Oran - A la une

La politique du prestige en attendant la politique du livre



De notre correspondant à Oran
Samir Ould Ali

Pour nécessaires et importants que soient les rendez-vous conjoncturels autour du livre (le 17e Sila qui s'ouvre aujourd'hui en est probablement le modèle le plus prestigieux en Algérie), ils n' auront pas été - et ne le seront sans doute jamais - d'une grande efficacité dans un pays où la politique du livre - pour autant qu'elle existe chez les pouvoirs publics - ne parvient pas à redonner à l'édition ses lettres de noblesse ni à la lecture publique sa place dans la société. L'état de fait régulièrement déploré par tous les acteurs du secteur (éditeurs, écrivains, distributeurs, libraires, lecteurs...) a même été reconnu par le directeur du Livre et de la Lecture publique au ministère de la Culture, Rachid Hadj Nacer, à l'occasion d'un forum organisé en mars dernier par El-Moudjahid : pauvre diffusion, inexistence d'une structure spécialisée dans la distribution, réseau de librairies embryonnaire (seulement une quinzaine dans l'ensemble du pays qui répondent aux normes) sont les principaux dysfonctionnements cités par le responsable. Auxquels l'on peut ajouter la faiblesse de la production (les livres d'importation constitueraient 70% du chiffre d'affaires des libraires), politique fiscale un peu trop fluctuante au gré des éditeurs, promotion de la lecture publique quasi nulle... bref, de trop nombreuses barrières entravent le chemin qui sépare le livre du lecteur : «J'estime qu'il n'y a pas suffisamment de librairies et de bibliothèques, que l'offre existante n'est pas diversifiée et que les pouvoirs publics ne font pas suffisamment d'efforts en direction de mes enfants pour les amener à adopter le livre. Maintenant, c'est aux éditeurs et à l'Etat de se concerter pour remédier à cette situation», tranche un père de famille oranais en soulignant que l'absence d'une volonté politique est à la base de toute chose.Cette volonté politique, Rachid Hadj Nacer le certifie, existe et s'exprime par de nouvelles mesures et de nouvelles réflexions sur les moyens à mettre en 'uvre pour sortir de cette situation embarrassante : projet de création d'une structure de distribution composée d'entreprises, publiques et privées, spécialisées dans l'édition et l'impression, réalisation prévue de 1 500 bibliothèques dans le but de doter chaque commune d'une bibliothèque, mise en place d'un fonds de soutien à l'encouragement de la créativité en direction des auteurs, projet de construction de 450 bibliothèques de lecture publique à l'horizon 2014..., soit des mesures louables mais qui ne sauraient se substituer à un profond et véritable débat qui associerait l'ensemble des actants du secteur. A bien des égards, la situation du livre s'apparente à l'état dans lequel se trouve le cinéma algérien : dégradation avancé du parc immobilier, indigence de la production nationale, absence de politique offensive mais des festivals internationaux dont quelques-uns qui ambitionnent de s'imposer dans la région du bassin méditerranéen. C'est ce qui s'appelle sauver les apparences'
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