«La mosquée a été volée par l'évêque», crie un manifestant? Non, il ne s'agit pas d'un citoyen algérien et cela n'a rien à voir avec le Hirak. C'est une scène contenue dans le film-documentaire Cordoue projeté ce dimanche en avant-première en Algérie, à Oran, en présence du réalisateur Bensalem Bouabdallah. Après l'Algérie, Cordoue devrait être projeté à Paris, Londres et Madrid.Le réalisateur qui a achevé son travail il y a deux mois a décidé d'offrir à Oran la primauté de sa projection qui a eu lieu dans un espace de l'association socioculturelle Santé Sidi El-Houari (SDH).
C'est un film documentaire avec certaines reconstitutions historiques et parfois même politiques. D'une durée de 58 mn, il traite principalement de la fameuse mosquée de Cordoue, d'une architecture sublime qui lui est reconnue dans le monde entier. Pour information «Cordoue est une ville d'Andalousie, région du sud de l'Espagne. La ville est surtout connue pour La Mezquita, immense mosquée datant de l'an 784. Elle est reconnue patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1984.
La première partie du film, explique le réalisateur, traite d'un conflit qui s'est posé en Espagne plus précisément à Cordoue. «Il y a quelques années, l'évêque de l'église à Cordoue a décidé de s'approprier ce monument historique. Sachant qu'il est reconnu depuis le XIXe siècle comme étant monument national puis patrimoine mondial.»
Les raisons de ce désir de s'approprier la mosquée de Cordoue restent, dira notre interlocuteur, encore obscures. «Il y a eu un tollé général au sein de la population de Cordoue où un demi-million de signataires étaient contre la décision de l'évêque de s'approprier ce monument».
En somme, le film documentaire relate ce conflit et tente de suivre son déroulement en donnant la parole à des historiens, universitaires, avocats, politiciens, journalistes et citoyens de Cordoue? Toutefois, aucun intervenant arabo-musulman ne figure dans le travail du réalisateur, il s'explique : «J'ai contacté la conférence islamique afin d'avoir au moins une interview du secrétaire général pour l'inclure dans le film et avoir une opinion d'un représentant de l'islam. Ils ont refusé. Heureusement, les intervenants que j'ai pu avoir dans le film ont mentionné cette vision musulmane, alors qu'ils ne sont pas musulmans».
Il y a une connexion entre le passé et le présent, dira le réalisateur et ce message de paix et de coexistence est de nouveau réactualisé par les intervenants, se réjouit-il. Présent lors de cette projection, Mohamed Bensalah, enseignant universitaire, expert dans l'audiovisuel et le cinéma, dit avoir apprécié ce travail qui a plusieurs portées, entre autres : historiques et techniques, «un film accompli et bien fait», dit-il. Toutefois, il s'est dit désolé qu'un tel film ne puisse pas recevoir l'audience qu'il mérite et passer à la cinémathèque avec un grand public, en présence des officiels. «Ce qui serait souhaitable maintenant, c'est que ce film circule et soit projeté un peu partout. En principe, un film pareil devrait attiser l'intérêt des ministères de l'Enseignement, de la Culture ou encore de la Communication, et être distribué partout pour faire connaître l'histoire», espère-t-il.
A ce propos, le réalisateur dira qu'il ne veut pas se retrouver dans le tourbillon de la bureaucratie que nécessiteront des initiatives de sa personne pour faire distribuer son film-documentaire en Algérie. Il reste, toutefois, ouvert à toute demande ou proposition de quelque partie que ce soit pour la projection de Cordoue à travers toute l'Algérie. D'ailleurs, dit-il, après un premier refus, il a obtenu l'accord pour le projeter à Tlemcen.
Parmi les présents à cette projection, une habituée du festival Raconte arts et qui a beaucoup apprécié le travail autant que toute l'assistance, a proposé au réalisateur Bensalem Bouabdallah de prendre contact avec les organisateurs du festival Raconte arts qui se tient à Tizi-Ouzou, en vue de programmer la projection de son film-documentaire.
Pour le réalisateur algérien, il y a une soif de connaissances, ici en Algérie, mais la culture il faut la libérer, dit-il. «La jeunesse algérienne a besoin de comprendre que l'histoire est fondamentale et la libération de l'esprit se fait par la connaissance».
Amel Bentolba
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amel Bentolba
Source : www.lesoirdalgerie.com