Hier, en tant que journaliste du Soir d'Algérie à Oran, j'ai été chargée par ma rédaction centrale de la couverture du meeting de Mihoubi Azzedine qui s'est tenu à la salle omnisports de Bir-el-Djir (Oran).Arrivée sur les lieux aux alentours de midi, je me suis installée dans la salle aux côtés d'un confrère en attendant l'arrivée du candidat et le début du meeting en question. Au bout d'un moment, nous avons constaté qu'on nous surveillait, qu'on nous désignait, puis des individus, qui semblaient être des agents de police en civil (talkie-walkie en évidence), sont restés en position de part et d'autre de l'emplacement où nous étions assis.
A l'annonce de l'arrivée imminente du candidat à la présidentielle, un homme s'est approché de mon collègue et lui chuchota : «Ecoute, il y a du monde alors tu vas me suivre toi et la dame sans faire d'histoires.» Ce à quoi mon collègue lui rétorqua : «La dame est journaliste du Soir d'Algérie et nous sommes ici pour couvrir le meeting.» Il lui a répondu qu'il savait parfaitement qui nous étions et que nous devions le suivre. Ce que nous avons fait et aussitôt nous avons été entourés par plusieurs officiers en civil qui nous ont fait sortir de la salle. Une fois à l'extérieur, on nous a ordonné de rester à l'extérieur en attendant la suite. Au bout de quelques minutes, celui qui semblait être leur «chef» s'est approché de nous et nous a dit fermement : «Quittez les lieux tout de suite.» Je lui est demandé alors les motifs de cet interdit en réexpliquant que j'étais journaliste en mission de couverture. Il s'est montré alors autoritaire et menaçant dans l'attitude et m'a dit fermement : «Et moi je te dis tu ne couvres pas et si tu ouvres encore la bouche une troisième fois je t'embarque.» Je lui est rétorqué que je voulais comprendre pourquoi un officier me donne l'ordre de ne pas faire mon travail. C'est alors que d'autres collègues à lui nous ont répété qu'ordre a été donné et que nous devrions quitter les lieux. On nous a escortés jusqu'à notre véhicule pour être sûr que nous quittons les lieux.
Un interdit que je ne peux ni comprendre ni m'expliquer et encore moins accepter du fait que cela touche à la liberté d'exercer mon métier de journaliste, sachant que je comptais faire mon travail et rendre compte du discours du candidat et du déroulement du meeting. Ayant pris connaissance de ce qui s'était passé, le candidat Azzedine Mihoubi m'a jointe par téléphone pour s'informer de ce qui s'était passé, et mon renvoi de la salle du meeting qu'il devait animer. Il m'a exprimé sa surprise et sa désolation, me précisant qu'il considère la presse comme sa famille et que s'il avait été mis au courant à temps, il aurait agi afin d'empêcher ces agissements envers une journaliste en exercice.
Amel Bentolba
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : LSA
Source : www.lesoirdalgerie.com