La grève nationale des 26 et 27 février ponctuée de sit-in régionaux à l'appel de six syndicats a été suivie à 7,58%, a annoncé le ministère mardi dernier en ajoutant que cette grève est «illégale» selon une décision de justice. De leur côté, les six syndicats (Snapeste, Cnapest, Cela, Unpef, Satef et Snte) initiateurs de ce second débrayage en un mois après celui du 21 janvier, annoncent un taux de suivi de 69,27%.Mardi, Boualem Amoura, coordinateur du Satef, avait indiqué au Quotidien d'Oran que la grève a été «bien suivie». «Dans l'ensemble, c'est acceptable», a-t-il ajouté. Il a également souligné que les sit-in régionaux, en marge de la grève, se déroulent dans de bonnes conditions, avec un nombre important de travailleurs. Cependant, cette grève, selon une décision du tribunal administratif de Bir Mourad Rais d'Alger, est «illégale». Le tribunal a déclaré «illégale» la grève annoncée en vertu du préavis de grève en date du 18 février 2019 sous les n° 01 et 02/2019, portant appel à une grève nationale les 26 et 27 février». «Quand est-ce qu'en Algérie, on a déclaré une grève légale '», s'est interrogé M. Boualem Amoura. Interrogé par le Quotidien d'Oran sur la décision du tribunal de Bir Mourad Rais, il a expliqué qu'«on s'attendait à cela. Le contraire nous aurait étonné.» Mais, «cela fait partie des entraves aux libertés syndicales», ajoute-t-il. «Notre crédibilité, nous la tenons de la mobilisation de nos membres, et de ces rassemblements, de ces sit-in.» Il a révélé en outre qu' «avant même que nous déposions notre préavis de grève et nos revendications, le ministère nous a dit qu'elle est illégale.» Au premier jour de la grève, il a confié que «l'administration est en train de terroriser les enseignants et les travailleurs grévistes». Selon M. Amoura, «il y a de terribles pressions sur les travailleurs.» «A Tizi Ouzou, ils ont demandé aux enseignants leur CCP, comme s'ils ne le connaissaient pas, pour éventuellement faire des ponctions sur salaires.» «Ils veulent casser la grève par tous les moyens.» La ministre de l'Education nationale, Nouria Benghabrit, avait affirmé la semaine dernière que certaines revendications des syndicats ne relèvent pas de ses prérogatives. Concernant la revendication relative aux salaires entre 2011 et 2012, la ministre a déclaré que cette question avait été satisfaite. Globalement, les revendications de l'intersyndicale portent notamment sur «le maintien du travail à travers la commission mixte», «le maintien de la retraite proportionnelle et de la retraite sans condition d'âge», «l'abrogation définitive de l'article 87 bis (de la loi de finances de 2015) et la création d'une prime spécifique aux corps communs et ouvriers qualifiés». Il y a également des revendications salariales, dont l'application «immédiate du décret présidentiel 266/14».
Ce décret devait permettre le classement des enseignants détenteurs de licence ou de DEUA dans la catégorie 12 de la grille indiciaire des salaires, mais il n'a pas été appliqué alors qu'il date de septembre 2014. Il y a également «l'amélioration de la prime de zone sur la base du nouveau salaire de base et non celui de 1989», ou la mise en place de «mécanismes qui restaurent l'équilibre et le pouvoir d'achat».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yazid Alilat
Source : www.lequotidien-oran.com