Oran - A la une

L'insondable histoire du verre à moitié vide, à moitié plein



L'insondable histoire du verre à moitié vide, à moitié plein
La seule lecture de quatre articles sur plus d'une cinquantaine de la Convention internationale des droits de l'enfant renseigne, on ne peut d'ailleurs l'être mieux, sur la réalité nationale et par voie de conséquence de la garantie des droits des petits Algériens. Il y a lieu de rappeler que cette convention a été ratifiée par l'Algérie, et à laquelle adhèrent presque 200 Etats, quatre années après sa promulgation en 1989. D'un point de vue théorique cela confirme quand même l'intérêt accordé par les dirigeants algériens à ne poser aucune condition qui mettrait en cause la protection de l'enfance comme en témoigne, par ailleurs, le souci de tous les jours des gouvernants à veiller sur le respect de principes fondamentaux déjà consignés dans le Coran. Mais cette officielle vigilance, bienveillance et disponibilité très théorique, parce qu'assurée par un arsenal juridique incontestable, est souvent, si ce n'est malheureusement toujours, battue en brèche à tous les niveaux de la société, qu'il s'agisse du milieu parental, scolaire et, hélas, professionnel même s'il semble inconcevable que des enfants en arrivent à travailler etsurtout à être exploités.C'est toutefois le cas et ne pas l'admettre, notamment pour les pouvoirs publics, et surtout ne pas mettre en place des mécanismes de répression en ce sens contre leurs employeurs serait, en plus de l'hypocrisie, de la non-assistance à personne en danger. Pourtant, derrière bien des comptoirs de cafés, fast-food, crèmerie, les bus et, plus grave encore, dans des chantiers, il y a de plus en plus d'enfants lesquels, paradoxalement, sont plus quevisibles et que seuls les contrôleurs des organismes concernés et assez souvent des services de police (receveur de bus) ne semblent pas remarquer. Pour ne pas dire feignent délibérément de ne pas remarquer toutes ces entorses non seulement aux règles établies par la République, mais surtout à la morale. Que dit l'article premier de la Convention internationale des droits del'enfant ' Quelque chose de tellement simple et surtout si évident, mais qui hélas ne crève pas les yeux ici et maintenant en Algérie : «Au sens de la présente Convention, un enfant s'entend de tout être humain âgé de moins de dix-huit ans, sauf si la majorité est atteinte plus tôt en vertu de la législation qui lui est applicable.» Il faut reconnaître honnêtement que si tel est le cas, une bonne partie de nos concitoyens enfants n'ont pas connu d'enfance et/ou ne sont pas près de la connaître d'autant plus que chaque jour qui vient est encore plus compliqué que le précédent. Dans le septième article il est stipulé : «L'enfant est enregistré aussitôt sa naissance et a, dès celle-ci, le droit à un nom, le droit d'acquérir une nationalité et, dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d'être élevé par eux.»Sur cet aspect précis de la question, nous avons eu l'opportunité d'être au fait d'un incroyable déni commis à l'endroit d'un paisible couple résidant à Constantine (dans la nouvelle ville Ali-Mendjeli avant que celle-ci ne connaisse une meilleure organisation administrative que celle qui prévaut aujourd'hui). L'épouse, enceinte, devait accoucher au milieu de la nuit. Le couple vit dans un groupe d'immeubles bien loin de toute activité, donc aucun moyen de transport malgré la débauche d'énergie d'un époux essayant de trouver dehors âme qui vive. Alertées, les voisines décident de prêter aide à la femme et parviennent à l'aider à accoucher au domicile même. Le lendemain, transportée vers l'hôpital pour les démarches d'usage, le couple essuiera un refus au motif que les services hospitaliers ne pouvaient pas confirmer une naissance dont ils n'avaient aucune information plausible. Il en sera de même forcément à hauteur des services de l'état civil, ces derniers exigeant, à juste raison sans doute, les documents idoines. Plus d'une année après la situation était toujours la même et depuis nous n'en savons plus grand-chose. Il n'en est pas moins certain que si la situation a persisté, le nouveau-né n'a toujours pas d'identité, n'ira pas à l'école et ne serait en définitif qu'un clandestin de la vie. Cela s'est passé dans une wilaya réputée pôle essentiel de...tout. Dans l'article 32 il est écrit que : «Les Etats parties reconnaissent le droit de l'enfant d'être protégé contre l'exploitation économique et de n'être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou à son développement physique, mental, spirituel, fixent un âge minimum ou des âges minimums d'admission à l'emploi; prévoient une réglementation appropriée des horaires de travail et des conditions d'emploi; prévoient des peines ou autres sanctions morales ou sociales appropriées pour assurer l'application effective du présent article.» la question de l'enfant exploité a été précédemment évoquée. Enfin les articles 42 et 44 font obligation aux Etats qui ont ratifié la convention ce qui suit « ...s'engagent à faire largement connaître les principes et les dispositions de la présente Convention, par des moyens actifs et appropriés, aux adultes comme aux enfants». Ou encore : «Le Comité soumet tous les deux ans à l'Assemblée générale, par l'entremise du Conseil économique et social, un rapport sur ses activités. Les Etats parties assurent à leurs rapports une large diffusion dans leur propre pays.» Il est de notoriété publique que jamais, si ce n'est grâce à la publication d'extraits d'organes d'information se comptant sur les doigts d'une main, ces rapports faisant état de progrès réalisés en la matière en Algérie, allant jusqu'à en faire l'éloge comparativement à d'autres pays, n'ont fait l'objet d'une publicité officielle. Ce dont profitent justement les organes qui publient les extraits évoqués que pour n'en retenir que ceux (extraits) négatifs, mais qui, légitimement, devraient être portés à la connaissance des Algériens. Respect des droits de l'enfant en Algérie ' C'est un peu l'histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein.A.L.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)