Oran - Revue de Presse

La plus humiliante des colonisations



Il y a un désespoir profond et abyssal dans ce fait que lestiers-mondistes d'aujourd'hui savent que c'est l'Occident qui leur choisitleurs présidents, leurs rois et leurs crises de succession. C'est même,désormais, du domaine public que de comprendre que la chute d'un Mugabe, lapendaison d'un Soudanais ou la réélection d'un Benali, est une décision àmoitié commerçante, à moitié policière, que prennent quelques grandspropriétaires de comptoirs, possesseurs de lignes maritimes ou quelquesfamilles pétrolières. Tous les déplacements des chefs d'Etat des pays pauvresou à peine vivables, sont interprétés en fonction de cette explication. Toutela politique étrangère des pays du tiers-monde n'est plus que quête deprolongations de mandats, recherches d'alliances et de chèques à blanc pour desélections truquées. Tous les présidents, chefs et rois des pays à buissonssont, depuis la moitié du siècle dernier, sous CDI (contrat à duréedéterminée). La différence est que depuis dix ans, les licenciés de ladémocratie blanche, ne vont pas en retraite mais en morceaux. Cette terriblenouvelle colonisation des présidences et des Etats, plus ingénieuse que lacolonisation des géographies et par déplacement des Blancs, infirme alors lereste des discours les plus généreux de l'Occident: les jeux des médias del'Occident en deviennent des propagandes aux yeux des tiers-mondistes et lesaffirmations de bonne foi des Occidentaux les plus éclairés, sont frappées desuspicion à la naissance. Et c'est à la fin, la définition même du mot«démocratie» qui se retrouve à provoquer les ricanements et les jeux demachettes là où il ne reste plus rien à espérer comme changement que l'usure etla rouille. C'est à se demander pourquoi il fallait décoloniser, à coups demillions de morts et d'affreuses années de sacrifices, pour arriver à cettehumiliante situation où on vous choisi vos Présidents et on annonce mêmecomment ils peuvent «finir», sous vos yeux, sous vos drapeaux, sous vos pieds?Pourquoi avoir un hymne et des armées, si dans le village global, on peut voirà partir de sa hutte, les rois et autres dictateurs, se déplaçant de nuit commedes cambrioleurs d'urnes, pour revenir au matin avec des toc burnous coususailleurs et des galons qui sentent de loin le plastique et le caoutchouc?Pourquoi poursuivre le jeu? On peut être indigène avec un morceau de jungle etdeux huttes sous les cheveux, croyant que le porc-épic partage votre âme et queles morts sont des piétons exemptés de la TVA et de la pesanteur, on n'endevine pas moins que l'essentiel est sous les yeux: les roitelets et lesdictateurs sous traitants n'ont peur que d'une chose: les tribunaux blancs, lesrésidences surveillées et les interdictions de tourisme. Le reste, c'est-à-direle peuple local, ne pèse ni par sa sanction, ni par son opinion, ni par samenace. On peut, en effet tuer tout un peuple en déclarant que c'est unaccident de route, mais il est difficile d'échapper aux juges blancs et auxtribunaux de l'Occident.

D'où cette démocratie animalière qui nous est servie depuisles décolonisations abusives et ces jeux de zoo en débandade que viennent lesfilmer, les Blancs, en parlant de démocratie en échec...


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