
L'affaire «Vita Boy», musicien ayant suscité une vague d'indignation après son arrestation par la police, ravive une récurrente revendication : récupérer l'espace public.Depuis quelques années, plusieurs actions ont émergé en vue d'égayer les rues, affirmer son attachement à la liberté et partager son art avec les passants. Bezzef, mouvement créé en octobre 2009, avait pour ambition, à travers ce qui était nommé «Lectures sauvages» dans «la maison hantée» de Bologhine, dans les ruines de Tipasa ou dans les allées du Sila, de «fédérer les colères de chacun avant de les jeter dans la rue dans l'espoir que le feu prenne un jour et forme les lettres «??r, é, v, o, l, u, t, i, o, n''». Animé par un groupe d'«agit'auteurs» (L'ex-quatuor, Mustapha Benfodil, Adlane Meddi, Chawki Amari, Kamel Daoud), le mouvement, qui a connu quelques empoignades avec les services de sécurité, n'aura pas réussi à renverser l'ordre établi, mais aura eu le mérite de poser la question de l'art (et de la place de l'écrivain) dans la rue.Plusieurs autres mouvements ont suivi, grâce notamment à l'émergence des réseaux sociaux. En pleine tempête de ce qui est appelé alors le «printemps arabe», des jeunes ont choisi de mettre en place une action citoyenne pour «se réapproprier l'espace urbain». Le Collectif pour la liberté de l'action culturelle et citoyenne (Clacc) est né. Ses objectifs : «restaurer la légalité et la sérénité de l'action culturelle et citoyenne au sein de l'espace public en dehors de toute considération d'ordre politique, idéologique ou religieuse (?).Les membres du Clacc sont actifs dans des domaines divers et se donnent pour mission de reconstruire et réaménager l'espace et l'échange citoyen autour de la culture, de l'environnement, de l'ouverture sur le monde et du vivre-ensemble par un certain nombre d'actions culturelles et citoyennes». Si les premières actions ont eu lieu sous une forte présence policière, les choses se sont détendues peu à peu laissant place à la musique et au chant. Le mouvement fit boule de neige à Oran, Béjaïa ou Sidi Belabbès, mais s'est essoufflé au fil du temps. Tous ceux qui y ont participé en gardent un formidable souvenir et de belles rencontres.Plus récemment, Youcef Krache, talentueux photographe ayant exposé ses premières ?uvres sur les murs virtuels des réseaux sociaux avant d'intégrer les galeries d'art, a tenté, en juillet dernier, d'exposer ses photos dans la rue la plus fréquentée d'Alger. La rue Didouche Mourad devenait ainsi un vaste espace d'exposition, avec pas moins de 220 photos s'offrant aux regards des passants. C'était sans compter sur la vigilance de policiers rabat-joie qui obligèrent les artistes à retirer leurs clichés.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amel Blidi
Source : www.elwatan.com