Oran - Revue de Presse

La friperie comme bouée de sauvetage



Avec les conditions de vie difficile, où le pouvoir d'achat des ménages modestes n'arrête pas de piquer du nez, et en perspective d'une rentrée scolaire qui, pour cette année, coïncide avec la période du Ramadhan et de l'Aïd, la friperie est devenue le rempart désigné derrière lequel s'abrite cette catégorie de citoyens pour pourvoir à certains de leurs besoins dans la dignité.

Ainsi le vieux vêtement du Khroub, de Daksi et d'autres magasins intra muros à la ville des ponts, s'est transformé en sérieux concurrent pour le commerce du neuf. Les endroits de «fripe» proposent, en effet, une variété de marchandises à des prix modérés, souvent imbattables et à la portée des franges moyennes de la population. Les Constantinois, pour ce qui les concerne, n'hésitent pas à faire une virée au marché du Khroub, très prisé, surtout les week-ends.

Selon l'un deux, qui déclare avoir un garçon au primaire et trois filles au lycée, «heureusement que pour nous, chefs de famille aux bourses modestes, ce genre de commerce existe où il est toujours possible de trouver chaussure à son pied, comme on dit». Un autre avoue qu'il s'y rend, mais qu'il ne sait pas s'il va se sortir de ce genre de «guêpier» que constituent les trois en un que sont la reprise du chemin de l'école, le Ramadhan et l'Aïd. Comment, se lamentera-t-il, faire face à toutes les dépenses incompressibles avec des prix de produits de base, qui ont plutôt tendance à «prendre l'ascenseur» à l'instar du sucre qui s'est envolé tout récemment à 60 dinars le kilo. «Pour habiller toute la ?'marmaille' de gosses que j'ai, il me faut au moins le triple de ce que je gagne. Je vais au marché, mais c'est la mort dans l'âme, mon équation est réellement difficile à résoudre». Un troisième essaie de le réconforter et détendre l'atmosphère, «il m'est arrivé d'être à peu près dans les mêmes dispositions, cependant les étals de la friperie du Khroub ne m'ont jamais déçu».

Du côté des marchands de ces vêtements ayant déjà servi, il n'est pas rare que l'article tant recherché, autant sur le plan du prix que celui de la qualité, soit déniché chez eux. Ainsi, selon ces fripiers, chose confirmée par des clients, des articles «griffés» de plusieurs milliers de dinars peuvent être cédés à dix fois moins cher que ceux exposés dans les magasins de la ville. Certains des visiteurs coutumiers de ces lieux leur donnent raison en indiquant qu'ils ne s'empêchent pas de fréquenter ces endroits pour les prix imbattables, qui sont les leurs ainsi que pour la «qualité» de l'article proposé. Celui-ci est généralement venu d'Europe, et à ce titre dit-on unanimement, il réunit en même temps les avantages d'être peu cher et de se distinguer par une plus grande durée de vie. Double qualité qui serait absente dans les articles d'origine asiatique, qui ont envahi les marchés locaux, à l'exemple de ceux importés de Chine. Sur les étals, on trouve facilement des pantalons à 150 et 200 DA, des chemises à 50 et 100 DA, etc.

Il reste toutefois à faire observer que la direction de wilaya du Commerce a signalé que la vente de ces produits est soumise à une présentation de certificats sanitaires délivrés au niveau des ports du pays où s'effectue le contrôle indispensable en la matière.

Les mêmes responsables de wilaya soulignent que la vente de sous-vêtements et tout article en contact direct avec la peau est par contre strictement interdite. C'est dire que les citoyens dans l'ignorance complète de ces dispositions encourent de grands dangers de santé pour eux et pour les leurs, intéressés et obnubilés qu'ils sont par le prix peu cher du produit.


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