Oran - Revue de Presse

L'irrésistible hausse des cours du pétrole



Sur le marché de New York, le baril d'or noir a dépassé, hiermatin, le seuil des 130 dollars. De barrières psychologiques en seuilssymboliques, ce prix n'arrête pas de franchir des caps considérés, il y a peu, commede pures hypothèses d'école. On a du mal à imaginer aujourd'hui que, dix ansplus tôt, ce même baril se situait péniblement aux alentours de 15 dollars.Chaque évolution des prix pétroliers donne lieu à desdiagnostics plus ou moins alarmistes et une «explication» est fournie au publicpar des experts médiatiques, avec à la clé un responsable-coupablevoué aux gémonies. L'OPEP a tenu pendant longtemps et haut la main ce rôle debouc émissaire. L'organisation représentait un épouvantail d'autant pluscommode que la majorité de ses membres étaient (et restent) des pays arabes... Aujourd'hui,la cible offerte à la vindicte est la Chine, dont la croissance économique serait à l'origine detous les maux de la planète, du renchérissement des matières premières àl'inexorable hausse du prix de l'essence à la pompe.Certes, la croissance soutenue des pays d'Asie, la Chine mais aussi l'Inde etd'autres nouveaux pays industrialisés, élargit la demande. Mais incriminer ledragon chinois en tant qu'acteur majeur de ce mouvement haussier est uneinterprétation plutôt exagérée. Comment ne pas lier, plus sérieusement, lesprix des hydrocarbures à la monnaie dans laquelle les transactions pétrolièressont libellées ? Il est clair que l'érosion spectaculaire du dollar face àl'euro et aux grandes devises internationales est directement corrélée aurenchérissement du baril. Tout comme il est clair qu'un grand nombre despéculateurs, échaudés par les aléas boursiers, ont « émigré » sur le marchépétrolier où ils effectuent une partie très importante de leurs arbitrages.L'extrême sensibilité du marché aux informations négatives,même les plus insignifiantes, est à comparer à son indifférence pour tout cequi pourrait améliorer la perception générale. La représentation dominante esten effet celle d'un tarissement à terme des ressources d'énergie fossile. Laplupart des experts tendent à démontrer que l'on se rapproche du fameux « picde production » qui induirait la baisse inexorable de l'offre de pétrole. Faceà cette situation annoncée, il est remarquable de constater la faiblesse de laréponse des dirigeants occidentaux dont les pays demeurent, et de très loin, lesprincipaux consommateurs d'hydrocarbures.Hormis quelques déclarations d'intentions sur la promotiondes énergies renouvelables, peu d'efforts sont fournis pour modifier un modèlede consommation particulièrement gaspilleur. On se contente de déplorer laconsommation chinoise et de mettre en demeure l'OPEP d'augmenter sa production.Même s'il est démontré que ces augmentations de production n'influent pas surles prix, les différentiels étant stockés par les opérateurs du marché. Dernièreinitiative du genre: le président Bush, qui claironne régulièrement sa volontéde tout faire pour réduire les prix sur le marché américain, n'a trouvé d'autreréponse que d'aller récemment quémander une hausse de sa production à l'ArabieSaoudite. Riyad lui a concédé une augmentation - insignifiante au regard de lataille du marché - de 300.000 barils/jour. Sans impact sur les cours du pétrole.
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