Aux amendes ou aux cacahouètes, la chamia a, depuis la nuit des temps,
agrémenté la meïda du mois de Ramadhan. Préparée à base de semoule, d'huile et
de miel (pur sucre !), elle est dégustée rituellement avec du café ou du thé
après le ftour, chez pratiquement toutes les familles algériennes. Ce rituel a
été exporté vers les autres pays du monde où sont établies les communautés
musulmanes. Son nom invoque l'Orient, le «cham», la Syrie, ses origines
probablement. Durant le mois de carême, cette pâtisserie orientale détrône tous
les autres gâteaux traditionnels, en s'adjugeant la part du lion en matière de
dessert. «Même si je n'en raffole pas tellement, je ne peux concevoir une meïda
de Ramadhan sans chamia», a fait remarquer un vieux riverain du faubourg
d'El-Hamri. De coutume, c'est généralement le responsable de famille qui se
charge, un moment avant la rupture du jeûne, d'effectuer cet achat dicté par
les us. A Oran, à l'instar des autres villes, il existe un éventail varié de
points de vente, essaimés à travers les quartiers, spécialisés dans la
commercialisation de cette pâtisserie. Les prix proposés varient selon la
qualité et les ingrédients utilisés dans sa préparation pour relever le goût du
miel. Certaines pâtisseries, situées dans les endroits huppés de la ville, la
proposent jusqu'à 500 dinars le kilo.
«J'en achète depuis des années chez le même établissement de commerce de
mon lieu de résidence à 100 dinars les 500 grammes. Avant, c'était un peu moins
cher, évidement, mais c'est toujours de bonne qualité», a confié un résident du
quartier de Miramar. A tort ou à raison, les avis controversent sur tel ou tel
pâtissier, qui jouit d'une bonne réputation en matière de préparation. Chez
celui-ci, sa chamia serait truffée d'amendes avec un arrière-goût, chez l'autre
ce sont les cacahouètes qui sont de mauvaise qualité. La publicité joue un rôle
prépondérant en faveur ou en défaveur des gérants d'établissements versés dans
ce genre d'activité. « Certains commerçants n'hésitent pas à tricher. Ils ne font
que réchauffer le plateau préparé deux jours avant, qu'ils n'ont pas réussi à
écouler. On ne se rend compte de l'arnaque que quand cela se refroidit », a
expliqué un sexagénaire du faubourg de M'dina Jdida avant de renchérir : « ce
qu'ils semblent ignorer, est que leurs agissements frauduleux se répercutent de
manière néfaste sur leurs commerces, car généralement le client berné ne
reviendra non seulement plus, mais il en informera toutes ses accointances sur
la mauvaise qualité du produit proposé à la vente par cet établissement ».
Cette pratique existe malheureusement et a été à l'origine de nombreuses
intoxications alimentaires. Au niveau des services des urgences du CHU d'Oran,
on apprend qu'il est régulièrement enregistré, en cette période de l'année, des
cas relatifs à une consommation impropre de cette pâtisserie.
Cet état de fait est un secret de polichinelle chez un consommateur
demeurant à Medioni, qui argumente : « il m'a suffi un jour que j'aille acheter
ma chamia ailleurs que d'habitude pour subir, moi et ma famille, les effets
néfastes du périmé». Toujours est-il qu'en dépit de tout, la chamia continuera
toujours à trôner sur la meïda du Ramadhan et sera parmi l'une des principales
favorites des pâtisseries pour le jeûneur.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : RB
Source : www.lequotidien-oran.com