Oran - A la une

«La contestation pacifique doit être portée par tous»



«Vous les silencieux, vous êtes tous concernés», c'est avec ces paroles scandées hier lors de la 11e marche du mouvement populaire pacifique, que les marcheurs ont voulu s'adresser à tous ceux et celles qui ne prennent pas part à ces manifestations et restent à l'écart à les observer chaque vendredi, estimant que la contestation pacifique devrait être soutenue par tous les Algériens.A présent, les marches du vendredi sont davantage concentrées sur des tentatives d'unité des slogans et des différentes mouvances politiques présentes dans les marches.
Vaine tentative de marcher tous ensemble par des appels «non à la division, l'Algérie est une et indivisible», ou encore «nous sommes tous pour une Algérie libre, soyons unis».
Sur le terrain, c'est chacun pour soi même si cela se passe en carrés où se regroupent des dizaines de manifestants. Il y a ceux qui refusent de s'identifier aux islamistes, et ces derniers ne semblent pas être contre un «mélange» à condition qu'il y ait le respect pour «une Algérie d'Ibn Badis et novembriste» sans pour autant rajouter «islamiste». D'autres s'estiment «intellectuels» et visent des revendications qui ne concernent pas le politique seulement mais toutes les libertés individuelles? et il y a aussi les étudiants et les syndicalistes. Autant d'idées toutes aussi légitimes les unes que les autres mais portées par différentes mouvances. Ce qui donne aux marches à Oran un caractère assez particulier donnant l'impression d'avoir plusieurs marches pour une seule.
Le regroupement habituel au niveau de la place d'Armes est toujours maintenu, d'où est donné à chaque fois le top départ des marches qui sillonnent le centre-ville, même si de plus en plus ils sont nombreux à préférer se regrouper ailleurs. Toutefois, hier, des individus portant des brassards rouges et qui justifient cela ainsi «nous portons ces brassards pour organiser les marches et par exemple bannir les tambours et autres instruments sonores qui gênent les marches». Parmi eux, certains incitaient les marcheurs à se rendre au niveau du pont Zabana «pour la symbolique du nom et pour changer du centre-ville», justifiaient-ils.
Les slogans d'hier étaient presque tous semblables à l'exception de ceux concernant Gaïd Salah où là les manifestants restaient divisés. Si certains ne l'évoquent tout simplement pas en appelant «à l'unité entre le peuple et son armée», d'autres plus tranchés sur la question diront «L'armée est celle du peuple et Gaïd est le vôtre (en référence au système)».
Hier, des débats ont eu lieu en marge de la marche, non seulement concernant l'évolution de la situation dans le pays avec notamment l'interrogation «pourquoi Ouyahia et Saïd Bouteflika ne sont pas inquiétés par la justice ' Que se passe-t-il réellement durant ces auditions '».
Des questionnements ont également été posés concernant le timing des prochaines marches de vendredi étant donné que la 12e marche aura lieu durant le mois de Ramadhan. «Doit-on marcher comme d'habitude après la prière du dohr ' Ou bien après le f'tor ' Ou alors faire les deux chacun selon ses moyens physiques et possibilités ' La question n'a pas encore été tranchée.
Amel Bentolba
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