Oran - Revue de Presse

La guerre aux charrettes n’ayant pas produit les effets escomptés



Quelles mesures pour l’éradication de cette «plaie» ? Chassées du centre ville et de ses artères principales , les charrettes hippomobiles que l’on accusait à juste titre de polluer l’environnement et de porter atteinte à l’image de marque d’El-Bahia, se sont vite adaptées à la nouvelle donne et se sont redéployées dans les quartiers périphériques de la ville d’Oran et dans certaines communes. Cependant, face à la persistance de ce phénomène économico-social, les Oranais sont unanimes pour reconnaître que les effets de la longue traque, menée tambour battant par les différents services et soutenue de surcroît par une intense campagne médiatique, sont bien éphémères et sans lendemains. Le centre ville débarrassé de la gênante présence des centaines de charrettes, ces dernières se sont immédiatement repliées sur Haï Mahieddine ex-Ekmühl, les Amandiers, El-Hassi, Les Planteurs ainsi que sur les communes limitrophes. Ne pouvant se passer du jour au lendemain d’un moyen de transport et de locomotion aussi peu coûteux, les milliers de petits revendeurs qui ont fait de ce métier leur raison d’être et même s’ils se font de plus en plus discrets, n’en continuent pas moins d’être présents dans nos murs. Ayant jeté leur dévolu sur le voisinage immédiat du marché couvert de Haï Mahieddine, sur ceux de Gambetta, des Mimosas, de Sidi El-Houari, de la Place Emir Khaled, plus communément appelée Taureau, ainsi que sur les Amandiers pour ne citer que ceux-là, les charretiers auxquels les pouvoirs publics ont déclaré la guerre ne semblent guère intéressés par les poissonnières ambulantes qui leur ont été proposées comme solution de rechange. Selon des sources, les banques ne semblent guère intéressées par cette opération dont les autorités locales attendaient beaucoup. Jouant au chat et à la souris avec la police, les jeunes charretiers font semblant d’obtempérer aux injonctions avant de réinvestir les lieux dès que les tuniques bleues leur tournent le dos. Foncièrement réfractaires au progrès parce qu’ignorant les avantages que peut leur procurer l’utilisation du nouvel équipement spécialement conçu pour répondre à leurs besoins et à ceux de la ville, de nombreux charretiers auraient finalement opté pour la solution extrême, celle de tenter, à leurs risques et périls, l’aventure et rallier la péninsule ibérique où ils espèrent exercer leur talent. Leurs charrettes confisquées par la police, des revendeurs n’en continuent pas moins d’exercer momentanément leurs activités. Pour leurs déplacements, ils louent des fourgons pour sillonner les quartiers dont la clientèle leur est demeurée fidèle. Dans ce cadre, on apprend que pour le seul mois de ramadan, se sont au total quelque 352 charrettes, dont 144 à traction animale qui ont été confisquées par la police. Chose curieuse, contrairement aux prévisions, ceci n’a pas du tout l’air d’avoir dissuadé les jeunes qui ont embrassé cette pénible mais juteuse activité. La manière musclée ayant prouvé son inanité, quelle autre démarche adopteront les pouvoirs publics pour éradiquer les charrettes de la honte sans pour autant jeter les jeunes dans la gueule du loup? Au fait, que devient la promesse de Noureddine Boukrouh, l’ancien ministre du Commerce qui s’était engagé à régulariser la situation de ces légions de jeunes en leur octroyant des autorisations spéciales pour leur permettre d’exercer de façon légale leurs activités?
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