Depuis l'Indépendance pas un seul immeuble ou ville digne de ce nom n'a pu voir le jour. Les Algériens verront-ils s'élever, dans leur pays, des gratte-ciel, des tours d'immeubles des centres commerciaux qui témoigneront d'un développement social et économique abouti' A l'instar de ceux qui sont sortis des sables du Qatar ou de ceux d'Arabie Saoudite. Sommes-nous plus manchots que ces pays qui en l'espace de quelques années ont su se propulser sur le-devant de la scène internationale' Ils sont devenus des eldorados.
Ils offrent des commodités en matière d'habitat et d'urbanisme qui dépassent ceux que l'on trouve dans les pays de la planète les plus avancés économiquement. C'est là où se situe un des points faibles de l'Algérie. Un bilan doit être nécessairement établi après cinquante ans d'une gestion du secteur de l'habitat qui a conduit à une bidonvillisation outrancière qui a défiguré le tissu urbain. «La ville algérienne d'aujourd'hui, vit une crise multidimensionnelle. Elle est confrontée à de multiples problèmes, notamment, des revendications diverses en matière d'emploi, de logement, de qualité du cadre de vie, de mobilité et de transport, d'espace public, de santé, d'éducation...» peut-on lire sur le site de Calenda (le plus important calendrier scientifique francophone en sciences humaines et sociales). «A ces revendications devenues de plus en plus pressantes et quasi quotidiennes, s'ajoute une autre réalité qui réside dans l'avènement d'une mondialisation incontournable, des enjeux liés à l'environnement et au développement durable, et enfin, des innovations technologiques. Cet état de fait rend la gestion urbaine encore plus complexe pour tous les acteurs urbains», ajoutent les spécialistes qui se sont exprimés sur ce support médiatique.
Comment faire rayonner les villes algériennes pour leur ôter l'image hideuse hostile et repoussante qu'elles véhiculent et méritent à juste titre' Les élever au statut de villes modernes pour justifier le statut de puissance régionale et méditerranéenne auquel aspire l'Algérie, est devenu un véritable casse-tête pour les pouvoirs publics, pour ne pas dire un défi insurmontable. L'équation est simple. L'Algérien en général revendique un toit sans être trop regardant sur les conditions dans lesquels il est logé. Les secteurs concernés ont répondu à cette préoccupation toute légitime en procédant à des relogements massifs dans des cités que l'on dénomme de cités des 1600, 2000, 3000 logements. Presque avec fierté.
Des dénominations annonciatrices de tous les fléaux que couve ce type de concentration humaine. Violences, consommation de drogue, insécurité, débauche... Une réponse urgente à une demande urgente en quelque sorte. Tout le monde y trouve son compte. Les services concernés fournissent un bilan chiffré et rendent compte de la mission qui leur a été confiée avec l'assurance du travail accompli. Les citoyens en quête d'habitat pensent avoir réglé définitivement leurs problèmes. L'Etat qui s'est retrouvé face à ce double challenge s'est lancé dans des projets de construction de villes nouvelles qui n'ont pas encore vu le jour et de logements qui se sont transformés en cités-dortoirs. Ces chantiers risquent de s'avérer de véritables gouffres financiers, à l'instar de la ville d'Oran dont la modernisation doit coûter 14 milliards d'euros. Ce qui dépasse de loin l'excédent annuel des réserves en devises engrangées grâce aux exportations des hydrocarbures en général et du pétrole en particulier. La bonne santé financière de l'Algérie a profité, sans vision à court terme, à la politique du logement, et d'un urbanisme en trompe-l'oeil. Pas à l'esthétique qui doit l'accompagner. Un constat qui ne reflète en réalité qu'un certain mode de vie.
Des réflexes et des ingrédients d'un sous-développement rampant, semés par une gestion qui manque d'ambition... qui ne fera pas avancer l'Algérie.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed TOUATI
Source : www.lexpressiondz.com