Oran - Revue de Presse

La Côte d'Ivoire avec panache



Ce choc a parfaitement tenu ses promesses, et au vu des potentialités des deux formations, il ne pouvait en être autrement. Cette fois, les Ivoiriens ont été au rendez-vous et ont justifié leur statut de favoris de cette édition. Il est vrai que leur médiocre prestation face aux Burkinabés a surpris tous les observateurs. Comment une équipe aussi complète dans toutes ses lignes comme la Côte d'Ivoire s'est-elle fait surprendre par un adversaire au niveau nettement inférieur? Chacun y est allé de sa propre analyse. Les uns ont évoqué le désormais fameux syndrome du Mondial, les joueurs se projetant plutôt en Afrique du Sud qu'en Angola. D'autres ont avancé que la tragédie dont a été victime l'équipe du Togo a marqué les esprits, empêchant de fait les joueurs Ivoiriens de se concentrer. D'ailleurs, le capitaine des «Eléphants», Didier Drogba, l'a avoué après le match nul concédé au Burkina Faso. «Nous étions prêts, mais les évènements de vendredi nous ont anéantis. On a essayé tout de même de jouer le jeu».

 Après la victoire obtenue avec la manière contre le Ghana, on peut être rassuré sur la forme et l'état d'esprit des Ivoiriens. Et pourtant, leurs adversaires se sont battus de toutes leurs forces, parfois avec un certain panache technique mais, hélas, sans continuité sur le plan collectif. De fait, la différence de style était frappante. Alors que les «Black stars» misaient sur leur vitesse d'exécution et, pour certains d'entre eux, sur leur habituelle gestuelle -et notamment dans les contrôles orientés du ballon- les Eléphants, plus athlétiques, ont fait preuve d'une bonne organisation, ce qui leur a permis d'exercer une légère domination dans la première demi-heure. Cet avantage dans le monopole de la balle était aussi bien la conséquence d'un meilleur quadrillage du terrain des Ivoiriens que des rapides replis des Ghanéens dans leur camp, ce qui confirme leurs craintes d'encaisser trop tôt un but. Et pourtant, et en dépit de cette précaution, le gardien, des «Black stars» s'est incliné à la suite d'une action collective dans laquelle l'excellent Gervinho, fut le «déclencheur» et le finisseur. Après avoir servi Touré, celui-ci décalant le jeu vers le flanc droit où se trouvait Tiene, il se retrouva à la réception du centre en retrait. Sur cette action et cette fois, il y avait quatre Ghanéens -le même nombre que leurs adversaires- alors qu'auparavant, ils étaient en surnombre. A égalité de joueurs, les automatismes ivoiriens se sont avérés prépondérants. D'ailleurs, cette homogénéité des hommes de Vahid Halilhodzic a été, on ne peut mieux mise en évidence. La preuve, c'est que, réduite à dix après l'expulsion de Eboué à la 55e minute, l'équipe ivoirienne a conservé la maîtrise du match et finit par faire plier des Ghanéens dont on attendait mieux certainement. Il est vrai que le rusé coach des Eléphants a procédé aux remplacements nécessaires en lançant un défenseur (Demel) à la place de l'attaquant Gervinho, puis Touré, par son partenaire Fae, plus défensif afin de faire front au pressing des Ghanéens, emmenés par Essien. Leurs tentatives s'avérèrent vaines, l'efficacité se trouvant plutôt dans le camp adverse. Ce fut d'abord un superbe coup direct de Tiene avant que Drogba ne donne le coup de grâce dans son style si particulier. La réduction du score sur penalty est une bien mince consolation pour des Ghanéens qui, finalement, sont appelés à se qualifier au second tour pour peu qu'ils battent leurs rivaux du Burkina Faso mardi prochain. Le forfait du Togo risque de s'avérer prépondérant dans le classement final de ce groupe.


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