C'est le genre de déclarations qui donne souvent l'impression d'être passées complètement inaperçues avant de valoir à son locuteur des remontrances un peu plus tard. Mahfoud Kerbadj, président de la Ligue de football professionnel, du reste personnage aimable à souhait et forcément respectable au vu de ses compétences managériales et de son CV bien garni, aurait dû ainsi y réfléchir à deux fois avant de "balancer" une telle annonce.Celle concernant les clubs engagés dans une compétition internationale dont "la LFP n'avancera, ne retardera et ne reportera aucun match de championnat", selon les affirmations de Mahfoud Kerbadj au cours de son intervention sur le plateau de l'émission de talk-show hebdomadaire "Le rendez-vous des professionnels", animée chaque soirée dominicale sur Dzaïr TV par notre confrère et ami Mohamed Boukhemia.
La radicalité avec laquelle s'est prononcée Kerbadj fait, en réalité, suite à la réponse négative des clubs concernés par les joutes continentales au souhait de Mohamed Raouraoua d'un retrait collectif des équipes algériennes de la scène africaine en cette année de Coupe du monde afin que le calendrier interne des challenges nationaux que sont le championnat et la coupe ne soit pas touché par une quelconque modification de programme et se termine selon le planning préalablement établi.La LFP, par la voix de son président, lève ainsi le voile prématurément sur d'éventuelles sanctions sportives non prononcées à l'encontre des clubs ayant ignoré le préavis émis par le président de la FAF, quelque temps auparavant. Raouraoua avait proposé, les clubs sont loin de s'être montrés disposés et Kerbadj a, tout bonnement, menacé !
Les lois planétaires sont, pourtant, claires à ce sujet puisque garantissant à tout club engagé dans une compétition internationale sous l'égide de la FIFA un entracte d'au moins 48 heures entre deux rencontres, ce qui engage automatiquement d'avancer, de retarder ou d'ajourner tout simplement son match de championnat ou de coupe nationaux. Or, les affirmations de Kerbadj de n'accepter aucun report ou autre décalage s'inscrivent, si elles sont prises linéairement, en violation des lois de la FIFA et, pire, peuvent conduire à des situations burlesques et quasi inédites.
Un tel entêtement pourrait valoir à des clubs comme l'Entente de Sétif, l'USM Alger ou l'USM El-Harrach d'être sommés de disputer deux rencontres le même jour, à des milliers de kilomètres de distance.
Qui pourrait, en effet, garantir que l'ESS ne soit pas concernée par un match de championnat à Sétif à la même date et au même horaire qu'un match de Coupe d'Afrique à Abidjan ' Certainement pas Mahfoud Kerbadj qui s'accroche à sa nouvelle sacro-sainte règle de non-report !
Et comme la loi "algérienne" de la FAF, dans son article 113, "interdit la participation d'un joueur à plus d'une rencontre officielle le même jour dans la mesure où elle constitue une infraction sanctionnée par les dispositions prévues par l'article 96 du code disciplinaire", les clubs qui ont pris ce qui s'apparente à un risque de disputer la Coupe d'Afrique seront contraints de penser à départager leurs effectifs en deux groupes, l'un destinés à honorer son blason en championnat alors que l'autre est appelé à défendre l'honneur d'un pays aux quatre coins du continent. Une aberration ! Mais une aberration vécue il y a de cela plus de quinze ans par les Rouge et Blanc du MCO. (voir encadré, ci-contre).
Mais si le Mouloudia d'Oran n'avait, à cette époque, aucune autre alternative réglementaire de se plaindre de la maltraitance de la FAF étant donné que la Coupe arabe des clubs n'est pas une compétition reconnue par la FIFA, l'ESS, l'USMA, le CSC et l'USMH peuvent, en revanche, le faire car engagés dans des challenges organisés sous la bannière de la CAF et donc, sous l'égide de l'instance planétaire.Il n'est, d'ailleurs, guère impossible de voir un de ce quatre clubs être gagnés par la tentation de rendre la pareille à la FAF et la LFP en jouant au plaignant auprès de la cour suisse de Zurich.
Sinon, ces clubs engagés en coupes africaines seraient obligés d'accepter le deal de la FAF et de la même LFP en acceptant le nouveau code de bonne conduite tout en se préparant à un double calendrier infernal. Encore que cela requiert des moyens financiers colossaux qui garantiraient des moyens de transports rapides et disponibles de suite, des moyens de récupération à portée de main et une profondeur de banc à même de permettre à un staff technique ' capable de se dédoubler ' d'aligner deux teams compétitifs dans le même cadre temporel, mais dans des cadres spatiaux différents.
Tout cela n'est, cependant, pas raisonnable ! Et M. Kerbadj aurait forcément gagné en crédibilité, en sympathie et en popularité s'il avait seulement cherché à faire appliquer les lois, tout simplement, sans la moindre élasticité.
Ces lois de la FIFA qui évoquent le respect d'un décalage et non pas un arrangement sous la menace d'un chantage.
R. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rachid BELARBI
Source : www.liberte-algerie.com