Oran - Revue de Presse

La mécanique Oussama, entre la barbe et le baril



C'est une belle et banale histoire avec quelques acteurs : unprésident à vie, à mort, à défaut. Un pipe-line heureux. Deux martyrs dont l'unest un mort, l'autre un faussaire. L'Amérique, un cheval « has been » etquelques gardiens de trottoirs munis de bâtons à base d'oliviers et de galonsglorieux. Sans oublier un terroriste barbu voyageant sur un tapis volant etcommuniquant par Internet. Dans le tas, le pipe-line est heureux et sourit toutle temps en s'allongeant le maximum possible : il est le seul à aller et àarriver en Amérique. Le Président l'est presque lui aussi et réfléchit tout letemps en allongeant le maximum son mandat : il est le seul à dépendrevéritablement de l'Amérique. Le cheval étant un animal et l'étant encore plusparce que c'est un pur-sang arabe, il ne reste donc que les deux martyrs. L'unétant martyr avant la mort et l'autre s'étant déclaré martyr aprèsl'indépendance, ils se regardent souvent en craignant, l'un l'exhumation, l'autrela résurrection. L'un, une enquête, l'autre craignant d'être mort pour rien. Lesdeux n'aimant pas l'Amérique parce qu'elle ressemble à la France sauf qu'on ne peutpas la battre et qu'avec ses satellites elle sait qui a vraiment combattu etqui a tué Kennedy ou Boudiaf et qui a trafiqué ses papiers. Que se passe-t-ilalors ?Le Président caresse le pipe-line comme s'il s'agissaitd'un serpent apprivoisé, un intestin plein et rassasié ou un animal qui roulesur de l'or sans le savoir. L'Amérique regarde les deux en se demandant sic'est nécessaire de veiller sur les deux et qui est plus nécessaire que l'autre.Les martyrs demandent au cheval de choisir l'une des deux rues qui portechacune le nom de l'un d'eux. L'Amérique les regarde tous les trois en sedemandant que fait le cheval dans ce pays entre deux morts qui ont arrêté letemps. L'histoire bloque parce que les deux martyrs ne veulent pas la lâcher, parceque le cheval n'en a rien à faire et parce le pipe-line s'en passe en latraversant et parce que le Président ne sait plus quoi faire entre les gardiensà bâtons qui surveillent sa voiture. Les gardiens peuvent percer et le pipe-lineet le Président. Les deux martyrs peuvent faire ce qu'ils veulent parce ce sontdes morts qu'on ne peut pas tuer ni faire taire.Le cheval est un moyen de transport dépassé et le pipe-lineun organe sensible impossible à dissocier du reste du corps et du désert. Quese passe-t-il alors ? Rien de nouveau. Les Américains soutiennent tout le monde: le pétrole, son Président, les gardiens à matraque et le cheval comme symboleidentitaire démodé mais très consolant pour les Arabes. Tant que le pétrolecoule, l'histoire coule. Reste le terroriste sur son tapis volant. Lui aussipeut percer et le Président et le pipeline, et la voiture et les Américains, etfaire concurrence aux martyrs dans le vaste paradis. Tout lemonde veut le tuer, mais tout le monde espère qu'il vivra très longtemps. Pourquoi? Sans lui, l'histoire n'est pas une histoire mais un emploi du temps scolaire.Avec lui, tout le monde a un rôle, même le cheval. Le baril fait marcher lesmoteurs, la barbe fait rouler le reste.
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