Oran - A la une

La «pauvreté énergétique» en débat Assemblée générale exécutive du conseil mondial de l'énergie



La «pauvreté énergétique» en débat                                    Assemblée générale exécutive du conseil mondial de l'énergie
Il faut des politiques à long terme pour assurer la sécurité énergétique», selon Christoph Frei, secrétaire général
du Conseil mondial de l'énergie (CME).
Les travaux de l'assemblée générale exécutive du CME se sont achevés jeudi en fin de journée à Oran. Le secrétaire général de l'organisation, Christoph Frei, a bien voulu aborder, avec les journalistes, des questions discutées lors de cette rencontre, à huis clos, qui a débattu surtout des problèmes organiques inhérents au fonctionnement de l'institution. Questionné sur les grands sujets abordés, M. Frei nous a indiqué qu'un débat intéressant a eu lieu lors d'une table ronde et qu'il en retenait trois points essentiels qui ont émergé. La table ronde sur les sujets globaux a révélé que les problèmes se ressemblent dans les différentes régions, mais qu'il y a des spécificités pour chacune d'elles.
Pour le premier sujet qui concerne les subventions, selon M. Frei, il a été constaté, sur la base d'enquêtes, que la perception des subventions est différente selon le pays et la région. Ainsi, l'interprétation est différente selon les cas. Dans les régions où il y a un problème d'accès à l'énergie, les subventions sont justifiées par le fait qu'il y a une action de lutte contre «la pauvreté énergétique». Les exemples de l'Amérique latine ou de l'Afrique ont été cités ; les subventions constituent la seule manière de combattre sérieusement la pauvreté énergétique, car les subventions sont nécessaires, à la différence d'autres régions du monde.
En Europe et aux Etats-Unis, la subvention n'est pas bien vue. Aussi, la conclusion est qu'il faut bien faire la distinction entre les subventions qui visent les plus pauvres et les subventions générales. A propos du «changement climatique et des liens entre l'eau et l'énergie» qui était le deuxième sujet important, les solutions ne peuvent pas être les mêmes pour les régions où il y a beaucoup d'eau et celles qui en manquent. Les pays africains et asiatiques ont beaucoup insisté sur le problème de l'eau, surtout lorsque l'infrastructure énergétique dépend de l'eau alors qu'en Amérique latine, il y a beaucoup d'eau. Pour surmonter ces problèmes, il faudrait une planification des infrastructures à long terme, sur 20 ou 30 ans. Telle est la conclusion des débats.
Le troisième grand sujet concerne les biocombustibles. Selon le secrétaire général du CME, il a été constaté que pour l'Amérique latine, le problème de la production des biocarburants ne se pose pas, car il y a assez d'eau et de surfaces pour en produire. A la différence des régions qui manquent d'eau ou de surfaces pour produire les biocarburants. Un dialogue réel a eu lieu sur la question des biocarburants, selon M. Frei, et des conclusions ne peuvent pas être valables pour tout le monde. Chaque contexte présente une particularité et entraîne un regard différent, selon lui.
Selon son secrétaire général, le privilège de l'organisation du CME, qui est présent dans plus de 90 pays, est d'avoir des débats et un dialogue, car le CME est présent dans tous les continents et regroupe aussi bien des pays riches que des pays émergents. Questionné sur les investissements et la place de chaque ressource énergétique dans la sécurité des approvisionnements, Christoph Frei estime que seule une politique à long terme permettra de surmonter les obstacles. Si la demande en gaz augmente et que cette ressource est considérée comme précieuse, il faut poser la question de savoir quelle est la meilleure place du gaz, qui a un avantage comparatif au côté des autres sources d'énergie, vu la complexité de l'infrastructure. Il faut aussi étudier la complémentarité des énergies renouvelables.
Pour les investissements, il faut une politique à long terme pour intéresser les investisseurs, selon Christophe Frei.Concernant la sécurité énergétique, il y a beaucoup de ressources, mais leur production devient de plus en plus chère. «La vision est que si on veut assurer la sécurité à long terme, il faut questionner les trois piliers de la politique énergétique. Il ne faut pas regarder uniquement la sécurité, il faut agir en même temps en regardant l'environnement et les aspects d'équité, de pauvreté et d'accès à l'énergie», selon Christophe Frei.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)