
En 2015, plus de 3.950 femmes ont été victimes de violence dont les bourreaux ne sont pas forcément de la famille, a indiqué, hier, une source de la police judiciaire. Ces femmes se présentent souvent chez un médecin légiste surtout pour se protéger mais généralement ne déposent pas plainte par « peur de représailles ou du qu'en dira-t-on ». Elles sont ainsi doublement victimes, de l'agresseur et de la société. Celles qui se présentent aux centres d'accueil sont prises en charge sur les plans psychologique, médical et social. Les animateurs du centre leur conseillent de déposer plainte auprès du procureur de la République mais la plupart d'entre elles sont « réticentes et refusent sous prétexte qu'elles vont aggraver les choses ». Le centre joue surtout un rôle de « consultant et de médiateur en attendant leur réinsertion », selon une animatrice. Les femmes victimes sont également sensibilisées sur leurs droits pour pouvoir se défendre en cas de récidive en mettant à leur disposition des numéros verts, en l'occurrence ceux de la police et de la gendarmerie, selon la même source. Le Centre national d'accueil de femmes violentées de Mostaganem ouvert en 2011, après celui de Tipasa, reçoit 240 femmes victimes de violence. Selon la psychologue du centre, Fafa Benrabah, la femme qui subit une agression risque de « devenir agressive ». La violence est souvent responsable « d'une perte de la féminité », a-t-elle souligné.Pour cet imam d'une mosquée d'Alger, le « phénomène de la violence n'a aucune relation avec la religion, bien au contraire l'islam, dit-il, ne fait pas de différence entre l'homme et la femme. Celle-ci a tous ses droits dans notre religion. Mieux, le prophète Mohamed, paix et salut soient sur lui, a recommandé de traiter avec respect la femme ». Selon lui, la violence dans la société arabe est une tradition qu'on ne peut pas imputer à l'islam. D'ailleurs, une sourate entière dans le Coran est dédiée à la femme, ceci pour dire toute la valeur qu'il lui voue.Le Pr Brahim Boulassel, chef du service de médecine légale du CHU de Tizi Ouzou, affirme qu'il reçoit des dizaines de femmes victimes de violence, dont trois à quatre par jour ayant subi des sévices corporels de la part du conjoint. Selon lui, la violence la plus dangereuse est celle subie au sein de la famille. Cette dernière est censée offrir toutes les conditions humaines et matérielles pour une vie paisible. Les victimes, affirme-t-il, sont issues de toutes les catégories de la société.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamila C
Source : www.horizons-dz.com