
Un protocole d'accord de développement et coopération a été signé entre les deux parties pour confirmer cet échange cinématographique qui existe depuis 5 ans et l'inscrire dans la continuité...L'Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc) et la Royal Film Commission de Jordanie (RFC), ont scellé mercredi, par un protocole de signature devant le public, leurs 5 ans de coopération et d'échanges cinématographiques. A cette occasion, la responsable jordanienne du RFC, Nada Doumani, fera remarquer que «l'identité arabe est menacée» d'où la nécessité de poursuivre cet échange qui pourrait aussi faire persévérer cet échange culturel sur le plan cinématographique, tandis que Nazih Benramdane, directeur de l'Aarc a rappelé la nécessité de coproduction entre les pays arabes, souhaitant qu'il puisse exister un jour entre les deux pays.Aussi, après ces déclarations officielles, c'est par le film 3000 nuits de Mai El Mesri que le programme de la 5e édition des Journées du film jordanien en Algérie a été inauguré. Une fiction poignante tournée en Jordanie mais donnant néanmoins la parole aux femmes palestiniennes emprisonnées qui, en plus de leur incarcération, continuent à combattre au sein même de leur cellule, et affronter l'ennemi israélien qui se dresse contre elles. Le film met en effet en scène l'histoire courageuse de Layal, une jeune enseignante palestinienne arrêtée injustement qui finit par écoper de huit jours de prison. Les artistes la transfèrent dans une institution de haute sécurité israélienne.Face à la rudesse de l'environnement, elle découvre qu'elle est enceinte, mais choisit de garder le bébé. Son mari décide de partir au Canada, mais revient deux ans après pour récupérer l'enfant. Layal refuse. Dans un milieu carcéral terrifiant, elle est obligée de survivre pour son enfant, mais entame comme ses acolytes la grève de la faim.Le film qui évoque la résistance de toutes ces femmes, dresse le portrait d'un microcosme sociétal composé de prisonniers politiques et de criminels dans lequel Layal sera amenée à subir et affronter jusqu'à gagner leur confiance et vivre pour l'amour de son enfant et de sa patrie.Emouvant bien sûr, marqué de quelques invraisemblances, surtout au moment de l'accouchement (l'enfant sort tout propret), ce long métrage qui évoque la douleur d'une mère, parvient à embellir toutes ces tensions par des plans remplis de douceur et un esthétisme à fleur de peau. Le sentiment d'étouffement, quant à lui, est assez bien rendu par ce cadre lénifiant bariolé d'ombres qui suggère les barreaux des cellules sans les montrer. 3000 nuits est un film doux, malgré les affres de la guerre, réalisé par le regard d'une femme qui a su insuffler de l'amour dans sa caméra et raconter une histoire qui parle avant tout de générosité, d'entraide et de solidarité au sein même d'une prison.Un film sur l'espoir aussi d'un monde meilleur, basé sur le vivre ensemble comme le suggère cette amitié née entre Layal et cette autre prisonnière israélienne. Autre film présenté durant ces journées du film jordanien est le documentaire, présenté jeudi, The council de Yahia Al Abdallah, réalisateur jordanien, né en Libye et, qui a grandi en Arabie saoudite.Après plusieurs courts métrages et un premier long métrage, The last Friday, l'ex-enseignant de littérature à la baccalaureate scool à Amman, a décidé de s'attaquer au système éducatif éculé et à la corruption qui prévaut dans une bourgade bien spécifique en Jordanie, en prenant comme angle de vue l'école jordanienne de l'Unrwa qui s'adresse aux enfants réfugiés palestiniens.Une école dont le bâtiment appartient à un privé qui a su détourner l'argent censé être distribué aux réfugiés palestiniens pour son propre compte et ne pas s'occuper du tout de cette école, qui souffre de beaucoup de problèmes. Le documentaire nous plonge dans une école où des jeunes se préparent pour le conseil de l'école de l'Unrwa (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient).A travers ce film, le réalisateur, suit ses enfants pendant un an, sans interférer dans leur quotidien et permet d'en déceler à travers leurs revendications somme toute légitimes pour l'épanouissement de leur vie scolaire une belle et réelle volonté démocratique, ce qui manque gravement aux adultes, du moins à certaines personnes qui les entourent. Ce qui semble être triste car ces enfants, qui soulignent bien l'adage, (génération du futur) entendent proposer des solutions et projets pour leur école, au moment où leur professeur, parents, et même directrice, ne savent quoi en penser. Ces derniers sont passifs, sinon mus par des idées passéistes, si ce n'est «islamistes», tel ce cheikh qui interdit aux filles de danser, préférant des petites filles pour présenter un simple spectacle dédié à la culture palestinienne. Des gens qui nivellent par le bas, alors que certains enfants mus par une intelligence supérieure semblent être otages d'une négligence et un laisser-aller flagrant de l'administration.D'ailleurs, l'image de la décharge jouxtant l'école et dont les enfants décident de s'en débarrasser en partant eux-mêmes voir le premier responsable de la commune est l'exemple patent de la dynamique de cette jeunesse face à cette marginalisation flagrante dont fait l'objet cette école et par conséquent ces enfants qui n'ont pas la chance de bénéficier d'une éducation qui se respecte.Si le film pose la caméra à hauteur d'enfant, il laisse révéler au-delà de cette déchéance sociale un mal-être évident socio-politique qui, non seulement plane mais perdure et trouble ce milieu hélas. Des vérités crues montrées sans fioritures par ce réalisateur dont le film a été interdit pat le ministère de la Communication. Un film qui passe en intégralité juste dans les festivals et certains évènements spécialisés, car le film dénonce par endroits le harcèlement sexuel des enfants mais aussi la corruption et la tension religieuse dues à la frustration masculine qui menace les filles mais aussi les garçons.Des vérités qui existent hélas, dans beaucoup de pays arabes aujourd'hui et partant, dans de nombreux pays dans le monde et que le réalisateur a su décrasser de façon intelligente, en faisant faire parler des images et des enfants sans porter de jugement ni de directive aucune.Ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants' Notons que le dernier film sur la liste et qui devait être projeté hier à la cinémathèque, n'est autre que Theeb du réalisateur Naji Abu Nowar, déjà projeté au Festival du film arabe d'Oran et qui est actuellement en lice pour les Oscars.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : O HIND
Source : www.lexpressiondz.com