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La lutte contre les accidents de la route



La lutte contre les accidents de la route
Dans le lot des fléaux dont l'Algérie pâtit aujourd'hui et pour l'éradication duquel elle doit impérativement mettre en place un plan d'urgence, le phénomène des accidents de la route devance de très loin les autraes. Avec plus de 4 000 morts et 6 000 blessés par an - soit une moyenne de 13 décès par jour- et des pertes financières très importantes (le bilan de l'année qui s'achève risque aussi d'être extrêmement lourd), cette hécatombe se révèle être la première cause de mortalité en Algérie. Ce qui nous vaut, depuis quelques années déjà, une place de choix dans le classement mondial des pays les plus touchés par les accidents de la route. Du reste, l'éradication du terrorisme routier, du moins son atténuation, constitue l'un des v?ux le plus chers des Algériens pour l'année qui commence. «On dirait que c'est devenu une fatalité dont on ne peut plus se débarrasser», déplore-t-on à Oran où pas un jour ne se passe sans que des accidents de la circulation ne viennent rappeler qu'une grande majorité des automobilistes conduisent sans égards pour autrui. Et que les autorités compétentes sont désormais dépassées par un phénomène qui a pris des allures inédites à Oran comme dans tous les grands centres urbains du pays : un parc automobile impressionnant, un réseau routier dont la taille et la qualité ne siéent plus aux flux incessants de véhicules, une signalisation routière obsolète, une insuffisance des parkings et aires de stationnement, des conducteurs moyennement formés... bref, les autorités algériennes ont laissé la maladie se développer et se déployer tant et si bien qu'elles se trouvent aujourd'hui confrontées à une épidémie mortelle contre laquelle toutes les posologies se sont jusqu'ici révélées inefficaces.Inutile de revenir ici sur les statistiques effroyables et déshonorantes de ces accidents qui ont tué par «lots» et par «familles» mais qui n'ont pas encore provoqué en Algérie -particulièrement chez les autorités- ce déclic salutaire qui entraîne la prise de mesures radicales de lutte contre le terrorisme routier.Intransigeancesur un minimumAilleurs, cela s'est déjà vu et les combats engagés contre les accidents de la route ont eu des résultats satisfaisants à plus d'un titre : en France, par exemple, où la sécurité routière est élevée au rang d'enjeu majeur de santé publique, les pouvoirs publics ont réussi à imprimer une politique de lutte qui a réussi à ramener le nombre de morts sur les routes de 15 000 par an dans les années 1970 à moins de 4 000 en 2012. Les voies et moyens empruntés par les autorités de ce pays pour réussir ce qui, pour nous autres, équivaudrait à un exploit, sont disponibles et accessibles à tout un chacun et il suffirait que les pouvoirs publics algériens décident d'être intransigeants sur un nombre minimum de comportements (respect du Stop et des limitations de vitesse, par exemple, usage du kit mains-libres au volant...), pour que les choses se mettent en place d'elles-mêmes. À Oran, par exemple, il suffit que des agents de police apparaissent à l'intersection de l'hôpital pour enfant de Canastel pour que les conducteurs s'aperçoivent, comme par magie, de l'existence des feux tricolores; et Dieu sait que ces feux la sont grillés tous les jours, par les milliers d'automobilistes qui fréquentent l'axe Seddikia-Canastel-Belgaid...Communication et sensibilisation autour des accidents de la route, éducation à la sécurité routière dans les écoles, durcissement des sanctions à l'égard des contrevenants, amélioration des réseaux routiers, relèvement de la qualité de la formation des auto-écoles, intransigeance sur l'application de la politique de sécurité routière, tels sont, selon les spécialistes et les observateurs avertis, les clefs qui permettront à l'Algérie de vaincre l'un des fléaux les plus âpres auxquels elle ait été confrontée. S. O. A.


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