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La marche arrière, premier levier de vitesse en Algérie



La marche arrière, premier levier de vitesse en Algérie
Trois exemples, parmi d'autres, illustrent la légèreté des décisions prises par les ministres du gouvernement Sellal qui ne cesse de se discréditer sans pour autant remettre en question sa compétence. Le dossier des licences de vente d'alcool, celui des nouveaux cahiers des charges concernant l'importation de véhicules neufs et enfin le tout dernier, celui des concessions des plages, ont, ces derniers temps, mis à nu un dysfonctionnement flagrant de la machine gouvernementale. Des marches arrière sur des sujets d'intérêt général qui poussent les Algériens à s'interroger sur la légitimité d'un gouvernement qui passe son temps à revenir sur des décisions fermes prises par des ministres en fonction. Ce n'est pas une première dans le paysage politique national qu'un ministre soit discrédité, mais des revirements en nombre et en un laps de temps réduit ruinent toute la crédibilité d'un plan de gouvernance et donnent l'impression d'une cacophonie au plus haut de la pyramide décisionnelle. Plus grave, les observateurs y voient, concernant certains dossiers, l'ingérence flagrante de la sphère des lobbies dans les affaires de l'Etat pour comprendre le pourquoi du comment. Sinon comment expliquer que le gouvernement annule ou gèle des circulaires sans pour autant donner des explications convaincantes à l'opinion publique. Cette situation interpelle et le citoyen a cette fâcheuse impression de compter pour du beurre puisqu'il est laissé dans l'ignorance la plus totale. Si Sellal demande au peuple de s'impliquer dans cette phase difficile que traverse le pays, ce même peuple est en droit de demander, d'exiger des réponses et des éclaircissements sur ce qui se passe au niveau décisionnel. Qui dirige qui ' Sellal a-t-il un pouvoir sur ses ministres, ou ces derniers man?uvrent en solo quitte à se faire rattraper plus tard par la patrouille. Si les discours des uns et des autres convergent vers une cohésion de façade, il est plus que probable qu'on est en présence de l'absence totale d'une vision globale de ce que sera l'Algérie de demain. Le dossier des concessions des plages renseigne à lui seul sur cette fuite de l'Etat face à ses responsabilités. Si les Algériens ont cru recouvrer leur droit naturel à la mer et au soleil lorsque des responsables ont décidé d'annuler ces décisions iniques de privatiser de fait les plages, les nouveaux ministres de l'Intérieur et du Tourisme ont tout bonnement décidé d'y surseoir. L'explication officielle veut que les mairies côtières ne soient pas prêtes cette année à s'y soumettre. Une explication qui ne convainc personne surtout le père de famille qui ne peut pas débourser chaque fois plus de mille dinars pour emmener ses enfants faire trempette. Le risque de noyade est ainsi multiplié par trente dans les zones de baignade non surveillées. Cette marche arrière enclenchée à chaque soupçon de soulèvement de protestation ne peut pas à elle seule expliquer le raisonnement du gouvernement puisqu'on a vu avec l'éradication des marchés informels que quand l'Etat veut, l'Etat peut trouver des solutions de rechange.


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