Oran

La surpopulation carcérale en question Tayeb Belaïz critique la cour d'Oran



Alors que la visite d'inspection des chantiers et projets relevant de son secteur se déroulait normalement, ce jeudi à Oran, le ministre de la justice et garde des sceaux, Tayeb Belaïz, a quelque peu égratigné la cour d'Oran par une remarque qui provoquera des sourires crispés dans l'assistance.
En effet, lors d'un point de presse tenu en fin de parcours, le ministre est interpellé par une journaliste lui demandant ce qu'il en était quant à l'application des peines de travaux d'intérêt général pour les délits mineurs : 'Votre question est intéressante car il faut dire que dans ce domaine, c'est la cour d'Oran qui est la plus mal classée avec un taux très faible de peines de travaux d'intérêt général.'
Un procureur a tenté de lui donner une explication en déclarant que 'les justiciables ne veulent pas faire les travaux quand on leur demande leur avis' et que, selon le BIT et l'OIT, 'on ne peut pas les forcer au travail'. Sur ce, Tayeb Belaïz réagit à son tour, goguenard : 'Ah bon ' Ils préfèrent aller en prison ' J'ai du mal à le croire ! Mais, moi, je vais vous dire les vraies raisons : prononcer une condamnation à des travaux d'intérêt général demande au magistrat deux fois plus de travail ! Il faut un suivi.
c'est à cause du travail supplémentaire que le magistrat préfère prononcer une peine en délibéré.' Cet échange, qui n'est pas passé inaperçu, intervenait après que Tayeb Belaïz eut mis en avant la question de la surpopulation carcérale, notamment en visitant le futur centre pénitentiaire de Bir El-Djir d'une capacité de 1 000 places. Les travaux accusant un retard important en raison de difficultés financières, pas moins de deux avenants ont déjà été demandés et un troisième serait envisageable. En revenant sur cette question, le ministre évoquera les efforts de son département pour mettre fin à la surpopulation carcérale qui atteint des records, dira-t-il. 'Sur les 127 établissements pénitentiaires, 80% datent de l'ère coloniale et ne sont plus adaptés. Un détenu dispose d'un peu plus de 2 m2 aujourd'hui, alors que les normes internationales prévoient de 6 à 7 m2 pour chaque détenu.'
Ainsi, avec l'intensification des projets de construction de centres pénitentiaires, le ministre espère régler la question de la surpopulation en offrant 19 000 places supplémentaires dans les années à venir.
Par ailleurs, Tayeb Belaïz tiendra à démentir le blocage du Conseil supérieur de la magistrature comme avancé dans certains journaux, affirmant que le dernier délai pour le renouvellement des 7 sièges était fixé pour février 2012. Durant son point de presse, Tayeb Belaïz a longuement évoqué l'ensemble des réformes de la justice et leurs retombées sur le fonctionnement de celle-ci ainsi que la mise à niveau de l'administration et la formation de magistrats spécialisés.
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