Oran - Revue de Presse

L'Italie corrigée, la France décevante



Dans cet Euro qui a démarré de façon parcimonieuse, et après les promesses affichées par le Portugal et l'Allemagne, on a eu, enfin, un grand match - peut-être la référence de cette édition - où le vrai football a repris ses droits grâce à cette très belle mécanique «Oranje» qui a explosé l'Italie, qui n'est autre que le champion du monde et l'un des principaux favoris. Tout le monde attendait ce choc qui a remis certaines choses à leurs places. On disait que les Italiens, éternels compétiteurs, allaient imposer leur expérience et que les Hollandais, brillants au milieu et en attaque, allaient souffrir de leur talon d'Achille, c'est-à-dire la défense où seul le capitaine et gardien Van Der Sar était un titulaire indiscutable. Van Basten a dû même rappeler et titulariser Boulahrouz, écarté de la liste dans un premier temps. Si on posait à des profanes la question suivante: quelle est la principale force des Italiens ? Ils vous répondront sans hésitation: la défense. Et pourtant, aussi paradoxal que cela puisse paraître, et en dépit de la présence du gardien de grande classe Buffon, c'est cette défense qui a fait eau de toutes parts face aux coups de boutoir des attaquants hollandais, rarement à pareille fête. Le secteur défensif des Pays-Bas, si décrié avant le coup d'envoi de l'Euro, a, en revanche, tenu bon. Nul n'ignore que le jeu collectif dans le pays de Johan Cruyf est une «philosophie» constante depuis quatre décennies et qui a donné naissance au fameux «football total». Seconde dans son groupe des éliminatoires derrière la Roumanie, la sélection batave a fait sa mue sur le plan tactique. Le 4-3-3 cher à Cruyf a été abandonné pour un 4-2-3-1 avec le seul Van Nistelroy en pointe. Si le milieu est très technique et créatif avec Van Der Waart et Sneijder, on doit reconnaître que la paire Engelaar - De Jong a surpris par sa complémentarité et son apport. C'est dans cette zone que les Italiens, qui possèdent pourtant en Pirlo, Gatuso, Ambrosini et Camoranesi un sacré quatuor, ont perdu la bataille. A la mi-temps déjà, la cause était entendue entre une équipe inquiète et vieillissante (la plus âgée de l'Euro 2008) et une formation hollandaise très séduisante. Après son sacre en 1988, Van Basten va-t-il connaître un triomphe, comme entraîneur cette fois ? Il faudra attendre la suite des événements pour savoir si ces «oranges mécaniques» sont capables d'aller au bout. Comparé au choc Italie-Pays Bas, le match France-Roumanie s'est avéré un plat sans saveur. Ce fut, en fait, un non-match entre deux équipes trop frileuses, même si les Français ont été tout de même plus entreprenants. Dans ce «groupe de la mort», les Roumains sont considérés comme le maillon faible, comparés aux Français, Italiens et Hollandais. Au jeu des pronostics d'avant le coup d'envoi, ces formations partageaient même le rôle de favoris. Eh bien, l'équipe de Domenech n'a pu venir à bout des camarades de Mutu et a dû se contenter d'une domination territoriale tout à fait platonique qui n'augure rien de bon. En boxe, le rôle d'attaquer revient au challenger pour tenter de ravir la ceinture. Ce n'est pas la même chose en football où le plus faible a le loisir de se contenter de défendre. Il existe malheureusement des formations qui ont les facultés nécessaires pour «faire déjouer» l'adversaire. Ce fut le cas des Roumains qui ont mis les Français au défit de les battre. Ceux qui nourrissaient des préjugés défavorables en direction des Roumains se sont rendu compte que ces derniers possèdent de la technique et du tempérament, à l'image de Mutu, considéré comme le digne successeur de Hagi, Nicolae Daniel, Chivu, Goian et Radi. Les Roumains ont visiblement spéculé, se contentant d'un nul «blanc» qui a déçu les amateurs de spectacle et d'émotions fortes. Il faut préciser que l'essentiel du jeu d'attaque français repose actuellement sur le duo Ribéry-Benzema. Cette dépendance a ses bons et ses mauvais aspects. Lundi, ça n'a pas marché, à tel point que les «meilleurs» français auront été finalement Makélélé et Toulalan, deux milieux récupérateurs. Ça signifie tout de même quelque chose ! Domenech a reproché à son équipe «d'avoir roulé avec le frein à la main», en oubliant de préciser qu'il a donné des consignes de marquage de zone à Ribéry sur Mutu ! Quelles directives donnera-t-il à ses protégés vendredi face aux Hollandais ? On en salive à l'avance...
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