
A quelques rares exceptions, la situation actuelle des barrages en exploitation du bassin hydrographique de l'Oranie (chott Chergui)n'est pas du tout alarmante, malgré le déficit en pluviométrie enregistré durant le mois de décembre dernier.Le bassin en question regroupe 11 barrages, dont 5 à Tlemcen (Beni Bahdel, Mefrouche, Sidi Abdelli, Boughrara et Sekkak), 4 à Mascara (Chorfa, Ouizet, Bou Hanifia et Fergoug 1) et 2 autres à Sidi Bel Abbès (Sarno) et à Aïn Témouchent (cratère Dzioua). Un seul de ces 11 ouvrages alimente encore et occasionnellement la ville d'Oran qui s'est tournée vers l'Est (bassin hydrographique du Chelif dont fait partie le Gargar de Relizane).A titre illustratif, Beni Bahdel enregistre (chiffres arrondis) 54 millions de mètres cubes pour une capacité de 63 millions (54/63), Sidi Abdelli 106/110, Ouizet 94/100 et Sarno 21/22. Le premier, selon les statistiques de novembre, a enregistré des apports estimés à 2,06 millions de mètres cubes. L'exception concerne Bou Hanifia avec seulement 34/73 et Fergoug avec seulement 1/18, mais ce dernier est fortement envasé. Ces chiffres ont été communiqués par l'Agence du bassin hydrographique (ABH) de l'Oranie dont le siège est à Oran.Cette Agence, qui a des missions spécifiques qui n'ont rien à voir avec la distribution de l'eau et la réalisation d'ouvrages, inclut les retenues collinaires, les ressources souterraines ainsi que les stations de dessalement d'eau de mer. Pour ce dernier cas, en plus de celles d'Oran, il en existe 2 à Tlemcen, 2 à Aïn Témouchent, 1 à Mostaganem qui consacre aussi un volume pour Oran (25 000 m3/jour pour une capacité de 200 000). Il faut savoir qu'Oran est alimenté également et de manière occasionnelle par la station de dessalement de Tlemcen via la même adduction qui le relie à Beni Bahdel.Une fois qu'elle rentrera en fonction, la station d'El Mactaâ (500 000 m3/j) alimentera aussi Mascara, Relizane et Tiaret (la future raffinerie de pétrole). «Une des missions de l'ABH, il en existe 5 au niveau national, consiste à planifier sur le long terme mais, pour cela, nous somme appelés à collecter les informations, les vérifier, les consolider pour ensuite passer au stade de la concertation, de l'analyse et de la synthèse, tout un travail qui sera transmis à un niveau central par le biais de l'Agence nationale de gestion intégrée des ressources en eau instituée également pour que le ministère ait un seul interlocuteur», explique Nacer Boukari, directeur de l'ABH de l'Oranie, qui évoque les autres outils comme le comité du bassin, organe de concertation, mais aussi l'équipe du Programme de développement agricole et rural (PDAR) formée d'hydrauliciens, d'hydrogéologues, etc. qui contribuent à l'analyse et à la production des documents de synthèse.Au moment de l'entrevue, M. Boukari a été sollicité par sa hiérarchie au sujet du projet d'un barrage qui devra être réalisé à Mascara, au lieudit les Trois-Rivières. «L'objectif du gouvernement consiste, indique-t-il, à atteindre 2 millions d'hectares de terres irriguées et, dans ce cas, le rôle des ABH est de donner une information et une analyse fiables qui permettent de dire si l'objectif peut être atteint et avec quels moyens : par exemple, la généralisation du goutte-à-goutte, etc.»Une autre mission des ABH consiste aussi à collecter les redevances liées à l'exploitation des ressources en eau, mais seulement là où les organismes de gestion (comme l'ADE) n'interviennent pas. «Par exemple, si un industriel effectue un forage pour les besoins de son activité, il est appelé à payer une redevance et c'est une manière d'inciter les gens à économiser cette ressource», ajoute le responsable de cette Agence qui va aussi, selon ce que stipule la nouvelle loi de finances 2016, collecter les redevances auprès des exploitants des eaux minérales. Cette collecte ne se passe pas toujours de manière apaisée.«Nous privilégions le contact humain et le travail de sensibilisation en amont qui nous font éviter les conflits», insiste-t-il en se basant sur son expérience personnelle avec des initiatives concrètes ayant abouti à des résultats probants. Ce travail de sensibilisation est également mené dans les établissements scolaires pour préparer les générations futures à l'économie de l'eau.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel Benachour
Source : www.elwatan.com