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La provoc' pour sous-traiter les conflits



Il est temps que les musulmans, en général, et les Africains, en particulier, prennent pleinement conscience de ce qui se trame contre eux sans ennemi apparent. Les Algériens semblent avoir compris le stratagème...
La provocation est de plus en plus utilisée dans la planification de stratégies politiques. Dimanche dernier, quelque 300 personnes ont encerclé notre ambassade à Tripoli (en Libye). Ils n'ont pas pu accéder à l'intérieur mais ont réussi néanmoins à arracher l'emblème algérien et le remplacer par celui de la Libye. Ces faits ont eu lieu juste après la fin du match Algérie-Libye, comptant pour la Coupe d'Afrique des Nations, au stade Tchaker de Blida qui a vu la victoire de l'Algérie par 2 buts à Zéro. Ceci nous rappelle l'affaire du caillassage au Caire, le 12 novembre 2009, du bus transportant les joueurs algériens qui devaient disputer la phase éliminatoire de la Coupe du Monde 2010. Lors de cette affaire, la première du genre, les médias et un certain nombre d'intellectuels des deux pays sont tombés dans le panneau et se sont livrés à des joutes oratoires qui resteront mémorables pour illustrer le manque de retenue et l'indignité qui peuvent exister même à ce niveau de l'intelligence. D'ailleurs, les provocateurs ont été si contents de leur travail qu'ils l'ont réédité moins de deux mois après, le 8 janvier 2010 plus exactement, en mitraillant (là on passe de la pierre à l'arme lourde) le bus de l'Equipe nationale de foot du Togo venue en Angola, toujours dans le cadre de la Coupe d'Afrique des nations. La technique de la provoc' a fait ses débuts en 1988 avec la publication des «Versets sataniques» de Salman Rushdie qui avait réussi à mettre sens dessus dessous le monde musulman et avait valu à son auteur une condamnation à mort prononcée par l'Imam Khomeiny. En Mars 2011, c'est au tour d'un pasteur américain, Terry Jones, de brûler un exemplaire du Coran en Floride. Des Chefs d'Etat, le pape Benoit XVI et l'Organisation de la conférence islamique avaient considéré cet acte de «grossière provocation». Enfin, il y a eu ce film contre l'Islam réalisé dans d'obscures conditions par d'aussi obscurs personnages et qui a mis le feu aux poudres en septembre dernier. Cette opération «provoc'» a même coûté la vie à l'ambassadeur des Etats-Unis en Libye. Ce rappel de l'usage de la méthode fait, il nous parait essentiel d'en analyser les visées. Premier constat, les commanditaires ciblent ce qui réunit des communautés de manière la plus large possible. C'est l'Islam et à un degré moindre le football. La guerre contre l'Islam est déclarée depuis fort longtemps avec cette particularité de ne pas avoir d'ennemi étranger visible. Tout est fait pour que l'Islam soit conduit à l'autodestruction. Par ce qu'on appellera ses fondamentalistes, ses djihadistes, ses radicaux. Par ses chiites contre ses sunnites. Bref, ce n'est pas à proprement parler des guerres de religion. Il n'y a qu'une religion qui est l'Islam en guerre contre elle-même. Il suffit aux autres d'alimenter le feu de temps à autre. Ce à quoi répondent très bien les diverses séquences de provocations rappelées plus haut. En aggravant la dévalorisation de l'image de l'Islam intolérant et barbare que des parties s'efforcent depuis longtemps de lui faire «revêtir» pour mieux le réduire. L'objectif ne vise pas seulement l'Islam car la chrétienté n'est pas non plus épargnée. Elle fait l'objet de scandales régulièrement mis sur la place publique à cet effet. La seule différence entre les attaques subies par ces deux religions du Livre se trouve dans la violence d'une rare intensité qui frappe l'Islam. Des trois religions du Livre, seul le judaïsme est épargné. Pour ce qui concerne le football, il y a lieu de remarquer que la «provoc'» cible le continent africain. Ce n'est pas le bus des Brésiliens ou des Anglais qui est mitraillé mais celui des Togolais. On ne caillasse pas les joueurs irlandais, espagnols ou italiens mais les algériens. Et si l'on regarde avec plus d'attention, on relèvera que la «provoc'» est appliquée sur les deux cibles en grande turbulence. L'Islam et l'Afrique. Avec ce comble de l'amalgame qui voudrait que l'Islam est l'ennemi de l'Afrique, avec ce qui se passe notamment en Somalie, au Nigéria, au Sahel et au Nord-Mali. La méthode est d'un diabolisme rarement atteint. Il est temps que les musulmans, en général, et les Africains, en particulier, prennent pleinement conscience de ce qui se trame contre eux sans ennemi apparent. Les Algériens semblent avoir compris le stratagème puisqu'ils viennent de prouver, encore une fois, après le printemps arabe et le film anti-Islam, qu'ils ne répondront plus à ces provocations. Les Libyens qui ont encerclé notre ambassade à Tripoli ne représentent pas l'ensemble du peuple libyen. Ils resteront un groupuscule égaré, plus à plaindre qu'à condamner. Un groupuscule «programmé» pour brûler la Libye de l'intérieur. Sinon, comment expliquer l'assassinat de l'ambassadeur américain'
zoume6@hotmail.com
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