Le Festival national du théâtre professionnel se déroule jusqu'au 27 septembre au Théâtre national Mahieddine Bachtarzi à Alger.
Faut-il croire à « la magie » du théâtre populaire ' Difficile de trouver réponse lorsque l'on voyait, samedi au Théâtre national Mahieddine Bachtarzi à Alger, lors de première soirée du septième Festival national du Théâtre professionnel (FNTP), les comédiens de la pièce « El Hasla » tenter de nous convaincre de la fraîcheur d'une dramaturgie lourde.
La pièce du Théâtre régional d'Oran restitue une atmosphère presque déjà vue pour un sujet qui va frôler l'idéologie sans y mettre les mains. Le discours est là collant, la morale envahissante. Parfois, l'humour permet à quelque jets de lumière passer et au public, déjà partagé, de rire. Il y a certes de la légèreté, mais c'est un peu trop pour une comédie qui semblait ambitieuse au départ et qui, ensuite, s'est noyée dans un verre d'eau.
Mise en scène par Habib Medjahri, à partir d'un texte de Mahi Benaamara, la pièce déroule l'histoire d'un directeur (rôle campé par un Mohamed Haimour en mauvaise forme) d'une entreprise publique qui fait face à une colère des salariés. Le syndicaliste (Ahmed Elaouani) vient défier le directeur dans son bureau pour lui demander de renoncer au projet de privatisation de l'entreprise.
Le théâtre algérien s'est rarement intéressé à ce sujet pourtant pesant dans la récente histoire sociale du pays. Dans les années 1990, des centaines d'entreprises publiques ont été bradées au su et au vu de tout le monde, y compris de l'UGTA, syndicat complice. «C'est votre gestion tordue qui nous a mené à se contenter des moitiés », a crié le représentant des travailleurs. Le directeur monte alors un stratagème pour éviter la pression : s'enfermer dans les toilettes.
La secrétaire (Bahria Zaouche), entièrement acquise à la cause de son responsable hiérarchique, tente de le délivrer. Elle fait appel à un portier ( Blaha Benziane) à double-face et à des sapeurs-pompiers qui manquent de sérieux. L'Etat est-il toujours là pour « secourir » ses citoyens ' Ces dernières années, les algériens ont constaté l'ampleur de la faillite des services publics. La fin de la pièce est presque prévisible tant la linéarité de l'histoire se laisse deviner facilement.
« Ray likoum ! (On vous la laisse ! ) », lance par dépit le portier. Simpliste ' Pour Habib Medjahri, il n'y a aucune raison de parler de « burlesque » à propos de ce spectacle. « C'est une comédie à l'ancienne avec des outils modernes. C'est un peu un retour au théâtre populaire, celui qu'a connu Oran par le passé. Il y a de la satire, des non dits. Le sujet de la privatisation des entreprises n'est qu'un prétexte pour élaborer le spectacle et revenir sur les problèmes de la société », nous a expliqué le metteur en scène, après la présentation de la pièce.
Pièce montée, selon lui, en trois mois et présentée déjà une quarantaine de fois au niveau national. « El Hasla n'est pas une pièce destinée à l'élite, mais au grand public. Les dramaturges qui nous ont précédé, comme Kateb Yacine, écrivaient leurs pièces pour ce grand public. Les gens ne sont pas sortis de la salle. Quand, le spectateurs commencent à quitter leur sièges après un quart d'heure de représentation, il faut se poser des question », a encore soulignéHabib Medjahri.
A l'ouverture du 7ème FNTP, un montage poétique, « Boubchir », de Toufik Ouamane a été présenté. Des chorégraphies, de la poésie et un petit jeu d'acteurs. Cela ne suffit malheureusement pas pour faire un spectacle élaboré, vivace et actuel. L'art de scène algérien a besoin réellement d'air frais !
Un documentaire de Ali Aissaoui revenant sur le sixième FTNP a été projeté également. Il aurait peut être été plus intéressant de présenter un documentaire, même court, sur l'expérience théâtrale algérienne depuis l'indépendance du pays et même avant.
La comédienne et metteur en scène Sonia, présidente du Festival, a, lors de l'allocution d'ouverture, évoqué « le dialogue fructueux » entre les deux générations du quatrième art algérien. « Les deux travaillent pour assurer la relève. La nouvelle génération devra prendre en charge le répertoire de cinquante ans du théâtre et réfléchir aux cinquante prochaines années », a-t-elle dit.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Fayçal Métaoui
Source : www.elwatan.com