vers une mobilisation des supporters qui sauverait ce football des griffes de cette «secte».
«On a trop reproché aux clubs le manque de clarté de leur politique de lutte contre les hooligans. Ils réagissent souvent au coup par coup», faisait remarquer un observateur. Et dans ce cadre, la publication du décret exécutif n° 19-272 du 9 Safar 1441 correspondant au 8 octobre 2019 fixant les modalités d'établissement et de mise à jour du fichier national des personnes interdites d'accès aux infrastructures sportives, semble ne pas être encore bien huilé. Alors la violence a-t-elle, oui ou non reculé' De prime à bord, tout semble dire que oui. La violence a reculé. Ce qui vient de se passer au stade Habib-Bouakeul d'Oran surprend plus d'un et tout le monde le dénonce. Les scènes de violences vécues lors de la rencontre ASMO - OM (1-0) pose sérieusement une interrogation.
Qui est derrière ces actes, ou encore qui veut remettre sur rails ce phénomène ' Les rencontres de football qui se tiennent sur d'autres stades démontrent le contraire. Beaucoup de clubs isolent la répression et préservent les valeurs sportives en faisant du stade un véritable lieu de vie. «Il est temps de s'interroger sur ces personnes qui poussent à la violence, que ce soit sur le terrain ou sur les gradins, je suis convaincu que le mal a été circonscrit depuis bientôt une année, nous assistons à des rencontres de football ou à quelques réactions que nous considérons normales. Je suis persuadé que l'affrontement s'est terminé, nous le vivons aujourd'hui?Alors, il faut aujourd'hui dénoncer ceux qui tirent les ficelles?», nous dira un supporter du MCA rencontré au hasard d'une discussion autour du niveau du football national.
Ce phénomène sauvage a frappé fort au regard «des dégâts matériels enregistrés au niveau du vestiaire où se trouvaient les joueurs de l'O Médéa, alors que la salle de contrôle antidopage a été totalement saccagée en plus d'autres équipements du stade», regrettait Mourad Bouhafsi, dans une déclaration à l'APS. Notre confrère du quotidien «L'expression» rapporte que «Le président de l'équipe visiteuse a accusé les locaux d'avoir recouru à des «pratiques antisportives» pour gagner. Des échauffourées ont aussi éclaté dans le couloir menant aux vestiaires à l'issue du match, obligeant le service d'ordre à intervenir pour ramener le calme». Interrogé par un medias étranger en mai 2013, Nicolas Hourcade, professeur agrégé, spécialiste du hooliganisme, disait : «Les clubs de football ne peuvent pas éradiquer la violence.
Il y en a toujours eu, et il y en aura toujours dans ce sport. En revanche, ils peuvent la limiter. Chaque club professionnel doit apprendre à plus intégrer ses supporters à leur vie. Cela permettrait de limiter le risque de violence». Il faut des projets d'actionnariat populaire solides pour isoler ce «microbe». Pour notre confrère, «Sans vouloir donner de leçons à quiconque, on attestera que les premiers responsables d'un match, allant de la Ligue jusqu'aux supporters et leur comité, en passant par les responsables des clubs hôtes, doivent vraiment prendre leurs responsabilités avant qu'il ne soit trop tard».
Quel est le rapport entre ces actes de violence et «un quelconque enjeu sportif» ' Nous avons, dans nos divers papiers, mis en avant l'absence de communication qui reste un outil incontournable si les dirigeants veulent bien l'utiliser si l'on veut travailler avec les supporters et non pas contre les supporters. Mettre au centre des stratégies de gestion de l'équipe les supporters et non pas les négliger.
RH. International communication, cette agence spécialisée dans l'événementiel avait lors de ses rencontres sur le marketing sportif, attiré l'attention des différentes institutions sur l'urgence de travailler avec la communication et pas contre la communication, rien ne se fera sans cet outil de vulgarisation de la prévention de ce phénomène nuisible à la société. C'est dire que les responsables de la Ligue de football (LFP), la Fédération algérienne de dirigeants des clubs et les supporters doivent continuer à tout mettre en ?uvre pour que l'information ne fasse pas défaut dans leur action. Et que les modalités d'établissement et de mise à jour du fichier national des personnes interdites d'accès aux infrastructures sportives, se fassent le plus vite.
Dans un ouvrage récent, Evelyne Pewzner, professeur honoraire de psychologie clinique et pathologique à l'Université de Picardie Jules-Verne, disait que «le monde d'aujourd'hui n'est probablement pas plus violent que le monde d'hier, mais sans doute l'est-il autrement» et dans une interview, à ce propos, Patrick Mignon, responsable du laboratoire de Sociologie de l'INSEP, déclarait :«Le football refuse d'entendre qu'il est un phénomène social et se retranche derrière le mythe de la fête sportive». Il reste que cette violence est un espace dans lequel des individus entrent, restent et font une carrière «il faut faire ses preuves pour monter dans la hiérarchie du groupe», dit-on.
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