Oran - Revue de Presse

La santé toujours malade à Oran



Des opérations reportées, et des spécialistes qui se font désirer En dépit des efforts consentis par les pouvoirs publics et en vue de redresser le secteur de la santé à la lumière des réformes adoptées dans ce sens, le résultat escompté n’est pas encore atteint. Sur le terrain, le changement qui devait avoir lieu, suite aux réformes, n’est pas encore ressenti. A Oran, à titre d’exemple, les prestations de service dans les différents établissements de santé publique ne reflètent pas la lueur de ces reformes.  Les problèmes exprimés par les citoyens et qui se chif-frent à des centaines par jour, traduisent l’ampleur de la dégradation des services et de la prise en charge des malades dans nos structures de santé, notamment au niveau du centre hospitalier universitaire d’Oran (CHU) qui reçoit quotidiennement jusqu’à 1.500 malades. Dans un souci de lever le voile sur les problèmes et difficultés que rencontrent les citoyens au niveau de cet établissement, on s’est déplacé sur les lieux. Alors que tout le monde croyait qu’il suffisait d’être malade et de se présenter à l’hôpital, qu’on pouvait être admis. Or, il s’est avéré que c’est à un branle-bas de combat auquel on se livre si on veut trouver un lit. En fait, arriver à réserver un lit au niveau du CHU d’Oran est une affaire de plusieurs semaines voir plusieurs mois d’attente. « Mnaouar «, un enfant qui doit subir une intervention chirurgicale au niveau du crâne, connaît un bout sur ce problème. Son père est en train de mener un terrible marathon pour lui trouver une place. Il nous dira que « Le rendez-vous pris pour l’opération se fait reporter de jour en jour et cela malgré l’urgence du cas que présente mon enfant».Notre interlocuteur était muni d’un dossier médical qui justifiait ses craintes. Un autre enfant, dont l’âge ne dépasse pas les 05 ans, présentant une pathologie d’incapacité de mouvement au niveau des pieds et un état qui nécessite un suivi permanent, subit le même désagrément. Sa maman affirme qu’ils ont fixé un rendez-vous de contrôle pour son enfant dans six mois et elle considère que cela est injuste à son égard. Elle a alors postulé pour l’avancement du rendez-vous pour le contrôle et elle est en train de frapper à toutes les portes au niveau du service de pédiatrie pour arriver à ses fins. Réserver un lit au CHU d’Oran est l’affaire de plusieurs semaines, voire plusieurs mois Toujours à propos des problèmes liés aux admissions au CHU, les parents de malades, que nous avons rencontrés sur place, affirment que pour réussir à être admis au niveau du CHU, cela demande à avoir le souffle long, à faire preuve de patience pour arriver à décrocher l’autorisation de la direction générale. Concernant le calendrier de la programmation des interventions chirurgicales, on croit savoir que la totalité des opérations auraient été reportées jusqu’après la saison estivale. Une mesure qui se justifie par la hausse des températures pendant ces mois-ci, un paramètre qui constitue plutôt un inconvénient du point de vue médical. Sauf que les parents de malades ont une autre vision des choses, notamment ceux touchés directement par les mesures des reports. Les conditions d’accueil des citoyens au niveau des différents services est l’autre casse-tête qui n’arrête pas d’épuiser davantage l’énergie des patients et les circonstances de la vie qui les a confrontés à de telles situations. Ce qui est avancé ne manque pas d’illustrer l’aspect malade d’une structure censée soulager la souffrance des malades. Concernant le problème lié aux rendez-vous des consultations, les médecins justifient cela par la grande affluence que connaît l’établissement et ajouteront que la prise en charge est assurée non seulement, aux habitants de la wilaya d’Oran mais à ceux originaires d’autres wilayas. Ils diront qu’il y a une forte pression sur le CHU d’Oran, une pression qui se traduit par la dégradation dans le service et la prise en charge des malades. Nos interlocuteurs du corps médical souligneront, notamment, le facteur important du manque d’effectif dans le corps des spécialistes. Il faut savoir qu’un grand nombre de wilayas de l’Ouest ont bénéficié ces dernières années de structures sanitaires susceptibles d’absorber un tant soit peu les besoins de la population en matière de santé. En revanche, le problème, qui demeure posé en dépit de l’existence de ces structures à travers les principales villes de la région, concerne l’insuffisance de l’encadrement médical spécialisé. Une situation dont souffre à son tour le CHU d’Oran. A titre d’exemple, on citera le service de cardiologie qui ne compte pas plus de deux spécialistes en chirurgie cardiaque, pour des centaines de cas enregistrés quotidiennement. Un grand manque d’effectif et une insuffisance de l’encadrement médical spécialisé au CHU d’Oran Dans ce contexte, il n’est pas inutile de souligner que les médecins résidents qui ne font pas défaut au niveau de ces services et autres, ne peuvent assurer aux malades que des diagnostics primaires ou leur prodiguer que les premiers soins. Cette même problématique, nous la retrouvons au niveau du service de pédiatrie où le chef de service se voit dans l’obligation de suivre toute seule les malades admis au niveau de son service, assistée dans les cas les plus critiques par un seul maître-assistant et des médecins résidents. Le service maternité, toujours au niveau du CHU d’Oran, n’est pas en reste de ces contraintes. Les anesthésistes et les réanimateurs se font fortement désirés dans ces services. Face à une telle situation, les responsables des différents services affirment avoir adressé plusieurs correspondances à la direction de l’hôpital en vue de remédier à cette situation, notamment, en ce qui concerne le manque d’effectif dans l’encadrement médical. C’est ainsi qu’on croit savoir, auprès de la direction de l’hôpital, qu’un concours de recrutement destiné à atténuer ce déficit, sera prochainement lancé. Une procédure qui ne risque pas de voir le jour sans l’approbation des services de l’inspection de la fonction publique. Il est à signaler qu’un plan de gestion des ressources humaines vient d’être mis en œuvre. Il faut savoir que le CHU d’Oran n’a fait aucun recrutement depuis 3 années, et ce, à cause du refus, apposé par les services de l’inspection de la fonction publique, au plan de gestion des ressources humaines présenté par la tutelle du CHU. L’autre problème non moins important exprimé par la famille médicale du CHU d’Oran, a trait au manque d’appareils médicaux et paramédicaux au niveau des structures spécialisées. A cela s’ajoute la pénurie récurrente de certains médicaments de pathologie chronique, à l’instar du cancer. Le CHU d’Oran, à l’instar des autres établissements de santé, ne reflète en réalité, que l’absence d’une stratégie claire et fiable, susceptible de traduire les réformes adoptées par le gouvernement sur terrain. Preuve en est que le nouvel hôpital d’Oran, l’EHU, qui était censé traduire les réformes dans le domaine de la santé, n’est toujours pas opérationnel et ce 03 ans après sa réception, un processus freiné par l’incapacité de concevoir une politique de gestion des structures de cette envergure. Reste à savoir, si les problèmes qui font le quotidien du CHU ne seront pas reproduits à l’EHU. Par B. Lamia & S.A.
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