Oran

«La pluie de soleil sur l'Algérie par an équivaut à 30 cm de pétrole sur tout le Sahara» Conférence du directeur d'In Salah Gas, Mohamed Keddam, au salon ERA 2011



«La pluie de soleil sur l'Algérie par an équivaut à 30 cm de pétrole sur tout le Sahara»                                    Conférence du directeur d'In Salah Gas, Mohamed Keddam, au salon ERA 2011
Avec tableaux, schémas, cartes satellites et graphiques, le conférencier détaillera le projet de capture et stockage du CO2 et démontrera, chiffres à l'appui, son importance. Il ressort ainsi que 3,6 millions de tonnes de CO2 par an sont injectés dans le réservoir naturel sous-terrain, à un volume de 2 millions de m2 par jour. «C'est l'équivalent de 200 km2 de forêt et de 200 000 voitures roulant 30 000 km par an», dira le président d'In Salah Gas pour illustrer l'apport écologique du CCSComme pour la première édition, qui s'est tenue l'année dernière à Tamanrasset, le Salon international des énergies renouvelables, des énergies propres et du développement durable (ERA), dans son édition 2011 qu'abrite Oran, a un programme de conférences dont les thèmes se rattachent à la problématique du développement de ces énergies. Parmi les conférences qui ont été données jeudi, celle portant sur l'exemple d'In Salah Gas dans l'injection et le stockage du CO2 (CCS) qu'a présenté Mohamed Keddam, le directeur d'In Salah Gas, a retenu notre attention.D'emblée, M. Keddam soulignera que cette expérience est la deuxième au monde, après celle de Norvège avec Statoil. En préambule, il expliquera que le gaz algérien, notamment celui d'In Salah, est trop riche en CO2, 6,5 à 10%, ce qui rend difficile sa commercialisation. Il est donc nécessaire de décarbonater le gaz pour pouvoir le commercialiser. La capture et le stockage du CO2 sont ainsi arrivés à point nommé. Un partenariat est établi entre Sonatrach, BP et Statoil en 2001. Le projet d'In Salah Gas démarrera en 2004. Le site choisi, après études géologiques du sous-sol, est situé à Krechba, au nord d'In Salah. Avec tableaux, schémas, cartes satellites et graphiques, le conférencier détaillera le projet et démontrera, chiffres à l'appui, son importance. Il ressort ainsi que 3,6 millions de tonnes de CO2 par an sont injectés dans le réservoir naturel sous-terrain, à un volume de 2 millions de m2 par jour. «C'est l'équivalent de 200 km2 de forêt et de 200 000 voitures roulant 30 000 km par an», dira le président d'In Salah Gas pour illustrer l'apport écologique du CCS.Concernant les caractéristiques du réservoir, après avoir demandé s'il y avait des géologues dans la salle et qu'il s'est avéré que non, M. Keddam expliquera, sans assombrir sa présentation de détails techniques et de données géologiques que ne comprendraient pas les présents, que le réservoir doit se situer à 1 000 m de profondeur au minimum pour garder le gaz dans un seuil critique entre état gazeux et état liquide. S'agissant des critères géologiques, la structure rocheuse du réservoir doit avoir une porosité qui, sans laisser échapper les gaz dans les couches souterraines, permettra à la pression de dégager, sinon le réservoir se transformera en cocotte-minute et la pression risque de fracturer la structure rocheuse, laissant échapper le gaz. «On injecte le CO2 dans un réservoir de gaz déjà exploité ou dans des sols salés, comme en Norvège. Car le CO2 ajouté à l'eau salée ne risque pas de l'altérer puisque elle n'est de toute façon pas utilisée», indique le président d'In Salah Gas.Mais ces caractéristiques ne constituent aucunement un barrage. «Il y a suffisamment de réservoirs dans le monde pour contenir le gaz carbonique produit par l'homme. 95% de CO2 peut être capturé», affirme le conférencier qui ajoutera que 2050 est l'année-butoir pour arriver à ce taux. «On peut aussi utiliser le gaz pour intensifier le pétrole. Pour la Sonelgaz, elle devrait opter pour les centrales à vapeur au lieu de celle à gaz plus polluantes», conseillera le conférencier en abordant le chapitre préservation de l'environnement et utilisation des énergies renouvelables. «La pluie de soleil que reçoit l'Algérie durant l'année équivaut à 30 cm de pétrole sur tout le Sahara», énonce M. Keddam, utilisant une autre image pour appuyer ses propos. Et l'image illustre on ne peut mieux le potentiel énergétique hors-hydrocarbures que nous avons et que nous pouvons, si on optimise son exploitation, exporter.Revenant au CCS, le conférencier indiquera qu'avec les différentes expériences engagées en Norvège, en Algérie, en Chine, au Brésil, aux Etats-Unis et au Canada, la pression de ces Etats et le lobbying des groupes industriels engagés dans ces projets, il y a de fortes chances que la capture et le stockage du CO2 soient intégrés dans la liste du crédit carbone lors de la prochaine réunion sur le climat à Durban. Une bonne nouvelle qui deviendra une aubaine si elle se concrétise.
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