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La parapharmacie en force à Oran



"Aujourd'hui avec les difficultés et les contraintes du marché du médicament, la parapharmacie représente de 40 à 60% du chiffre d'affaires des pharmacies qui se sont investies dans ce créneau. Le médicament seul ne suffit plus entre générique et pénurie".La sentence est sans appel et sans contestation possible tant c'est la règle confirmée par nombre de pharmaciens, anciens et nouveaux. Et dans ce cas c'est une ancienne pharmacienne qui nous a fait cet aveu et qui depuis quelques mois a cédé aux sirènes de la parapharmacie, la dermopharmacie, les compléments alimentaires, et cosmétiques, entre autres.
Ce "virage commercial" des officines est visible partout, à Oran et à l'échelle nationale, avec de plus en plus de pharmacies relookées, présentant des étals, des supports où dominent les produits de parapharmacie au point où le client a le sentiment de se trouver presque dans une sorte de supérette en tout genre.
Certes les médicaments sont présents mais aussi et surtout de plus en plus les cosmétiques, la parfumerie, les gammes de produits pour le confort, le corps, les chaussures orthopédiques, les atèles, et les compléments alimentaires, très en vogue, ainsi que tout ce qui se rapporte aux régimes alimentaires pour les femmes surtout.
Qui plus est, nombre des gammes de produits comme les cosmétiques, les dermopharmacies, sont "importés par cabas", avec tout ce que cela suppose comme conséquence sanitaire et financière.
Autre aveu de certains de nos interlocuteurs : les compléments alimentaires font très souvent partie du cabas et sont très demandés alors que leurs ventes devaient être réglementés depuis le triste épisode de l'ex-ministre Boudiaf et son Rahmat rabi (RHB).
Un autre pharmacien qui a plus de 20 ans de métier déplore un peu cette évolution même s'il comprend le phénomène: "C'est vrai qu'aujourd'hui se concentrer uniquement sur les médicaments, ce n'est plus suffisant pour qu'un pharmacien vive de son métier.
Mais malheureusement le vrai débat qu'on n'arrive pas à imposer, c'est les décisions politiques du marchés du médicament qui provoquent cette situation et une catastrophe pour les malades?", et notre interlocuteur d'évoquer le rapport 2019 du conseil de la concurrence pointant les risques de création de monopole dans la distribution des médicaments et les pénuries récurrentes.

D. LOUKIL
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