Oran - Revue de Presse

L'upm à l'épreuve de la question palestinienne



L'un des objectifs majeurs de l'Union pour la Méditerranée (UPM) est d'instaurer une zone de paix et de prospérité

euro-méditerranéenne.

Malheureusement, la Tchéquie, qui préside l'UE pour le premier semestre 2009, n'en fait pas une des priorités de l'UE. En outre, la Tchéquie soutient Israël dans sa politique répressive à Ghaza et a offert le terrain aux USA pour l'installation de leur bouclier antimissile. Alors, parler encore de l'UPM relève de la pure spéculation.

Qui du simple observateur de l'actualité internationale n'a relevé combien la paix en Méditerranée et la réalisation de la future zone de libre-échange dépendaient de la résolution du conflit israélo-palestinien, et dans une plus large mesure de la normalisation des relations israélo-arabes ? Peut-on, au regard de la guerre disproportionnée que livre aujourd'hui Israël aux populations civiles palestiniennes sous prétexte de les débarrasser du Hamas, envisager un avenir commun euro-méditerranéen ? L'attitude de l'Union européenne (UE) face au drame palestinien ne plaide pas pour le chemin de la paix. « Il s'agit du franchissement de la frontière de Ghaza, il n'y a pas de violence, il n'y a pas de victimes civiles.. », a déclaré le porte-parole de la présidence tchèque de l'UE, Jiri POTUZNIK, le week-end dernier. Voilà, ce qu'en pense le pays qui va conduire les affaires de l'UE jusqu'au 30 juin prochain ! Le soutien de la Tchéquie à Israël pour sa politique d'occupation n'est pas à vrai dire un mystère. C'est l'indécence des propos de son porte-parole qui choque, qui provoque.

Déjà le 8 décembre 2008, le ministre des Affaires étrangères tchèque appelait, à l'issue du Sommet européen tenu à Bruxelles, « aux renforcement des liens de l'UE avec Israël ». Il a réaffirmé cette position, au non de l'UE, hier au Caire où il a conduit la délégation européenne. C'est le Hamas l'agresseur et Israël ne fait que se défendre, a-t-il expliqué en substance. L'ambassadrice de la Tchéquie à Bruxelles a donné le 15 décembre une conférence de presse sur les priorités de son pays à la tête de l'Union, au cours de laquelle elle a déclaré que « la Tchéquie donnera la priorité aux pays de l'Est européen que ceux du Sud ». De son côté, Nicolas Sarkozy, qui accoure dans la région pour relancer la diplomatie (française ou européenne ?) et obtenir un arrêt des combats, a toutes les raisons de le faire. C'est sous sa présidence de l'UE qu'Israël a obtenu la revalorisation de son partenariat avec l'UE, faisant de lui pratiquement un 28ème Etat de l'Union et ce, malgré l'opposition du Parlement européen. C'est Nicolas Sarkozy qui a convaincu les pays arabes de la Méditerranée de « l'avantage » d'accueillir Israël au sein de l'Union pour la Méditerranée (UPM). Les réserves de certains pays arabes qui ont vu dans le procédé un moyen de briser l'isolement de l'Etat hébreu par rapport aux pays arabes ont été vite balayées. C'est que les pays du Sud méditerranée se sont « crêpés le chignon » pour l'attribution de postes de responsabilités. Aussi, la Ligue arabe a décroché le droit de participer à toutes les réunions de la future UPM, contre un poste permanent au SG de l'UPM à... Israël. Aujourd'hui, l'avenir de l'UPM est plus qu'hypothéqué. Car malgré ses divisions apparentes sur la situation à Ghaza, l'UE cautionne, par sa proximité avec l'Etat hébreu, l'occupation de la Palestine. Jusqu'à maintenant, les pays arabes dans leur majorité n'ont pas de relations avec le Hamas palestinien. Le Hamas ne dispose d'aucune représentation diplomatique dans aucun pays arabe excepté la Syrie où sont exilés une partie de ses dirigeants. C'est une façon pour eux de ne pas soutenir la politique extrémiste du Hamas. Et c'est déjà beaucoup. Mais, aujourd'hui, après deux années d'embargo autour de Ghaza, il s'agit de populations civiles qui sont massacrées par les obus israéliens. Ce sont des crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Il est à craindre que la puissance de feu d'Israël sur Ghaza ne pousse davantage les Palestiniens, y compris ceux de Cisjordanie dans les bras du parti islamique.

Par ailleurs, la relative «confiance» des pays arabes dans le projet de l'UPM vient de prendre un sérieux coup. Les ambitions et les « priorités » que s'est fixées la Tchéquie durant sa présidence de l'UE, comme celle d'intensifier son partenariat à l'Est avec l'Ukraine, la Moldavie, la Géorgie, les Balkans occidentaux... ainsi que ses relations avec l'Etat hébreu sont certainement légitimes. Elles obéissent à une logique d'équilibre stratégique au sein de l'UE. Seulement, dire que l'UPM n'est pas une priorité dans son agenda relève d'une « stupidité » diplomatique qui ne sera pas sans conséquence sur le rôle de l'UE dans le monde. Enfin, que peuvent attendre les pays arabes et la Palestine en premier, de la Tchéquie durant sa présidence de l'Union, lorsqu'on sait avec quel zèle et quelle soumission la Tchéquie a accueilli le projet de bouclier antimissile américain sur son territoire. Devenant vassal des USA, la Tchéquie ne peut leur déplaire sur la question palestinienne.


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