
Débat n La mise à nu du corps dans l'écriture romanesque?contemporaine?est depuis quelques années sujette à débat.?On a beaucoup écrit, on en parle toujours, en Orient comme en Occident. Dans ce contexte, Amin Zaoui et l'écrivain syrien Khalil Sweileh ont,?au cours des rendez-vous hebdomadaires«Rencontre avec un roman» au palais de la culture Moufdi Zakaria,?contribué à donner une place à l'intimité du corps dans la dimension littéraire du roman d'expression arabe.S'agissant de l'auteur algérien, Amin Zaoui, il n'a jamais caché?son rejet de l'autocensure ni celui d'habiller ses mots d'interdits pour ne pas?pouvoir?laisser libre cours à la pensée érotique?quand cela est nécessaire dans?ses récits.Cette prise de position, il?l'a?assumée à maintes reprises au cours de rencontres comme?celle qu'il vient?d'animer conjointement avec Khalil Sweileh.?Amin Zaoui?a insisté?de tout temps sur son refus?«des lignes?rouges» dans la création?romanesque et culturelle.?Elles sont le support?de l'ignorance, a-t-il?observé. Mettant en exergue un certain «désenclavement» de la pensée politique, il est revenu sur les contraintes socioculturelles desquelles ne peuvent?s'extraire «le sexe et la religion».?Amin Zaoui ira plus loin dans son discours, il considère que «la crise qui secoue le monde arabo-musulman» en rapport?aux interdits?religieux, est à l'origine?de «toutes les discordes qui nous déchirent émanant d'interprétations politiciennes de la religion».?Dissensions qui seraient?la source de l'émergence?du «terrorisme». Dans cette perspective des tabous enfouis dans la conscience de la nation arabe, Amin Zaoui fera référence à de grands? auteurs classiques et à leur pensée universelle «audacieuse» comme El Djahidh et autres penseurs?ayant marqué de leur empreinte la culture?arabe.? De grands esprits n'ayant aucun point commun avec «le prêcheur ignare, dont les prototypes écument aujourd'hui les chaînes satellitaires», a-t-il souligné. Revenant sur la dimension intime?du corps?en littérature,?au demeurant interdite pour beaucoup d'écrivains, les deux conférenciers?se rejoignent sur ce concept.?Toutefois, Khalil Sweileh, auteur de «Le scribe de l'amour», dont il a reçu le prix?Naguib Mahfoud en 2009, a fait part des choses entre?le roman pornographique, dont la proportion outrageante au corps?n'est plus à prouver,?et le roman érotique si cher?aux auteurs classiques arabes.?L'auteur syrien ayant fourbi sa plume d'abord dans l'écriture journalistique, n'a pas caché?sa sa-tisfaction sur la place que détiennent les réseaux sociaux ainsi que sur leur rôle?émancipateur de la pensée et de la parole.Faut-il rappeler que, tant dans la poésie populaire algérienne, dans les qacidate du genre chaâbi, héritage arabo-andalou, qu'au niveau de certains chants bédouins, les paroles des textes chantent le corps féminin dans son intimité pour qui sait prêter une oreille avertie.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Leila N
Source : www.infosoir.com