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L'inspiration puise dans le sociétal14 courts métrages en compétition



L'inspiration puise dans le sociétal14 courts métrages en compétition
« La cigale et la fourmi » de Ould Hadj Ouhadj, « Massinissa », « Revenge » et « Ouija » de Fodil Seif Eddine, « Suicide » de Redouane Beladjila, « Alarme » de Mohamed Allouane, « Square Port Saïd » de Fouzi Boudjemai, « Iminig » de Menad M'barek, « Le fou du schiste » de Sofiane Bellali, « El maraaoub » de Youcef Sougat, « J'mange pas de porc » d'Isker Akim et Mohamed Belhamer, « Brûleurs » de Farid Bentoumi, « L'enfant de la balle » de Halim Mekhancha, « Derniers recours » de Mahieddine Benabed, « Les jours d'avant » de Karim Moussaoui. « La cigale et la fourmi » de Ould Hadj Ouhadj Massinissa, un film d'animation en tamazight, est inspiré des fables de La Fontaine. Des textes libres, des mots forts, attachants, distrayants, traitant de la liberté, de la contrainte ou d'aspects divers de la vie. Pour sa part, Fodil Seif Eddine a présenté deux de ses 'uvres : « Revenge » et « Ouija ». Dans la première, il nous ébauche une histoire qui parle d'un fait réel, et c'est l'histoire d'un jeune homme qui s'est trouvé au mauvais lieu et au mauvais moment. Dans la seconde 'uvre, il s'agit d'un jeu qui peut connecter les gens avec un ou plusieurs esprits, mais comme tout jeu qui relève du monde des mystères a des conséquences fâcheuses. Sur un autre thème plus épineux, Redouane Beladjila évoque, dans son film « Suicide », la rencontre d'un homme, qui s'apprêtait à mettre fin à ses jours, avec un marginal qui s'approchait de lui et une conversation s'engage. Un lien est né. Puis, c'est au tour du réalisateur Mohamed Allouane de rebondir sur un autre fléau social. « Drogues, ne fermons pas les yeux », c'est le mot d'ordre du film « Alarme » du réalisateur Mohamed Allouane. La lutte contre la toxicomanie est l'affaire de tous. Chacun doit jouer le rôle qui est le sien pour prémunir la jeunesse, en particulier les éducateurs et les parents, contre ce fléau. « Réaliser ce projet est une sorte de dénonciation et de prévention contre la consommation de drogue, illustrée par une fin brutale et tragique. Nous visons à travers ce court métrage un maximum de personnes, dans l'espoir d'une prise de conscience », dira le réalisateur lors d'un débat organisé en fin de soirée. Cette production contribue aussi à relancer la réflexion autour de cette thématique que certains qualifient de « récurrente » ou encore « d'éculée ». Même si le film aborde une thématique déjà traitée auparavant, cette histoire nous transporte dans la chaleur d'une vie sociale parfois perturbée. L'enjeu est de parler à tous : jeunes, parents, professionnels de santé, acteurs de terrain en tenant un discours en phase avec la réalité et ce que vivent les gens. Le public semble accroché par les thèmes proposés par ces cinéastes. L'enchaînement des projections se fait par le film « Square Port Saïd » de Fouzi Boudjemai. Le décor est planté dans un bus où un jeune homme, une jeune femme et un enfant en bas âge entrent dans une communication muette. Il faut dire que ce réalisateur sait, par les techniques et les procédés que lui offre le 7e Art, captiver et retenir l'attention. Dans un autre court métrage, « Iminig » de Menad M'barek, les faits relatés gravitent autour du personnage Moussa, un jeune informaticien qui s'occupe d'un atelier de menuiserie. Il vit avec sa mère, une femme clouée dans un fauteuil roulant, après l'assassinat de son mari par la horde intégriste. Moussa enfouit ses rêves pour s 'acquitter de son devoir envers sa mère. Moussa s'acharne au travail et sur lui-même. Le réalisateur Menad M'barek écrit chaque jour son histoire, l'histoire des autres, réinvente le passé, fixe le présent, dans l'attente du rêve. Thème déjà traité, sons, bruitages, éclairage, scénario, l'assistance n'a eu aucun mal à suivre la projection. Surfant sur un autre thème, le réalisateur Sofiane Bellali ponctue son passage avec son 'uvre « Le fou du schiste ». Le personnage principal, Dido, est attiré par une statue. Seulement, Dido ne voit pas en elle une statue et ignore les gens qui le regardent s'adresser à elle. Mais un jour, il la trouve différente. Il faudrait saluer le professionnalisme de Sofiane Bellali qui a su brillamment cadrer les visages, mettant particulièrement en valeur l'expression émotionnelle et sentimentale.Originalité et pertinence des 'uvres
En fin de journée, le public est resté sur sa faim. Il a suivi les péripéties d'autres films comme « J'mange pas de porc » d'Isker Akim et Mohamed Belhamer. Le sujet gravite autour de Zino, un jeune supporter de l'équipe de foot de France. Jusque-là, tout est clean jusqu'au moment où Zino vole une pizza préparée avec du jambon. Quelque chose l'empêche de la déguster. Le cinéma chez ces deux cinéastes a une valeur particulière. Cette expérience, qu'ils qualifient d'exquise, est pourtant jonchée de difficultés qu'il ont dû traiter avec attention et justesse pour réfléchir à réaliser un film et non créer une polémique. Ensuite, ce fut la projection du film « Brûleurs » de Farid Bentoumi. Ce dernier a mis l'accent sur le parcours loufoque de cinq copains. Amine, un jeune Algérois, achète un camescope dans une boutique à Oran. Avec Malik, Lotfi, Mohammed et Khalil, ils embarquent sur un voilier de fortune pour traverser la Méditerranée. Caméra au poing, Amine filme leur voyage. Ce film est un message destiné à la jeunesse. Un message porteur d'espoir illustré par des séquences souvent puisées d'un quotidien réel. Un public moins nombreux mais de qualité a pu suivre la projection de l''uvre « L'enfant de la balle » de Halim Mekhancha. Dans cette coproduction algéro-française, il est question d'un film qui relate avec force une histoire aussi attachante qu'accablante. Au lendemain de la guerre, l'ensemble de la société française a été touchée par le deuil. Le pays compte près d'un million d'orphelins. Le film raconte l'histoire d'une famille dévastée par la guerre et les dissensions sociales à travers le regard d'une enfant de 12 ans, appelée Delia. Pour Halim Mekhancha, il était indispensable de revenir sur cette période de l'histoire en tentant de donner la parole à tous les témoins, et ce, à travers le vécu d'une famille. Pour les deux derniers films de cette 2e journée de la compétition, les professionnels du 7e Art se sont délectés des films « Derniers recours » de Mahieddine Benabed, « Les jours d'avant » de Karim Moussaoui. Le premier raconte les difficultés rencontrées par Slimane, étudiant, qui se voit refuser le renouvellement de son titre de séjour. Il doit faire un choix difficile, soit rentrer au bled, soit accepter la proposition d'aider son ami Mehdi dans son business illicite en échange d'une autre carte de séjour. Mahieddine Benabed estime, en outre, « qu'un cinéaste, comme tout artiste, est un explorateur ; c'est quelqu'un qui, armé ou désarmé, s'avance dans un tunnel très long, très profond, très étrange, très noir parfois, et qui, tel un mineur, ramène des cailloux : parmi ces cailloux, il va devoir trouver et tailler le diamant. C'est ce que moi j'appelle l'aventure. Descendre dans l'âme des êtres, d'une société, et en revenir, c'est la première partie de l'aventure ». Le dernier film met en scène Djaber et Yamina. Les événements se déroulent dans une cité au sud d'Alger, au milieu des années 1990. Les deux personnages ne se connaissent pas. Pour l'un comme pour l'autre, il est difficile de se rencontrer entre filles et garçons. Mais en quelques jours, ce qui n'était jusque-là qu'une violence sourde et lointaine éclate devant eux et les marque à jamais. Les conséquences de l'exercice et du respect des valeurs finissent toujours par avoir une fin heureuse bien que ces valeurs imposent au départ des renoncements et des efforts qui coûtent. C'est le message à retenir.
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