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La mendicité prend de l'ampleur



Les mendiants font désormais partie du décor. On les retrouve dans tous les coins de rue, squattant les feux rouges, les portes des mosquées, les magasins, les souks...À quelques de jours de la fête de l'Aïd, ne sortant pas de leur tradition consistant à être présents à chaque évènement religieux pour profiter de la sensibilité des citoyens, très généreux en ces moments très délicats de dévotion et de ferveur, de véritables contingents de mendiants, venus de divers horizons, envahissent la capitale des Bibans pour demander la charité. En plus des locaux, des Syriens et des clandestins des pays du Sahel envahissent les rues de la ville dès les premières heures de la matinée, et ce, jusqu'au s'hor. Mais la nouveauté pour cette saison, c'est une mendicité d'un "nouveau genre" à laquelle peuvent assister, depuis quelques jours, les habitants de Bordj Bou-Arréridj.
De la mendicité revisitée à la façon syrienne, paraît-il. "Mendier au nom des Syriens..." est un phénomène qui envahit la ville. Avec une voix basse et un dialecte semblable au syrien, des femmes interpellent les passants en racontant leur histoire sollicitant l'aide des gens : "Hey bienfaiteurs ! Nous sommes syriens, nous n'avons plus d'argent pour manger et on dort dans la rue. On est une famille nombreuse avec des enfants, sans abri après la destruction de nos maisons." Face aux sourires de quelques passants, elles s'aperçoivent qu'ils ont compris leurs propos. Devant les feux tricolores, ce sont les petits enfants africains et leurs mamans qui occupent l'espace et ne laissent personne d'autre s'approcher.
Munis d'une tasse ou de casseroles, ils ne lâchent pas les passants et automobilistes. Ils s'accrochent et insistent pour avoir n'importe quoi : de l'argent, de la nourriture, des vêtements? Ils occupent aussi les restaurants de l'iftar. Les mendiants de Bordj Bou-Arréridj ont beaucoup développé leurs stratégies : au lieu de présenter un discours indiquant le dénuement et la précarité, discours centré sur le manque, aveu de faiblesse, les mendiants s'adonnent de plus en plus à réciter le Coran, à la "vente'' de petits carnets de douaâ ou présenter un dossier médical (ordonnance, lettre d'orientation pour des analyses ou imagerie médicale).
Quelques-uns dévoilent des talents prometteurs qui n'ont rien à voir avec la mendicité portant des gilets d'associations caritatives et exposant des photos de malades qui ont besoin de soins à l'étranger. Cette façon de mendier, jugée "très civilisée", aurait beaucoup de succès auprès des âmes charitables. Ces mendiants feraient même de la sérieuse concurrence aux nationaux, s'amusent à analyser certains.

Chabane BOUARISSA
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