
La majorité des administrations publiques continue à programmer les réunions les jours de réception.Alors que le nouveau ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales insiste sur le rapprochement de l'administration des administrés, la réalité dans certaines institutions semble privilégier des us et manières d'une autre époque. La majorité des administrations publiques continue à programmer les réunions les jours de réception. La réponse, des préposés à l'accueil est toute faite. «Ils sont en réunion.» Parce que le monde évolue, cette réponse qui de tout temps a été usitée a laissé place à une autre plus arrogante. Quand on demande un préposé à un service, le planton n'hésite pas à vous inviter à patienter parce que le concerné est sorti prendre un café. Quand il tarde à revenir, le chef du moment vous réinvite à revenir une autre fois en vous lançant à la figure que «l'absence est du ressort du Créateur (El ghaïb fi houkm Allah)». Comme si cela ne suffisait pas, notre administration use du mensonge et d'un clientélisme sans limite. Avant de se présenter dans une institution, le citoyen commence d'abord par une étape de repérage. Il tente de trouver des connaissances pour «régler» son problème plus facilement. Il n'est pas rare de voir une personne griller la chaîne (il en existe toujours), venir faire la bise à l'agent qui sans aucun regard pour les autres cesse de travailler et consacre le temps à son ami, le renseigne, lui promet au vu et au su des présents de prendre en charge son cas dans les minutes qui suivront. Un laps de temps après, ce même agent si poli et si souriant prend d'autres airs plus agressifs à la face de ce vieux qui reconnaît son ignorance et son égarement dans ces lourds fardeaux de papiers. Ce laxisme et ce clientélisme se retrouve dans des cercles censés être plus cultivés. Lors des sessions APW, les élus quittent la salle de délibération pour aller chasser les directeurs de l'exécutif, qui pour un recrutement, qui pour une autorisation...ces réunions sont une occasion pour tisser des liens. Là aussi des affirmations genres «demande-lui de passer au bureau» «pas de problème»... fusent à longueur de jour et de temps de ces sessions. L'administration qui trouve quelquefois son compte, recourre à l'intérim. Souvent et suite au départ d'un responsable, on tarde à le remplacer pour laisser à cet intérimaire la possibilité de fuir ses responsabilités au motif qu'il n'a pas le pouvoir pour décider, mais qu'il n'est là que pour les affaires courantes. Sur ce plan, l'Education nationale excelle quand des directeurs assurent la gestion de deux établissements en même temps. Cet état de fait dénote du sérieux qui règne dans nos institutions. Quand il y a un concours de recrutement, et c'est devenu une habitude, des responsables rôdent dans les environs. Dernièrement, un directeur de l'exécutif, instruit par un colonel serait intervenu pour faire passer une jeune fille au niveau d'un centre de formation alors que cette dernière était absente depuis plus de trois mois. La lutte contre la bureaucrate n'est nullement une affaire de papiers à fournir, mais une refonte des mentalités. L'administration est au service du contribuable, alors que sans ses cotisations, ces institutions n'ont aucune raison d'être. Comparativement à des pays où règnent des monarchies, la situation est de loin meilleure. L'administration algérienne est malade de ses cadres, de ses textes, de ses fonctionnaires, mais aussi de ces administrés qui usent de tous les moyens pour y accéder. Réserver des journées pour recevoir c'est bon. Donner des suites aux doléances et régler les problèmes, c'est encore meilleur.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdenour MERZOUK
Source : www.lexpressiondz.com