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La 9e croisade ou toute la vérité sur la guerre en Syrie -(2e partie)-



La 9e croisade ou toute la vérité sur la guerre en Syrie -(2e partie)-
ancien ministre, ancien ambassadeur en Syrie. Vouée aux gémonies de l'enfer à cause de plans diaboliques, Nous avons expliqué pourquoi sommes-nous près de la Syrie, de son passé, de sa civilisation. Parce qu'il y a des liens qui nous retiennent depuis les temps anciens..., mais il y a aussi notre politique internationale, en ce qui concerne les conflits dans le monde, qui nous oblige à prendre de justes positions.Il est certain que celle que nous prenons à l'endroit du peuple frère de Syrie, même si d'aucuns nous accusent de faire dans la solidarité bienveillante, il n'en demeure pas moins – et il faut qu'ils le sachent – que nous nous exprimons dans les règles de la franchise et de l'honnêteté militante.Nous ne défendons pas la Syrie pour des raisons subjectives, et encore moins son régime politique – qui est ce que sont tous les régimes «républicains '» dans le monde arabe –, mais nous nous soulevons contre cette escalade de la terreur qui se développe dans le pays pour des intérêts occultes de forces et de puissances extérieures. Ainsi, tous les arguments présentés par ces mêmes forces ne sont que de purs alibis, pour justifier leurs expéditions belliqueuses, hégémoniques, qui répondent à des plans diaboliques, fomentés dans leurs officines fortement encadrées et... soutenues.Par conséquent, disons-nous, si hier, du temps des croisades, l'alibi pour investir le Bilâd ec-Shâm était l'Islam, à cause des obstacles que dressaient les musulmans aux chrétiens autour de Jérusalem, selon les assertions de la papauté de l'époque, aujourd'hui, les causes de l'agression contre ce pays se situent dans des intérêts hautement économiques, dont le pétrole et le gaz sont les principaux facteurs de troubles. On peut ajouter à ces causes, en ces moments douloureux que vit présentement la Syrie — et sans risque de nous tromper — la garantie de la paix et de la sécurité pour Israël, cet Etat imposé aux peuples du Moyen-Orient par la force en mai 1948.Voyons donc, à titre de rappel historique, la première expédition, dans cette stratégique région du Moyen-Orient, pour comprendre que les agressions et les velléités de partage et d'annexion ne sont pas des pratiques nouvelles. D'abord, les croisades — nous y revenons —, parce qu'elles se perpétuent jusqu'à présent. Eh bien, elles n'étaient qu'un prétexte, un solide prétexte, pour justifier ces conciliabules interlopes, et même directs, d'autorités religieuses qui ont eu à se prononcer sur l'attitude à adopter à l'endroit des musulmans. C'est alors que pour des raisons «occultes», le pape Urbain II, lors d'un concile tenu à Clermont-Ferrand, en novembre 1095, décide la «croisade» en terre sainte pour combattre les «infidèles». «Dieu le veut», lançait-il à ses auditeurs en guise de motivation. Mais il y avait, à l'origine, d'autres motivations, plus profondes encore et moins convaincantes pour l'Islam et les musulmans.L'Islam, la chrétienté occidentale et l'Empire byzantin, malgré son déclin, ne s'ignoraient pas, bien au contraire, ils se confrontaient en un enjeu majeur : comment maîtriser la mer au moment où des marchands italiens s'investissaient fortement en une hégémonie commerciale en Méditerranée. Alors, on assistait sur le plan politico-militaire, et surtout religieux, au déchaînement des croisades en Bilâd ec-Shâm et de la «Reconquista», une autre forme d'agressivité horrible et inquiétante contre l'Islam, en Andalousie. (14)Écoutons, pour nous convaincre, ce que dit un contemporain, journaliste de profession, en parlant des raisons de ces croisades. «Mesure-t-on la menace que font peser les Sarrasins sur cette Eglise médiévale religieusement exclusive ' Les armées du prophôte Mahomet ont pris Jérusalem dès 638, franchi le détroit de Gibraltar en 711, sont en Aquitaine en 720, arrêtées à Poitiers en 732 au prix d'une bataille plus symbolique que réelle. Mais elles occupent les rives occidentales de la Méditerranée, la Sicile, le sud de la France et de l'Italie et elles menacent Rome !... Autrement dit, au XIe siècle, les conditions sont réunies pour des scénarios de croisade et de Reconquista chrétienne : il faut reconquérir des terres dont Dieu est le détenteur légitime. Y participer est une action pieuse. Y mourir vaut la palme du martyre et la récompense de la vie éternelle.» (15) Cette déclaration, n'est-elle pas une autre forme d'intégrisme, dont très souvent les musulmans, et uniquement eux, sont soupçonnés ou, carrément, incriminés ' C'est un raccourci licencieux, qui corrompt, sinon qui s'installe, arbitrairement, comme un prisme déformant la vérité qui, n'en déplaise aux Occidentaux, se trouvait du côté de ceux à qui appartenait cette terre, depuis la nuit des temps, et qui ne tenaient pas à la voir entre d'autres mains.C'est en réalité la fable de Jean de La Fontaine, Le loup et l'agneau, qui est là et qui reste dans les faits et comportements de ces grands jusqu'à l'heure actuelle. Oui, car ceux venus d'Europe, impulsée par l'Eglise très chrétienne, on ne le dira jamais assez, qui ont excellé dans leur bestialité et leur inhumanité. Reprenons ce que disent leurs propres coreligionnaires. Voyons ce qu'écrit quelqu'un qu'on ne peut taxer de complaisant : «Dommage seulement pour ces massacres regrettables.Les croisés latins firent pire à Jérusalem, Maâra, Antioche... Saladin a fait preuve d'une grande (trop grande) magnanimité et indulgence au vu des crimes de croisés latins. Je pense à un Renaud de Châtillon entre autres qui viola des trêves, attaqua et massacra une caravane se dirigeant vers Damas en 1187. Ainsi que des attaques vers Médine et La Mecque. à un Guy de Lusignan qui le soutenait en sous-main...» (16) Aujourd'hui, il faut le répéter, ce sont les mêmes comportements, plutôt les mêmes actes de barbarie, auxquels nous assistons — impuissants, malheureusement pour nous — et qui sont accomplis par des «hommes de mains, des spécialistes de sales besognes», dûment mandatés pour leur exécution sur le terrain. Rien n'a changé depuis, dans la conception de ces programmes d'expéditions hégémoniques, sauf dans l'outil de destruction qui est plus sophistiqué, maintenant, et donc plus nocif et gravement dévastateur !La guerre en Syrie ' Une autre croisade sans papautéNous avons terminé avec les croisades et leurs effets sur cette région..., une ambiance qui se perpétue au regard des vicissitudes qu'elle vit au présent, sous les coups de boutoir d'un impérialisme incorrigible. Allons vers «cette autre croisade», celle du XXIÍ? siècle, plus cruelle et plus dramatique pour le peuple de Syrie. Et là , nous nous posons des questions très simples : comment une révolte populaire s'est-elle transformée en conflit mondial 'Quant au «Printemps arabe» qui a été programmé pour la Syrie, s'il n'y avait, comme ailleurs, que des réformes, mêmes profondes, sollicitées par les manifestants, devait-il déboucher sur une dangereuse récupération pour être utilisé à des fins nettement moins démocratiques ' Il est vrai que le régime de Bachar El Assad, que d'aucuns parmi les observateurs pensent que ces propos viennent pour le défendre — loin s'en faut —, un régime tellement décrié par les Syriens eux-mêmes et l'opposition en particulier, doit-il être notamment honni et maudit, plus que tous les autres régimes qui ne sont pas en odeur de sainteté auprès de leur peuple, parce qu'ils s'acharnent contre lui, en voulant rester coûte que coûte au pouvoir ' Ainsi, nous disons dans cet esprit, n'a-t-on pas vu ce qui se passe dans la quasi- totalité des pays arabes, ce que sont leurs régimes que les peuples contestent et abhorrent à cause de l'injustice, la corruption, l'arrogance, le népotisme et les compromissions de leurs dirigeants 'Admettons aussi que le régime syrien n'a pu, ou n'a pas voulu se prononcer sur des ouvertures démocratiques, dans le cadre de réformes fondamentales, pour dénouer la crise qui le secoue, fallait-il permettre à l'Otan, grisée par son «action libyenne», d'inciter les enfants du peuple, devenus «opposants», à adopter des positions jusqu'au-boutistes ' Fallait-il faire de la Syrie un champ de ruines pour l'épuiser dans des combats sanglants, pires que ceux des guerres civiles au Liban 'Ce en quoi Bachar El Assad répond dans ce contexte, par une interview, en s'interrogeant : «Il y a des fautes et il y a des échecs, mais ils n'expliquent pas tout. Sinon, pourquoi n'y a-t-il pas de révolutions dans les pays du Golfe, et surtout en Arabie Saoudite, qui n'a pas la moindre idée de ce que c'est la démocratie '» N'y a-t-il pas dans la tête de ces «grands», qui veulent régenter le monde, quelque chose d'essentiel”?, ce fameux projet de déstabilisation, voire de destruction de la Syrie, par un arbitraire partage, bénéficiant de facto à l'Etat d'Israël ' Cela est certain lorsqu'on se penche sur les analyses pertinentes de responsables sérieux.Ce conflit, affirment-ils, est le prolongement d'une guerre larvée qui dure depuis longtemps, entre la Syrie et l'Etat d'Israël qui a été imposé dans la région. C'est dire, comme l'expliquait en bon chrétien le prêtre Elias Zahlaoui, de l'Eglise de Notre-Dame de Damas, que «les leaders occidentaux, vils exécuteurs des projets sionistes, sont toujours empressés d'apporter à Israël tous les soutiens possibles, connus et secrets, à tous les niveaux, aussi bien politiques et diplomatiques, que militaires, financiers et médiatiques». Ainsi donc, on peut répéter notre question, en la posant plus clairement, sans avoir l'air d'être loquace. N'y a-t-il pas dans l'air ce plan diabolique d'il y a longtemps, bien avant 1948, quand la France mandataire, adepte de l'intangible principe du «diviser pour régner», et sous la houlette du haut-commissaire français, le général Gouraud, a entrepris en 1920 de découper le «Bilâd Shâm» en cinq petits Etats : l'Etat du Grand Liban, l'Etat de Damas, l'Etat d'Alep avec le Sandjak d'Alexandrette, le Djebel el-Druze, et le territoire des Alaouites ' De même qu'en 1939, ne s'est-elle pas permis d'offrir à la Turquie «le Sandjak» ou Province d'Alexandrette sur le territoire syrien ' Ah ! l'Histoire écrite par l'Occident, en l'absence de ses enfants, dans cette partie du Moyen-Orient, est d'autant plus amère que douloureuse.Continuons sur les élucubrations de la France en Syrie. Car la France étant tout près de chez nous, nous nous connaissons fort bien... Fabius, alors ministre des Affaires étrangères, n'a-t-il pas bien signifié en plusieurs reprises sa rancœur à l'égard du régime syrien, et plus particulièrement sa haine contre le président Bachar ' N'a-t-il pas affirmé, dans un langage dénué de toute réserve diplomatique, et plus encore provocateur : «Le front Al Nusra fait du bon boulot...» ' (17) N'est-ce pas encore grave quand, parlant d'un chef d'Etat, souverain, en l'occurrence Bachar, il dit impérativement, dans une déclaration officielle, devant les médias : «Qu'il dégage !» Quel outrage à un président de la République !Son président Hollande n'a pas également «démérité»... Il n'a pas eu cette délicatesse d'un chef éduqué, en tempérant son langage, à l'égard de Damas – comprendre son régime – le 27 août 2013, à la conférence des ambassadeurs à Paris. Il disait, en se basant sur les informations tronquées de ses «services» et de ses médias, ou tout simplement dans la logique des manœuvres occidentales : «La France est prête à punir ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents» et que «tout porte à croire que c'est le régime qui a commis cet acte abject qui le condamne définitivement aux yeux du monde».Avant de terminer sur cette idée effrayante de partage de la Syrie, évoquons également ce plan effectif, concret, qui existe bel et bien dans les états-majors d'Israël et de l'ensemble des pays de l'Occident —nous n'en doutons pas —, et qui parachève celui du sinistre général Gouraud, que nous avons déjà évoqué. Il s'agit de ce machiavélique «Plan Yinon» de février 1982, qui a pour objectif de créer de mini-Etats rivaux, voire ennemis dans le monde arabe.Son auteur, Oded Yinon, directeur au ministère israélien des Affaires étrangères, expliquait clairement qu'«aujourd'hui, s'ouvrent à nous d'immenses possibilités de renverser totalement la situation, et c'est ce que nous devons accomplir dans la prochaine décennie, sous peine de disparaître en tant qu'Etat». Ne faut-il pas comprendre par «Etat» qu'il s'agit là de l'entité sioniste d'Israël ' Ainsi, l'idée maîtresse de ce plan est de «balkaniser» la région du Proche-Orient en ayant partout des petits Etats dressés les uns contre les autres. Du reste, c'est ce qui est ouvertement admis par d'importants responsables au sein du gouvernement américain, et il existe plusieurs exemples de leurs déclarations.Des années après la parution de ce «Plan Yinon», on constate que les différentes recettes ont enfin connu leurs applications ; en tout cas, pour l'Irak, elles s'appliquent à la lettre, du fait que le pays a été démembré, après avoir été détruit.Sa division en provinces, hostiles les unes aux autres (chiite, sunnite et kurde), a été obtenue en grande partie par une guerre civile bien menée et qui lui a été imposée, sans contestation aucune de l'Occident et de plusieurs pays dits frères. Plus tard, c'est-à-dire quelques années après l'Irak, la Syrie est en train de subir à son tour ce démembrement ordonné au monde arabe et est en pleine déstabilisation de son territoire. Le plan de 1982 prescrivait : «La désintégration de la Syrie et de l'Irak en provinces ethniquement ou religieusement homogènes, comme au Liban, est l'objectif prioritaire d'Israël, à long terme, sur son front est ; à court terme, l'objectif est la dissolution militaire de ces Etats.»Et d'ajouter : «La Syrie va se diviser en plusieurs Etats, suivant les communautés ethniques, de telle sorte que la côte deviendra un Etat alaouite chiite ; la région d'Alep, un Etat sunnite ; à Damas, un autre Etat sunnite hostile à son voisin du nord ; les Druzes constitueront leur propre Etat, qui s'étendra sur notre Golan peut-être, et en tout cas dans le Hauran et en Jordanie du nord». Quelle éloquence ce plan ! N'est-ce pas qu'il s'inscrit en droite ligne de ce contrat manigancé par le général Henri Gouraud, haut commissaire en Syrie du temps du mandat français en 1920, bien avant Oded Yinon ' Revenons à ce Bachar El Assad, tant critiqué — en acceptant qu'il soit «dictateur-sanguinaire», comme harnaché par l'Occident — et posons-nous clairement la question : pouvait-il à lui seul produire tant de dégâts et mettre son pays dans le chaos le plus sombre de l'Histoire de notre époque, sans que personne de son entourage politique et de ses alliés traditionnels ait le courage de le mettre sur le droit chemin ou, mieux encore, de rabattre ses prétentions ' Est-ce une folie de sa part que de persister dans les agissements de son pouvoir impérieux et de s'entêter à n'accepter aucune concession, pour ramener la paix et le calme dans son pays, comme affirmé par ceux qui tirent les ficelles et fomentent les complots ' Est-ce un monstre, comme écrivait l'Américain Howard Phillips Lovecraft, dans sa Nouvelle fantastique, que «nul ne saurait décrire et aucun langage ne saurait peindre cette vision de folie, ce chaos de cris inarticulés, cette hideuse contradiction de toutes les lois de la nature...» ' (18)Ainsi, le président syrien, qui passe pour être la clé de voûte du conflit et le seul responsable de ce qui se passe en son pays, n'est-il pas sommé de partir, nécessairement, pour laisser sa place à ceux qui attendent au portillon, ceux qui sont déjà mobilisés, engagés et formés par ces forces occultes, pour occuper le terrain dans une nouvelle Syrie, morcelée, atomisée, réduite au stade de «petits Etats», dont les intérêts seraient diamétralement opposés, puisqu'ils vivraient constamment en conflit ' En effet, ceux-là , les fomentateurs de complots, font croire aux bonnes gens crédules que le départ de Bachar El Assad réglera, par voie de conséquence, tous les problèmes dans cette partie du Moyen-Orient. En somme, une sorte d'expédient radical pour la stabilité de la Syrie ! Oh ! que non. Parce que les causes trouvent leurs racines ailleurs...Il y a le partage de la Syrie, mais il y a aussi le gaz...Quoi répondre à toutes ces questions, à tous ces constats ' Avant cela, il faut d'abord se départir de la complaisance vis-à-vis de certaines pratiques dépassées par le temps et les événements – nous en parlerons en conclusion de cette étude –, et s'engager dans des positions autrement plus courageuses pour expliquer le marasme syrien, voire le chaos, directement, sincèrement et... franchement. Pour ce faire, il faut situer les causes de cette crise ailleurs qu'en Syrie..., plus loin que ce pays qui est en train de subir le pire des martyres. Il faut qu'on sache, une fois pour toutes, que ce qui est présenté au monde entier comme un régime totalitaire, aux effets pervers, agissant en sévère obstacle à la démocratie, et comme un conflit syro-syrien à 100% — ce qui est archi-faux — n'est qu'une vue de l'esprit, car c'est le résultat de manœuvres diaboliques de spécialistes en subversion. Le répéter est un bienfait pour la compréhension et un moyen d'accès à la vérité. Mais, nonobstant ces quelques inquiétudes que nous exprimons, le constat est là , effrayant, inconcevable ! De l'année 2011, début des manifestations populaires, à ce jour, la Syrie est en guerre. Nous écrivions, il y a quelque temps, en septembre 2013 et, depuis, rien n'a changé en effet : «Qui pouvait imaginer qu'elle allait basculer dans une situation dramatique, comme celle qu'elle vit en ces instants '» La Syrie se meurt de jour en jour, ce terreau de toutes les civilisations, cette «seconde patrie de tout homme civilisé», comme l'affirmait l'archéologue français André Parot, spécialisé dans le Proche-Orient ancien. Elle se meurt à cause de la bêtise humaine, de l'indifférence ou de la peur — c'est selon — d'un monde arabe fait de «suiveurs» inféodés qui se recroquevillent dans la honte. Elle se meurt à cause de ces «stratégies de guerre» qui se concoctent à l'extérieur et qui trouvent, à l'intérieur malheureusement, la «main-d'œuvre qualifiée» qui légitime ses interventions musclées, au moyen d'armes, de mercenaires et de diverses propagandes pour une bonne application. «Cinq ans plus tard donc, le pays est au cœur d'une guerre effroyable qui a déplacé la moitié de la population syrienne et coûté la vie à des centaines de milliers de personnes. Soixante pays sont aujourd'hui, de près ou de loin, impliqués dans le conflit, qui ravive les rivalités historiques entre sunnites et chiites et bouscule le jeu d'alliances au Proche-Orient.La guerre a des répercussions jusqu'en Europe, débordée par l'afflux de civils fuyant les violences.» (19) Et cette guerre de Syrie qui produit énormément de dégâts, se déroule en des moments bien choisis, quand on réfléchit à certains bouleversements dans le monde qui ne sont pas là pour servir les gens de l'hémisphère sud. Ce sont autant de facteurs qui donnent de l'appétit aux plus forts pour que se pratiquent «de tragiques politiques sans honte et sans vergogne, sous le couvert de tous les mensonges, de toutes les duplicités, de toutes les lâchetés, de toutes les contorsions aux lois et conventions internationales», selon la lettre ouverte envoyée au président Hollande par le prêtre Elias Zahlaoui, que nous avons cité, auparavant. C'est alors que les réponses que nous proposons nous mènent directement dans l'entrelacement des mystères créés par des facteurs de troubles, où incontestablement l'ingérence étrangère est présente et se manifeste, clairement, avec des relents d'intérêts hautement économiques, de même que par d'autres desseins dont d'aucuns parmi les politiques et les experts connaissent les tenants et les aboutissants.De ce fait, et après le sempiternel partage qui est toujours d'actualité — nous l'avons rappelé, succinctement dans de précédents paragraphes —, place aux autres ambitions, qui ont présidé à l'agression contre la Syrie. Celles-ci se situent, manifestement, dans des intérêts purement mercantiles, dont le pétrole et le gaz qui sont les premiers facteurs de troubles. Et là aussi, nous avons le sentiment que ces puissants intérêts prévalent sur l'intérêt des peuples de la région. En somme, c'est la machine infernale qui broie des «êtres», comme dans le Théâtre complet de Racine, en un drame de la condition humaine, placée sous le signe du mal et de la douleur.Ah ! ce gazoduc qui sème la mort et crée le chaos...En effet, lorsqu'on revient sur l'essence même du conflit, à savoir les causes, trop souvent omises délibérément — disent les rapports rédigés en Amérique, au cœur même des fossoyeurs des pays du Moyen-Orient —, nous nous heurtons à une somme de vérités, qui nous assurent, dès le départ, que les raisons du cauchemar syrien ne sont pas du tout du côté d'une insurrection populaire. C'est ce que nous savons depuis longtemps et que nous affirmons depuis les premières lignes de cette étude. Ainsi, nous nous retrouvons face à face avec les éléments d'un complot fomenté et financé par l'extérieur, pour occulter ce côté obscur et, on ne peut plus corrompu, du projet de gazoduc — du Qatar vers l'Europe — qui date de 2009 et dont le président syrien, Bachar El Assad, a manifesté son refus pour être en harmonie avec ses alliés russes, lesquels se révèlent être les plus importants fournisseurs de ce produit énergétique à l'Europe.Pourquoi ce refus ' En 2010, les pétromonarchies demandent à Bachar d'accepter le projet de gazoduc qui partirait des Emirats et de l'Arabie Saoudite et passerait par son territoire pour rejoindre la Turquie en vue de se déverser en Europe. Mais l'Iran qui cherche à sauvegarder ses intérêts dans la région, tout en ignorant l'Arabie Saoudite, se propose de construire son gazoduc jusqu'en Syrie, pour aller vers le marché européen, en contournant, bien entendu, la Turquie. Ainsi, Damas refuse la proposition des Qataris et accepte ce deuxième projet en 2011. Cependant, malgré son refus du projet qatari, et jusqu'à cette année-là , la politique américaine à l'égard de Bachar El Assad n'était pas aussi dure, mais elle n'était pas très claire, aussi, puisqu'elle restait quelque peu ambiguë. Mais que faire pour corriger l'enfant terrible ' Profiter du vent de contestation qui venait à peine de souffler dans certains pays, sous la forme de «Printemps arabe» et financer des groupes d'opposition à l'intérieur de la Syrie, pour aller vers un changement de régime ' Il fallait attendre un peu, selon Obama qui a choisi de le mettre sous la coupe de John Kerry, pour tempérer ses ardeurs.Le secrétaire d'Etat américain s'est mis à «courtiser Bachar, sans vergogne, dans l'espoir de le détacher de l'Iran, d'ouvrir l'économie syrienne aux investisseurs américains et d'aligner son régime avec les desseins régionaux américano-israéliens». (20) 2010. Poutine sonne le glas des tergiversations pour cette «histoire» de gaz avec l'Iran où Bachar a eu une grande part de responsabilité – et d'intérêts futurs, ne l'oublions pas – dans la reprise du projet du «gazoduc Iran-Irak-Syrie».Ce dernier transporterait le gaz iranien et transiterait par les ports de Syrie, essentiellement Lattakieh. 2011, lever de rideau de la «tragédie» syrienne ! Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et Israël s'investissent dans celle-ci (la tragédie) pour la mener jusqu'à son dénouement. Une aide concrète et secrète – bien évidemment –, dévoilée plus tard par des «services» opposés, est fournie aux factions rebelles en Syrie pour frapper sans rémission le président El Assad et provoquer la chute de son régime. Certaines informations diplomatiques ont découvert que les services syriens ont appréhendé en leur territoire des officiers et agents de sécurité de certains pays de la coalition, qui ont été «chargés d'actions spéciales» — que nous devinons en pareille situation —, et cela, dès le début des troubles. Nonobstant ces listes, et bien plus tard, Bachar Ja'fari, le représentant permanent de la Syrie auprès des Nations unies, informera le Conseil de sécurité, le 19 décembre 2016, après la libération d'Alep, que son pays détient une autre liste d'officiers étrangers des services de renseignements et de l'armée qui se trouvaient à Alep-Est, avec les groupes terroristes et qui essayaient de quitter leurs bastions. Et il donne les noms de ces étrangers, en direct, dans cet imposant building de Manhattan, devant les représentants des pays membres de l'ONU. Mais cela ne va pas faire trembler les gens de la coalition... Pas du tout?! Revenons à l'an 2011.Ainsi, les Etats-Unis, qui soutiennent le Qatar, dans son projet de gazoduc, frappent la Syrie tout en essayant de rendre l'Europe moins tributaire de la Russie en matière de gaz. Fin 2013. La Méditerranée est le théâtre de grandes convoitises, pour les trésors qu'elle renferme, notamment dans sa partie orientale. Et là , dans cette mer, jadis lac de paix et de légendaires civilisations, va se développer un commerce des plus rentables au monde, puisque la Russie avec la Syrie – suite à leur accord signé sur le gaz offshore – pourront bénéficier de ressources gazières estimées à environ 3,45 milliers de milliards de m3.C'est énorme et ça fait mal aux «autres» qui veulent régenter le monde et, par voie de conséquence, avoir l'œil sur le Moyen-Orient, là où Israël, leur enfant chéri, doit perpétuer son règne et vivre dans la quiétude et... l'insolence, en toute impunité, à l'endroit des enfants du pays, les Palestiniens. Bachar El Assad venait, avec cet important contrat et avec sa résolution – que les Occidentaux traduisent par de l'entêtement — à ne pas céder aux pressions perverses des pétrodollars dont bénéficient les monarques du Golfe, protégés par les Etats-Unis..., il venait donc d'ouvrir la voie à ces derniers, qui le guettaient dans toutes ses actions, pour décider sa descente aux enfers. Eh oui, messieurs les sceptiques, vous qui avez chargé ce Bachar — encore une fois que nous ne défendons pas — de mille et une avanies, n'est en réalité qu'une victime expiatoire d'un complot conçu plus loin, dans des officines hautement spécialisées ! Il faut que tout le monde sache que c'est ainsi que le drame, ou, en termes concrets, l'effroyable guerre civile, a pris naissance pour faire tomber un chef et un Etat souverains, qui n'ont pas voulu se rendre à l'évidence... occidentale, bien évidemment !K. B.(A suivre)Notes14) Kamel Bouchama, dans Les Algériens de Bilâd ec-Shâm15) Croisade contre djihad : la prise de Jérusalem par Henri Tincq, journaliste français16)) Le front Al Nusra est une organisation armée terroriste islamiste d'idéologie salafiste djihadiste affiliée à Al-Qaïda de 2013 à 201618) L'Appel de Cthulhu est une nouvelle fantastique de l'écrivain américain Howard Phillips Lovecraft19) Journal Le Monde : Du soulèvement populaire au conflit international, cinq ans de guerre en Syrie20) http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/la-guerre-des-gazoducs-am-ricano-russe-en-syrie-pourrait-d-stabiliser-poutine-641207165
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