Le mouvement de grève prévu aujourd'hui et demain par les représentants
du Syndicat national des taxis et transporteurs (SNTT), affilié à l'UGTA, vient
d'être reporté pour la troisième fois, a-t-on appris hier, lors d'un point de
presse organisé au siège de l'Union de wilaya de l'UGTA. Un report justifié par
l'adhésion de onze wilayas de l'ouest du pays au mot d'ordre donné par la
corporation à l'échelle locale. Une grève qui sera observée avant le 20 janvier
prochain et élargie à toutes les wilayas de l'ouest du pays, a souligné hier,
le coordinateur national du SNTT. Un pas positif qui vient donner plus de poids
aux revendications de la corporation. Ainsi, l'appel lancé à tous les
chauffeurs de taxi a été, hier, clair quant aux axes autour desquels s'articule
la plateforme des revendications. L'intervenant a dénoncé le problème des
licences de taxis, souligné le mutisme observé par les instances locales quant
à la satisfaction de doléances qualifiées de légitimes. Il s'agit
principalement de revendications qui s'articulent autour du problème des
licences, celui des impôts, la taxe de 2 % imposée sur les contrats de
location, le prolongement du délai d'exonération des pénalités CASNOS, l'état
des routes (ralentisseurs non-conformes), la prolifération des taxis
clandestins, le gèle des carnets de places et l'unification de la
réglementation relative aux taxis. Ainsi, le mot d'ordre sera respecté et la
paralysie sera totale, assurent les syndicalistes, à l'exception d'un service
minimum pour les cas d'urgence.
Gelée suite aux événements qu'a vécue la wilaya d'Oran dernièrement,
notamment la visite présidentielle et la réunion de l'OPEP, la grève de deux
jours décidée par les chauffeurs de taxis pour les 14 et 15 décembre est de
nouveau relancée et avait été reportée aux 5 et 6 janvier 2009. Le report de ce
mouvement de grève avait été décidé à l'issue d'une réunion extraordinaire du
Conseil national du syndicat des taxis et transporteurs (SNTT) tenue le 20
décembre, et durant laquelle, il a été convenu de maintenir la grève tant que
les revendications du syndicat ne sont pas satisfaites. Les chauffeurs de taxis
affiliés au SNTT et à l'Union nationale des chauffeurs de taxis (UNACT) de la
wilaya d'Oran sont montés au créneau pour contester ce qu'ils qualifient de
«business» des licences d'exploitation de taxi», qui a poussé près de 300 taxis
au chômage et qui commence à menacer sérieusement la profession. 6.000 gérants
de taxi seront donc mobilisés à Oran pour manifester contre cette situation, en
tenant un sit-in devant le siège de l'ENTV et des regroupements au niveau des
stations réservées pour les taxis.
Les chauffeurs de taxi contestent avec force l'anarchie qui règne depuis
plusieurs années dans la profession à cause de la location des licences
d'exploitation de taxi. Malgré les correspondances adressées aux
services concernés demandant l'assainissement de la situation, aucune action
n'a été prise mettant fin à cette anarchie. Les représentants du SNTT et de
l'UNACT sont unanimes à dénoncer la spéculation dans les licences de taxis et
dévoiler tous les dépassements dont font objet ces «sésames» ouvrant droit à
l'exercice de la profession. Les dépassements sont multiples et variés. Le prix
de location de ces licences varient entre 1.200 et 5.000 DA avec obligation de
verser une avance de deux années. Ces prix augmentent à chaque renouvellement
de contrat sans aucune explication de la part de certains propriétaires des
licences, qui ont limité la durée du contrat à 2 ans au lieu de 5 ans pour éviter
de payer les 2 % sur le montant total de la licence, avait expliqué
dernièrement le représentant du SNTT.
Pour sa part, le secrétaire général de la section Taxi affiliée à l'Union
générale de commerçants et artisans algériens (UGCAA) de la wilaya d'Oran
n'avait pas écarté, il y a quelques jours, l'adhésion de son syndicat au
mouvement de grève annoncé par le SNTT et l'UNACT. Un ralliement qui pourrait
paralyser complètement le transport par taxis à Oran, vu qu'à eux trois,
l'UGCAA, le SNTT et l'UNACT comptent pas moins de 10.000 membres parmi leurs
effectifs, ceci sans parler des taxis des wilayas de l'ouest du pays qui ont
décidé de rejoindre le mouvement. Une déclaration qui tranche avec la position
exprimée récemment par M.Kandsi lui-même, dont la formation syndicale s'était
clairement démarquée du mouvement de grève annoncée par les deux syndicats
précités, privilégiant avant tout le dialogue. M.Kandsi avait tenu à préciser
que l'UGCAA section Taxi reste toujours convaincue que le dialogue reste la meilleure
option pour le recouvrement des droits des chauffeurs de taxis de la wilaya, et
ne ménagera aucun effort dans ce sens pour « amener les pouvoirs publics à
prendre en charge nos préoccupations». M.Kandsi avait estimé, dans ce même
ordre d'idées, que «le suivi de ce dossier avec les autorités locales est en
bonne voie et les négociations n'ont jamais été interrompues avec le wali et le
président de l'APW d'Oran». D'ailleurs, une réunion devait avoir lieu avec les
deux responsables de la wilaya pour trouver une solution rapide au problème».
Les chauffeurs de taxis de la wilaya comptent beaucoup sur l'aide du wali, a
jouté le même responsable, en mettant l'accent sur la nécessité à ce que le
directeur du Transport de la wilaya s'implique davantage dans ce dossier. «Le
transport étant un secteur stratégique, notre objectif est de le mettre au
service du développement de notre wilaya et de nos citoyens, dont la
satisfaction restera notre raison d'être», avait, par ailleurs, précisé
M.Kandsi.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : KAssia
Source : www.lequotidien-oran.com