
En France, un tsunami politique ne serait pas possible. Pour le moment du moins. Mais il est tout autant présent dans les esprits, mathématiquement envisageable selon la loi des probabilités conditionnelles, et très visible sur les sondages après les attentats terroristes du vendredi 13 novembre qui avaient été surfés comme une grosse lame par tous les extrémistes et les xénophobes de France et d'ailleurs. Un événement -douloureux pour tous- qui intervenait juste avant les élections régionales et, occasion inespérée, a apporté de l'eau au moulin du Front national. Du pain bénit pour un parti qui n'est pas loin de revendiquer le pouvoir, si jamais il le prenait un jour.Nous ne sommes pas dans cette configuration, mais ce qui a failli se réaliser lors des régionales a fait trembler beaucoup. En France comme ailleurs. Au point que les deux partis majoritaires, idéologiquement inconciliables et se vouant une «haine viscérale», la droite et la gauche, c'est-à-dire Les Républicains et les Socialistes, ont oublié tout ce qui les oppose pour faire barrage au Dracula de l'extrême droite qui s'amuse à chaque scrutin à faire peur aux Français. Mais aussi aux Français de souche maghrébine, que Marine Le Pen et sa famille de sang et politique veulent faire chasser manu militari de France. Tout le monde a eu peur et toute la classe politique française, avec ses tares et ses travers, s'était mobilisée pour creuser une tombe pour la défaite politique de l'extrême droite. Pour autant, il ne faut pas se leurrer, le vote pour la droite et pour la gauche aura été fortement appuyé par une participation historique de l'émigration africaine dans son ensemble. Le vote des banlieues aura pesé, la voix des «sans-chapitre» a fait basculer l'issue d'élections régionales qui auront fait vaciller les Français. En fait, par rapport aux résultats du 1er tour, où le FN a fait une razzia, le second tour a montré une France plus solidaire face aux périls de la xénophobie, de la ségrégation raciale, des dangers contre la démocratie et l'émergence d'une société éclatée d'une France qui recule, qui a peur de ses identités.Au final de ces régionales qui ont montré que la France reste plus que jamais otage de ses contradictions sociales, culturelles et ethniques, voire sociologiques, la droite a remporté sept des treize régions métropolitaines et récolte 40,24% des voix au niveau national, la gauche cinq régions et 32,12% des voix et le FN 27,10%. En Corse, les nationalistes, évidemment, se sont imposés. Le sursaut des Français face aux résultats du 1er tour s'explique notamment par une plus grande participation des électeurs dans la seconde manche, comme s'ils voulaient sortir d'un affreux cauchemar et qu'il fallait donc aller se battre contre le FN. La participation a ainsi atteint 58,53%, contre 49% au premier tour. Ce taux est aussi supérieur de 10 points à la participation lors du deuxième tour des régionales de 2010 (43,47%), et de 6 points par rapport à la précédente consultation de 2004 (51,24%).Les Français, qui se sont fait peur, ont bien réagi et démentent pour le moment tout pronostic d'un tsunami ou d'un mascaret politique. Le Front national, lui, reste là, tapi dans l'ombre, comme une menace permanente.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mahdi Boukhalfa
Source : www.lequotidien-oran.com