Le niveau d'alerte a été élevé d'un cran, passant à l'orange, par la Commission de sécurité de la wilaya d'Oran, pilotée par le chef de l'exécutif local, en prévision d'un probable important flux migratoire en provenance du Mali. Les dispositifs d'anticipation et de prévention contre une sérieuse menace de déferlement sur Oran de vagues d'immigrés clandestins subsahariens, que provoquerait l'escalade du conflit militaire au Sahel, a été en tête de l'ordre du jour du Conseil de sécurité local, qui s'est réuni, hier matin, dans l'hémicycle de la wilaya. Dans une démarche préventive, amplement justifiée, les autorités locales de la wilaya d'Oran veulent devancer les évènements en «simulant», dès aujourd'hui, un scénario d'afflux massif d'immigrés subsahariens et surtout maliens, leur pays étant mis à feu et à sang.
Les dernières statistiques du Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) sont là pour justifier les appréhensions des autorités locales de la capitale de l'Ouest et étayer leur approche vis-à-vis de la menace. En effet, selon le HCR et le bureau de coordination des Affaires humanitaires (Ocha) de l'ONU, on estime à quelque 150.000 le nombre de refugiés et de déplacés, en provenance du Mali et des pays voisins (Niger, Burkina Faso, Mauritanie), dont au moins 1.500 ont passé la frontière algérienne.
Selon nos sources, parmi les dispositions prises, le renforcement du plan de sécurité interne de la wilaya -qui se traduira, entre autres, par une imperméabilité totale quant au passage des individus suspects aux points de contrôle installés aux entrées du territoire de la wilaya, doublée de plusieurs « murs de défense » en boucle situés en intra-muros- , ainsi que la diffusion par la wilaya d'Oran d'un message à destination du MILC et des wilayas connues pour être des points de transit vers Oran pour le flux migratoire issu des pays subsahariens. Cette correspondance aura pour teneur, selon nos sources, de demander aux wilayas concernées de signifier, via un arrêté de wali, le cas échéant, à tous les transporteurs l'interdiction d'embarquer à bord ces passagers clandestins, facilement identifiables du reste.
Aussi, il est prévu de durcir le dispositif répressif contre les hôteliers qui hébergeraient des immigrés clandestins, tout comme les employeurs qui embaucheraient, au noir, cette frange de main-d uvre, et en général contre toute personne qui faciliterait, d'une manière ou d'une autre, le séjour dans le pays à ces clandestins. Durant les dernières années surtout, Oran voit affluer une inhabituelle vague d'immigrés clandestins dont l'ampleur stupéfait et inquiète. Economie souterraine, prostitution, commerce informel, fausse monnaie, trafic de drogue, violence même... y tiennent une part difficile à contrôler. Rien que durant le 1er semestre 2012, quelque 350 affaires d'immigration clandestine ont été traitées et quelque 800 Subsahariens arrêtés par les différentes brigades du groupement de la Gendarmerie nationale d'Oran.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Houari Saaidia
Source : www.lequotidien-oran.com