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La cheminée d'antan pour se chauffer, cuisiner



La cheminée d'antan pour se chauffer, cuisiner
Il n'y a pas de foyer sans cheminée, essentielle à la vie. C'est là que chacun vient chercher à manger, se chauffer, raconter des confidences. A l'origine, la maison était rudimentaire. En guise de cheminée, il y avait un trou au milieu de la chambre et dans lequel on allumait le feu pour divers usages.La fumée se répandait partout, personne ne s'en plaignait. On trouvait normal cette situation et on se résignait à la supporter. Et après des générations, la cheminée a enfin vu le jour. Le coin de la cheminée, une école, un foyer C'est un foyer autour duquel on se réunissait jadis pour palabrer, parler de bouche à oreille, s'asseoir pour manger et boire, écouter. Elle est d'une importance capitale pour une famille qui a grand besoin de s'unir pour mieux vivre. Des générations ont d'abord connu la cheminée avant de s'envoler pour vivre leur vie. On y apprenait à parler correctement et progressivement on devenait des sages sachant donner la réplique à quiconque l'attendait comme réaction et au moment opportun. C'est autour de la cheminée qu'on acquiert au contact à la communication, ainsi que les bonnes manières. Lorsque ces jeunes deviendront des vieux, c'est à leur tour de transmettre tout ce qu'ils ont acquis dans leur vie : expérience des phénomènes sociaux, expressions imagées, principes de moralité, valeurs. Les valeurs sans lesquelles, il n'y a pas de vie familiale, sociale, professionnelle. Le travail est une valeur qui nous apprend qu'il faut l'accomplir honnêtement pour mériter un salaire. La liberté est une valeur, quand elle consiste à ne pas porter atteinte à la liberté de l'autre. La liberté est une source d'épanouissement lorsqu'elle a permis à quelqu'un d'exercer un métier qui corresponde à sa vocation et qu'on l'accomplit bien au profit des autres. Et ce travail, on le fait d'autant mieux qu'il apporte du réconfort et qu'il rende service à d'autres qui ont besoin pour réussir leur vie ou pour leur recouvrer la santé. Tel est le cas du médecin qui prodigue de bons soins pour aider les malades à guérir ou l'enseignant qui assure un enseignement de qualité qui permettent à des enfants de réussir pour soulager leurs familles vivant dans la pauvreté. Ainsi, il en va de même pour les travaux pour ceux qui ont le sens du devoir. Retournons au coin de la cheminée pour dire que c'est la première école pour les enfants et une bonne. Ce qui faisait la vie autour de la cheminée C'était là qu'on se disait les secrets qu'on prenait soin de garder. On s'informe sur les voisins, les cousins, les proches parents. Et on ne cesse pas de parler de qui a gagné beaucoup d'argent et qui n'en donne à personne par esprit avare, un débat s'en suit. On rapporte que le fils de tel voisin a demandé la main de la fille de quelqu'un qui l'a refusé. Ce qu'on se raconte pendant les veillées des soirs d'hiver, c'est des gens qui ont émigré. On raconte qu'un certain Ramdane de telle famille est parti sans laisser d'adresse et sans donner signe de vie. ' il a pris la mer, il y a de cela une vingtaine d'années et il n'est pas revenu. Des cas comme celui-là, il y en a beaucoup et on peut animer toutes les soirées d'hiver avec leurs histoires fantastiques. La mère prend la parole dans un foyer pour les aventures d'un multirécidiviste des divorces. Dans l'ancien temps, on dénonçait aussi facilement qu'on se mariait. Il s'est marié la première avec une fille qui lui était apparentée. Mais, pour lui, le mariage était précaire. Il ne tarda pas à divorcer. Puis il est parti en France et à son retour, il s'est remarié avec une autre de son village. Et au bout de quatre mois, il est reparti en France pour ne revenir qu'un an après. Il est revenu les bras ballants, c'est à dire avec rien pour les siens, pour sa femme, pour sa vieille mère. Après quelques mois passés au bled, il divorça une seconde fois. Il prit une troisième épouse qu'il a gardée près d'un an, mais il l'a répudiée pour la première épouse. Cette dernière a accepté, après s'être mariée et divorcée avec un autre qui l'a délaissée pour se marier en France avec une Française. Le troisième mariage pour sa première épouse ne posa aucun problème, la vie a repris comme si de rien n'était. Rien d'anormal ne vint gâcher leur quotidien. Mais le mari n'a jamais été stable, il semble avoir préparé un coup dur à son épouse : partir en France avec elle en lui promettant monts et merveilles. La femme était ignorante et s'était laissée aller à l'aventure. Le jour du départ arriva et les deux s'envolèrent pour Paris. Et sitôt arrivés, ils prirent une direction, c'était celle de l'ex mari de sa femme. Cette dernière ne savait rien à qui elle allait être confrontée. C'était cet ex mari qui avait ouvert la porte sitôt qu'il avait entendu la sonnette, il s'est retrouvé nez à nez avec son ex épouse, je t'ai ramené ta femme lui a dit l'homme arrivé du bled et qui a aussitôt disparu. La Française était là et quand elle a vu une jeune femme chez elle, elle était ahurie. Qu'est-ce qu'elle est pour toi ' Lui a-t-elle dit ' Sur un ton de colère. C'est une tante que m'a ramenée cet homme reparti précipitamment en prétextant une urgence. Et imaginons la suite à cette histoire très longue dit la mère, au coin de la cheminée. A l'époque où n'existait pas la télévision, il fallait bien meubler les soirées en rivalisant d'ardeur par des récits, des anecdotes extravagantes, des histoires du vécu au quotidien. Comme de nos jours, beaucoup de familles avaient perpétré la tradition de se réunir autour de la cheminée pour manger et discuter. Il y a toujours une transmission de valeurs des jeunes aux vieux ou inversement. C'est dans cette première école que les jeunes apprennent les principes de conduite ainsi que le langage courtois. Les vieux n'avaient jamais admis que quelqu'un vienne se plaindre du manque d'un de leur jeune. Mais à côté, il y a de nombreuses familles dont les membres ne se parlent pas. On trouve ça et là un père qui n'a jamais parlé aux enfants et des enfants qui n'ont pas appris à échanger avec les parents. Du bois pour allumer le feu Le bois qui brûle au fond de la cheminée est une belle image perpétuée depuis la nuit des temps au point de devenir un symbole de l'autosuffisance, d'une certaine aisance, mais pas de la richesse. Il fut un temps où le bois était apporté par ceux qui le consommaient. Toutes variétés de bois d'arbres forestiers : chêne, orme, micocoulier, frêne, peuplier et la liste est longue. Et, contrairement à ce que l'on a toujours pensé, le bois est de meilleure qualité pour se chauffer, il est moins polluant. Dans l'ancien, les consommateurs étaient toujours dans la nature. Les champs qu'ils travaillent au quotidien, ont des réserves immenses de bois ramassé sous forme de bois mort ou extrait du sous sol en quantité incommensurable de souches dont la combustion assure un meilleur chauffage n'entrainant aucun frais, ni dommages pour la santé aucun problème de santé dû au chauffage au bois n'a été relevé dans les annales. Il faut ajouter que le bois ne s'achetait, et si on devait l'acquérir au quintal, il coûterait cher et le coin de la cheminée risquait de disparaître en tant qu'espace de convivialité, de rapprochement entre les générations, d'apprentissage de la vie. Quel opportunité !
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