Plusieurs chemins mènent au roman, mais Genevieve Dietrich semble avoir emprunté la route des Indes pour s'y accomplir dans cet art, tellement ce continent univers a marqué sa vie. Elle a été invitée jeudi par le CCF d'Oran pour parler de son expérience d'écrivaine.
Une expérience forcément unique puisqu'elle fait remonter cette vocation, mais aussi le gros de son inspiration à une enfance pas toujours tendre marquée par des rapports difficiles avec une mère autoritaire. « Si ma mère lisait mes romans, elle ne se reconnaîtrait sûrement pas, car ce que j'ai repris dans mes livres ce sont les émotions, les sentiments nés de la complexité des rapports que nous avons eus et auxquels elle n'a certainement pas accès », confie-t-elle, pour expliquer la manière dont la part d'autobiographie s'immisce dans les 'uvres littéraires, les siennes en tout cas, comme dans les Noms de nos pères, 1er tome de la trilogie L'Interprète. Tout en lisant des passages, elle donnera des grilles de lecture concernant la construction de ses personnages au sujet desquels elle déclare qu'ils existent aussi en partie pour « supporter ses propres chagrins ». En 1972, diplôme de lettres modernes en poche, la jeune Geneviève avait demandé un poste à l'étranger et le hasard a voulu qu'elle soit nommée à Tunis, pour deux ans, dans un lycée de garçons situé en plein centre de la cité, mais dans un quartier populaire et pauvre. « Ayant au programme les 'uvres de Racine et Molière (répertoire classique), je me suis demandée ce que je faisais là avec mes élèves dont beaucoup sont plus âgés que moi aussi », dit-elle pour raconter son premier contact avec le Maghreb.Pourtant, se rendra-t-elle compte plus tard, cette découverte a bouleversé sa vie car, explique-t-elle, « à peine sortie de l'adolescence avec des convictions figées, je découvrais une civilisation et une façon de voir le monde totalement différente de ce que j'imaginais et beaucoup de mes anciens amis le sont toujours jusqu'à présent ». Cependant, ce sera l'Inde qui va, en partie, constituer l'espace de déroulement de certaines de ses intrigues comme dans la chambre des dieux. Elle y a effectué plusieurs séjours et adoptera une fille qui a aujourd'hui 30 ans et dont elle est particulièrement fière. Ce grand pays qui la fascine l'a accueillie après un passage au Sri Lanka dont elle livre également une description imagée et imaginaire d'anthologie dans son petit livre le Corps de la lettre. L'imaginaire enfantin (dont ses riches échanges avec sa s'ur pour affronter la tristesse des nuits avec les parents et les brèves escapades chez ses grands-parents qui représentent paradoxalement la moitié de ses souvenirs d'enfance), les grands voyages entrepris dans sa vie d'adulte constituent le matériau de son écriture mais elle innove également dans la forme en ayant osé, dans le 3e opus de son interprète Appogiature, construire une 'uvre sur la base d'une 'uvre musicale « images poétiques » méconnue du compositeur tchèque Antonin Dvorjak plus connu pour son 'uvre symphonie n°9 en mi mineur dite symphonie du nouveau monde. Geneviève Dietrich, dont le mari avec qui elle fonde sa propre maison d'édition, la fontaine secrète, est native de Sidi Bel Abbès ne découvre l'Algérie qu'en 2005, date à partir de laquelle elle effectuera plusieurs séjours.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Djamel Benachour
Source : www.elwatan.com