Oran - A la une

La rue n'est pas une poubelle



Déclaration - «Il faut que le citoyen comprenne que la rue n'est pas une poubelle.»
Le nouveau ministre de l'Environnement envoie un signal fort aux populations des grandes villes notamment en s'engageant à réhabiliter le service public. Le citoyen ne doit «pas oublier qu'il y a la notion de puissance publique. Il faut que l'autorité de l'Etat soit rétablie et que ce dernier sévisse contre les contrevenants.
Nous allons appliquer la loi dans toute sa rigueur une fois la période de sensibilisation passée», a insisté Amara Benyounes rappelant au passage son intention de lancer dans les prochains jours une large campagne d'information et de sensibilisation.
M. Benyounes reconnaît toutefois que «la responsabilité de la gestion des villes revient en premier lieu à l'Etat». Il n'hésite pas à revenir à ce titre sur les dépassements qui ont suivi la décennie noire sans que l'on bouge le petit doigt. En effet, c'est au vu et au su des autorités que des pratiques ont été tolérées au point que des trottoirs, des terrasses, des espaces verts et bien d'autres lieux publics ont été squattés par des particuliers. Un laisser-aller auquel Amara Benyounes veut s'attaquer avant de s'atteler au problème des magasins fermés depuis plus de vingt ans sur les plus grandes artères d'Alger-centre. «La rue Didouche-Mourad, à elle seule, compte au moins une dizaine de grands magasins fermés depuis une vingtaine d'années», a-t-il dit.
Pour le ministre, ce phénomène, qui existe aussi à Oran et Constantine, n'est plus admissible en 2012, promettant d'étudier cette affaire «avec le ministre des Finances» pour trouver la manière la plus appropriée pour la réouverture de ces locaux.
Au-delà de cette fermeture qui a trop duré, les devantures de nos magasins ne sont pas toujours non plus du meilleur goût. «Les façades de certains magasins sont dans un état désastreux», déplore le premier responsable de la Ville ajoutant que ces commerçants gagnent, pourtant «beaucoup d'argent».
Mais «ne font absolument rien pour entretenir et améliorer les façades de leurs magasins».
En tant que ministre de la Ville, Amara Benyounes se dit prêt à remettre de la vie dans nos villes. «Il faut que les villes algériennes retrouvent leur lustre d'antan» à travers la réouverture notamment des salles de cinéma, l'organisation des concerts de musique et des pièces théâtrales. «Toutes ces choses qu'on faisait il y a de cela trente ans sont quasi inexistantes aujourd'hui», rappelle-t-il avant d'ironiser sur la journée des Algériens qui prend fin généralement à 18 h.
«On est le seul pays au monde, lorsqu'on se quitte à 17 ou à 18 h, à se dire bonne nuit car il n'y a pas de soirée. Il n'y a pas de cinéma, pas de restaurant, pas de théâtre, pas de concert de musique. A partir de 19 h tous les Algériens sont chez eux parce que ils n'ont pas où aller», regrette-t-il.
Devant ce sombre tableau et ce tour des dysfonctionnements qu'on pourrait citer à l'infini, Benyounes s'engage à faire exercer l'autorité de l'Etat et «imposer un minimum d'environnement acceptable pour l'ensemble des Algériens». En attendant les actes, ces paroles ravivent l'espoir chez tous les Algériens en quête d'un cadre de vie décent. Ne dit-on pas que «les actes font croire aux paroles.»
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