
Le poids du marché informel s'affirme de plus en plus menaçant pour le pays en prenant des dimensions incontrôlables, de l'avis même des hautes autorités de l'Etat. Les chiffres présentés, hier, par le directeur général de la réglementation des activités et de l'organisation, au ministère du Commerce, illustrent parfaitement que le secteur de l'informel en Algérie a de beaux jours devant lui. Avec 765 marchés (147 à Alger, 63 à Boumerdès, 52 à Oran et 31 à Constantine), l'informel en Algérie peut concurrencer les activités légales. Les menacer même. M. Aït Abderrahmane Abdelaziz, qui reconnaît que ces chiffres sont approximatifs, compte tenu de la difficulté d'avoir des statistiques définitives auprès de cette catégorie de vendeurs, admet que le nombre d'intervenants est de l'ordre de 65 127. Employant quelque 40 000 personnes, l'éradication de ce secteur est presque une utopie, surtout quand l'Etat se déclare impuissant. Et son impact sur l'économie nationale est très important. La même source soutient que l'informel déstabilise les mécanismes de régulation des marchés, contribue à la dégradation de l'environnement et du cadre de vie des citoyens. Le marché informel, né à l'issue de la décennie noire qu'a connue le pays, a certes permis à des jeunes dés'uvrés d'y gagner leur pain, mais cela a pris des dimensions incommensurables particulièrement à cause du taux de chômage élevé parmi la tranche juvénile. L'ancrage qu'a eu l'informel dans le milieu social rend toute intervention non seulement difficile mais menaçante. Et pour remédier à cette situation, les pouvoirs publics ont préféré des solutions «soft». Il s'agit de la réhabilitation des marchés. Dans ce sens, un programme de réhabilitation a été examiné par le comité interministériel. Ce programme est doté d'une enveloppe de 5,9 milliards de dinars. «Cette opération a pour objet la réhabilitation de 273 marchés (32 marchés de gros dont 11 ont été réceptionnés), 241 marchés de détail dont 131 ont été réceptionnés», a expliqué ce responsable. Celui-ci a ajouté qu'en sus du programme du ministère du Commerce, avec une enveloppe de 10 milliards de dinars, le département de l'Intérieur et des Collectivités locales a réservé 4 milliards de dinars pour la réhabilitation de tous les marchés.
S. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Salah Benreguia
Source : www.latribune-online.com