Résumé : Les bonnes nouvelles arrivent en même temps. Mahmoud avait une tumeur bénigne. Samira et son bébé vont bien. Khadija qui attendait dans le hall avec Radia lance des youyous, attirant les foudres de son fils qui lui rappelle qu'ils sont dans un hôpital et non dans une salle des fêtes. Khadija et Radia lui ont donné de beaux prénoms. Le courant passe bien entre elles. Khadija lui aurait certainement dit la vérité si elle ne craignait pas autant Houari...-Moi aussi, je t'adore ma belle, dit Samira... Tu fais partie de la famille, et on partira tous au village. C'est un endroit très calme, plein de verdure. Figure-toi qu'il y a quelques années, il n'y avait pas de réseau là-bas, il fallait faire des kilomètres pour passer un coup de fil ou recevoir un message.
-Je ne pourrais pas vivre sans connexion, dit Radia. Est-ce que je peux prendre Yanis '
-Bien sûr, mais fais attention à sa tête. Berce-le un peu pour l'endormir.
-Quand tu retourneras au boulot, je pourrais le garder, propose-t-elle. Mais tu me payeras en dollar.
-Tu ne risques pas de t'enrichir, ma fille. Au fait, Houari m'a dit qu'il a reçu ton dossier scolaire. Tu vas bientôt retourner sur les bancs de l'école.
-Oh non !
Radia berce Yanis. Une fois qu'il est endormi, elle va le déposer dans son berceau. Samira est émue de voir l'amour qu'elle porte à son petit frère. Sans le savoir.
-Il est à croquer, lui dit-elle, en la rejoignant pour passer un bras derrière ces épaules. Pourquoi tu es triste parfois '
-Tu te fais des idées. Tu as vu la "vieille chouette", elle t'adore maintenant.
-Comme elle a changé, murmure Radia. Avant, elle ne pouvait pas me voir en peinture. Tu sais qu'elle m'a donné ces boucles d'oreilles ' Je n'en voulais pas, mais elle insistait.
-Ton refus l'aurait offensée, remarque Samira. Tu as bien fait d'accepter.
-Mais le vieux est cool.
-Oui, il est plus sociable qu'elle, mais elle a appris à te connaître et à t'aimer. Il suffit juste d'être patient. Qui ne t'aimerait pas ', l'interroge Samira en lui pinçant doucement la joue. Retournons au salon.
Lorsqu'elles y entrent, Houari sourit en croisant le regard de Samira, tout brillant d'amour et de gratitude. Radia en était la raison. Depuis son retour, leur foyer respirait le bonheur et la sérénité. La jeune fille leur apportait tant. Il l'avait inscrite dans une école privée.
-Il te faudra du temps pour t'adapter, mais tu y arriveras. On va t'aider. Tu as une famille qui veille sur toi et sur qui tu pourras compter. Maintenant et pour toujours.
-Cool.
Samira est heureuse du lien qui s'est tissé entre Radia et sa famille. La vie lui offrait la chance d'être entourée de ceux qu'elle aime. Mais ce n'est pas toujours la joie en son c?ur. Si pour une raison quelconque elle doit être séparée d'elle, comme les fois où elle partait voir Nadia, elle devient triste et parfois même anxieuse. Samira ne supporte pas ces séparations, même s'il y a ce lien infrangible qui la rattache à elle. Quand elles ne se voient pas, elles cherchent un motif pour se parler au téléphone ou même s'échanger des messages. La mère ne s'en rend pas compte, mais à part la mort, rien ne pourra les séparer. Elle n'est pas seulement sa mère, mais son amie et sa confidente. Houari se plaît à le lui rappeler lorsque l'angoisse vient troubler son sommeil.
-Elle est ici parce qu'elle t'aime. Personne ne peut prédire l'avenir. Alors apprécie chaque moment en sa compagnie. Je te promets qu'on restera proche d'elle, qu'elle aille à la fac, qu'elle se marie... S'il faut déménager, on le fera. Je t'en fais la promesse.
Samira le croit sur parole. Depuis le début de leur mariage, il est un bon mari et un bon père pour ses trois enfants. Elle regrette seulement de ne pas pouvoir dire à Radia qu'elle est de sa chair et de son sang. Mais un jour, elle le saura. Samira garde les albums photos et le test ADN sous clef dans sa boîte à bijoux. Elle lui a donné la clef. S'il lui arrive malheur, elle sera la seule à pouvoir l'ouvrir. Elle connaîtra enfin la vérité. Samira qui ne fait que tenir sa promesse espère que Radia saura lui pardonner son silence. Une fois la surprise passée, les souvenirs heureux devraient chasser colère et doutes et lui rappeler tout l'amour qu'elle lui portait. La vie lui a donné la chance d'être près d'elle alors que d'autres mères célibataires ne l'ont pas eue, contraintes à abandonner leurs bébés. Elles vivent avec le regret, ignorant ce qu'il est advenu d'eux. Le drame des mères célibataires en Algérie sera un sujet dans un proche avenir inchallah.
T. M.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Taos M'HAND
Source : www.liberte-algerie.com