
Le législateur algérien a été bien avisé-d'interdire de fumer dans les lieux publics. Face au ravage que fait le tabac au sein de la population, cette contrainte légale serait la bienvenue si une simple loi suffisait à mieux garantir la santé de tout le monde et si elle permettait d'amoindrir les effets que l'on connaît de ce fléau du siècle. Il faudrait cependant se mettre d'accord sur ce que l'on entend par espaces publics. S'il s'agit de cimetières et de mosquées, les Algériens n'ont cure d'une ordonnance pour ces lieux sacrés tant est que leur disponibilité à se plier à des règles particulières relève d'une tout autre nature d'obligeance. S'il s'agit par contre de lieux de vie ou toute pensée sur la postérité dans l'au-delà et sur l'enfer et le paradis, la contrainte relèverait d'une plaisanterie de mauvais goût sinon d'une chimère.Les temples pléthoriques que sont les cafés abritant le chômage et la mal-vie par leurs éclosions effarantes sont en passe d'être inscrits au patrimoine universel. Nos estaminets sont des asiles pour l'oisiveté et des antres pour l'oubli d'une jeunesse allergique et parfois rebelle aux sommations de civilité. Comme la rue ou le jardin, ils sont territoires d'une protesta sourde même si elle n'est lisible que par l'agression des regards. Il est donc aléatoire de croire qu'il est aisé de donner la force à la loi quand celle-ci est globalement perçue comme une arme qui ne réprime que les déshérités.Le statut de la place publique algérienne est devenu celui des désobligeants écarts civiques. La morale et le respect des autres désertent de plus en plus les espaces communs et il est ardu d'y installer un art de vivre. S'interdire de fumer pour préserver la santé des autres est un élément qualitatif de la vie en communauté.L'interdiction de fumer dans les espaces publics existait déjà et le scepticisme face cette contrainte renouvelée est imparable car la cigarette algérienne est l'armoirie des sceptiques. Comme le sont le fait de cracher par terre et de jeter les ordures par le balcon.Sans doute qu'il y a un début à tout, mais est-ce que les lois ont le mérite d'installer les premiers fondements d'un vivre ensemble harmonieux quand une société a perdu ses repères et la norme des valeurs humaines '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M Abdou BENABBOU
Source : www.lequotidien-oran.com