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La loi de la jungle



La loi de la jungle
Il est vital de revenir et de parler encore et encore de cette jungle dans laquelle s'est perdu, depuis longtemps, l'acte de commercer en Algérie. C'est à proprement parler comme s'il n'y avait ni ministre, ni ministère, encore moins des fonctionnaires et des contrôleurs pour se mettre au chevet du «no man's land» qui prévaut au niveau de ce secteur. Qui vit selon la loi de la jungle. Pour ne pas dire cette pagaille dans laquelle est vautré un secteur qui ronge pratiquement le tiers des recettes d'hydrocarbures.Le propos n'est pas tant de montrer du doigt ce fatras commercial, mais de tenter de comprendre par quelle logique démentielle, sinon absurde, fonctionne ce secteur. Dès lors que presque depuis l'indépendance, les prix des produits alimentaires de base, agricoles et non agricoles, enregistrent d'une part des hausses intolérables et inexcusables avant les fêtes religieuses et les jours fériés, et d'autre part une rareté soudaine et brusque à l'approche de ces événements. Le temps de festivités nationales, de fêtes religieuses, de circonstances religieuses. Cet Aïd El Adha n'a pas dérogé à la règle, en dépit d'assurances inutiles et déplacées du ministère du Commerce sur la disponibilité des produits et l'ouverture des commerces pendant les deux jours de fête.Le fait est que la situation dans ce secteur empire de plus en plus, et ce ne sont pas les interventions de responsables de ce ministère qui feront que les choses vont s'arranger dans le futur. Tous les produits du couffin de la ménagère avaient enregistré des hausses de prix soudaines et importantes, avec des hausses spéculatives sur les produits les plus consommés en pareille fête religieuse, l'Aïd El Adha, avec la courgette qui a pointé à plus de 200 dinars/kg ou le navet à plus de 120 dinars/kg, tout comme la tomate. Et les responsables du ministère légitiment ces infractions, ces intolérables hausses de prix par la loi de l'offre et de la demande.On se demande dès lors où se situe le travail des contrôleurs et si vraiment il y a des niveaux de prix fixés par cette administration. Sinon, nous sommes face à une jungle où les règles de conduite et du code de commerce n'ont pas cours. La preuve ' Après la surchauffe des prix d'avant Aïd, il y a la débandade des commerçants, dont les boulangers et les vendeurs de fruits et légumes, dont les rideaux sont restés baissés, à quelques exceptions, durant cet Aïd. Ensuite, après l'Aïd, il y a la traditionnelle fermeture des magasins dont les propriétaires ne jouent pas le jeu. Et, à ce jeu-là, une question parmi d'autres se pose: existe-t-il vraiment un ministère du Commerce dans ce pays pour tolérer depuis de nombreuses années que les consommateurs soient pris ainsi en otages 'Le fait est que la débandade ne dure pas d'aujourd'hui. Et tout le monde se complaît dans des constatations, à commencer par le ministère du Commerce, sur ce qu'il faut faire la prochaine fois. Le problème est que le phénomène a pris une telle ampleur que les responsables de ce département ne savent pas eux-mêmes ce qu'il faut faire, sinon ils auraient trouvé la réponse à cette pagaille depuis longtemps. A qui la faute ' Au ministère du Commerce, ils ont les réponses, mais le système, depuis la fin scélérate des mandataires, s'est tellement sclérosé qu'ils ne peuvent que constater les dégâts.A vrai dire, ces épiphénomènes montrent à quel point le gap est important dans notre pays en matière de commerce, de règles du marché, de négoce et de transactions. Il n'est pas étonnant ainsi de constater avec quelles difficultés ces négociateurs algériens gèrent depuis maintenant une vingtaine d'années une si problématique adhésion à l'Organisation mondiale du commerce.


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