De notre correspondant à Oran
Samir Ould Ali
On aurait pu penser que les autorités publiques mettraient les vacances scolaires à profit pour organiser et animer des dizaines de manifestations culturelles festives à travers les 26 communes de la wilaya d'Oran, une grande kermesse pour tout à la fois commémorer le cinquantenaire de l'indépendance et susciter chez les plus jeunes une curiosité pour l'Histoire de l'Algérie que leurs aînés et l'école n'ont jamais réussi à provoquer. Le théâtre régional et la cinémathèque programmeraient des pièces et des projections dédiées à la guerre de Libération nationale, suivies de rencontres-débats avec les très rares acteurs de la révolution qui sont encore en vie, le musée Ahmed-Zabana ouvrirait ses portes pour des visites guidées pédagogiques au cours desquelles des enseignants tenteraient de «mettre des images» sur les mots qu'ils utilisent dans les cours et, dans toutes les communes de la wilaya, les autorités locales organiseraient toutes sortes de manifestations culturelles pour essayer de réconcilier les jeunes et moins jeunes avec un passé dont ils ignorent probablement tout. Tout cela et davantage encore aurait été possible, si le cinquantenaire avait une véritable signification aux yeux des autorités de la wilaya et si le Tout-Oran, exception faite de la population, ne se préparait pas pour les législatives.Heureusement pour ceux qui accordent un peu d'intérêt à l'Histoire et qui ont à c'ur de commémorer le cinquantième anniversaire de l'indépendance, la Direction de la jeunesse et des sports a organisé «Jeune découvre ton pays», une caravane composée de 25 jeunes dont il est attendu qu'elle parte à la découverte du pays profond ' histoire, coutumes et traditions ' à travers un périple d'une semaine. Parti dimanche dernier, le groupe devrait avoir achevé sa tournée le lundi 26 mars après avoir découvert les sept wilayas de Tipasa, Constantine, Sétif, Biskra, Ghardaïa, El Bayadh et Batna. Selon le programme tracé par la DJS d'Oran, les jeunes participants auront à découvrir, d'une part, des sites et des monuments historiques témoins des hauts faits de la révolution et des atrocités des forces coloniales françaises et, d'autre part, les musées, les oasis, les ksour et coutumes des différentes régions du pays. Les voyages formant la jeunesse, les jeunes caravaniers ont là une occasion rare, à la fois, de faire une incursion dans le passé en se rendant sur les lieux mêmes de la bataille et, d'autre part, de prendre connaissance des autres spécificités économiques, ethniques ou sociales qui caractérisent le présent des autres régions de leur vaste pays. Ce qui n'est pas rien en ces temps où les jeunes sont beaucoup plus attirés par les contrées étrangères que par les immensités du Sahara.Avec un peu de bonne volonté et un brin d'imagination, les autorités du pays ' avec le concours des très nombreuses associations et de la société civile ' auraient pu amener les jeunes à mieux connaître le passé de leur pays et à s'en enorgueillir autrement que par la levée du drapeau dans les établissements scolaires et les lourdes oraisons télévisuelles sur la glorieuse Révolution.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S O A
Source : www.latribune-online.com