
Abdelwahab Derbal, président de la HiiseEst-ce la fin de la suspicion au sujet des élections à chaque fois accompagnées de la rengaine du trucage et du bourrage des urnes' Allons-nous assister à un scrutin sans fraude' L'époque des quotas est-elle définitivement bannie'Dans un environnent régional très instable et une situation financière interne précaire, l'Algérie entame sa douce mutation politique. Hier, la Haute Instance indépendante de surveillance des élections Hiise a tenu sa première réunion en prévision des prochaines législatives. L'échéance s'annonce sous les auspices d'une étape majeure, voire même une marque de la vie démocratique en Algérie. Le défi est immense et se décline sous un chapelet d'interrogations: est-ce la fin de la suspicion au sujet des élections à chaque fois accompagnées de la rengaine du trucage et du bourrage des urnes' Allons-nous assister à un scrutin sans fraude' L'époque des quotas est-elle définitivement bannie' En somme, comment changer d'époque en douceur. C'est un test aussi bien pour le pouvoir que pour l'opposition dont on connaîtra enfin l'exact poids dans la société. Le challenge est particulièrement grand pour les pouvoirs publics qui se devaient de changer de ton et de tonalité envers l'opposition. Et c'est fait à travers les nouveaux articles contenus dans la Constitution révisée. A commencer par cette Haute Instance indépendante de surveillance des élections Hiise. Le chef de l'Etat vient par cette action, surprenante, accéder à l'une des principales revendications des partis d'opposition. C'est une contribution effective à «l'affirmation d'une démocratie plus apaisée dans tous les domaines. Fini le temps de la vindicte et de la diabolisation. En révélant son projet de constitutionnalisation d'un mécanisme indépendant de contrôle et surveillance des élections, le président Bouteflika a tendu la main à cette opposition. D'autres ingrédients constituent cette avancée sur les chemins escarpés de la démocratie. Ainsi, l'article 99 bis de la nouvelle Constitution stipule que «chaque chambre du Parlement consacre une séance mensuelle pour débattre d'un ordre du jour présenté par un des groupes parlementaires de l'opposition». Ces largesses constitutionnelles ne visent pas à dévitaliser l'opposition, mais à lui donner, l'opportunité de remettre sur la table des décisions prises par l'Exécutif ou même des lois votées en plénière. Un immense pouvoir législatif. Mieux encore, l'opposition est dotée d'un rôle actif dont la saisine du Conseil constitutionnel. Cette disposition place l'opposition au coeur du système de gouvernance. Ce qui est une réorganisation substantielle du pouvoir législatif. A doses homéopathiques en vue d'assouvir une aspiration démocratique de la société, les pouvoirs publics procèdent à une douce mutation. Une démarche pacifique qui peut se prévaloir d'un capital expérience entamé depuis le Printemps amazigh d'avril 1980, les manifestations populaires à Constantine et à Oran en 1986, les événements d'Octobre 1988 et la guerre contre l'extrémisme islamiste durant toute une décennie. Sortie indemne de ces turbulences, la démocratie algérienne se consolide de manière effective en janvier 2004 lors de la suppression des bureaux spéciaux, dans le cadre des propositions d'amendement de la loi électorale qui a été votée à l'APN. En 2006, est venue, après d'âpres débats entre l'opposition et les pouvoirs publics, l'adoption des urnes en verre. Un symbole physique que l'urne n'est pas bourrée et un effet psychologique sur les votants que l'élection est transparente. S'ensuit la batterie des mesures prises depuis avril 2011, à savoir la réforme de la loi électorale, la loi sur les partis, les Codes de wilaya et communal jusqu'aux changements profonds opérés dans le corps des services de renseignement, pour aboutir à l'annonce de la création de ce mécanisme indépendant de surveillance des élections. Ainsi les législatives de 2017 seront un tournant majeur dans la vie politique nationale. Pour la première fois, et l'opposition et le gouvernement, sont d'accord sur un smig: il faut donner au peuple algérien un Parlement qui le représente réellement par des élections crédibles et qui ne souffrent d'aucune suspicion.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Brahim TAKHEROUBT
Source : www.lexpressiondz.com